À 40 ans, les femmes sous-estiment encore trop souvent les risques cardiovasculaires, pourtant première cause de mortalité chez elles. Francesco Lo Monaco, cardiologue et auteur d’un article publié par Top Santé, alerte sur ce silence persistant et détaille les quatre examens clés à réaliser pour établir un bilan cardiovasculaire complet.

Ce qu'il faut retenir

  • Francesco Lo Monaco souligne que les femmes de 40 ans minimisent souvent leur risque cardiovasculaire, qui reste pourtant leur première menace silencieuse.
  • Quatre examens précis sont recommandés pour dresser un bilan cardiovasculaire complet à cet âge.
  • L’objectif est d’éviter une prise en charge tardive, alors que les risques augmentent avec l’âge.
  • Ces examens permettent de détecter précocement des signes d’alerte, même en l’absence de symptômes.

Un bilan cardiovasculaire trop souvent négligé

Selon le cardiologue Francesco Lo Monaco, les femmes de 40 ans ont tendance à ignorer leur santé cardiovasculaire, alors que les risques de maladies du cœur s’intensifient avec l’âge. Top Santé rapporte ses propos, insistant sur le fait que « les femmes considèrent encore le cancer comme leur principale menace, alors que les maladies cardiovasculaires tuent six fois plus qu’elles ». Autant dire que la prévention reste largement insuffisante, malgré les campagnes de sensibilisation. Pourtant, un simple bilan pourrait sauver des vies en détectant des signes avant-coureurs.

Ce retard s’explique en partie par une méconnaissance des symptômes et des facteurs de risque spécifiques aux femmes. « Beaucoup de femmes associent les douleurs thoraciques à des troubles digestifs ou au stress, alors qu’il s’agit parfois d’un signe d’alerte d’un problème cardiaque », a expliqué le cardiologue. Pour lui, il est crucial de briser ce tabou et d’encourager une approche proactive de la santé cardiovasculaire.

Quatre examens incontournables à 40 ans

Francesco Lo Monaco a identifié quatre examens essentiels pour évaluer l’état du cœur et des vaisseaux sanguins chez les femmes de 40 ans. Le premier est un bilan sanguin complet, incluant le dosage du cholestérol total, du LDL et du HDL, ainsi que la glycémie. Ces marqueurs permettent de détecter une éventuelle hypercholestérolémie ou un diabète, deux facteurs de risque majeurs. Le cardiologue précise que « ces analyses, combinées à une évaluation de la pression artérielle, donnent déjà une bonne indication de l’état cardiovasculaire ».

Le second examen recommandé est un électrocardiogramme (ECG), qui enregistre l’activité électrique du cœur. Cet outil simple permet de repérer des anomalies du rythme cardiaque ou des signes d’ischémie, même en l’absence de symptômes. « Un ECG de repos est souvent suffisant pour dépister des problèmes, mais dans certains cas, un ECG d’effort peut être proposé », a ajouté Lo Monaco. Le troisième pilier de ce bilan est une échographie cardiaque, qui visualise la structure et le fonctionnement des valves et des cavités du cœur. Cet examen non invasif révèle d’éventuelles malformations ou une insuffisance cardiaque débutante.

Enfin, le cardiologue insiste sur la nécessité d’une mesure de l’index de pression systolique (IPS), un examen simple et indolore qui compare la pression artérielle au niveau des bras et des chevilles. Un IPS anormal peut indiquer une artériopathie oblitérante des membres inférieurs, un marqueur précoce de risques cardiovasculaires accrus. « Ces quatre examens, combinés à une évaluation des antécédents familiaux, permettent d’établir un profil de risque personnalisé et d’adapter la prise en charge », a-t-il souligné.

Une prévention ciblée, mais encore trop rare

Malgré ces recommandations, peu de femmes de 40 ans suivent ce parcours de soins. Top Santé indique que seulement 30 % d’entre elles réalisent un bilan cardiovasculaire complet avant 50 ans, selon les dernières enquêtes épidémiologiques. Ce retard s’explique par plusieurs facteurs : un manque de sensibilisation, des idées reçues sur la jeunesse comme protection absolue, et parfois un accès limité aux examens dans certaines régions. « Pourtant, les bénéfices d’une détection précoce sont immenses, tant sur le plan médical que financier », rappelle Lo Monaco.

Le cardiologue appelle les médecins généralistes à systématiser ces examens lors des consultations de prévention, surtout pour les femmes présentant des facteurs de risque comme le tabagisme, l’hypertension ou une sédentarité marquée. « Il ne s’agit pas de médicaliser à outrance, mais de donner à chacune les moyens de connaître son corps et ses limites », a-t-il déclaré. Bref, la prévention cardiovasculaire à 40 ans pourrait éviter des milliers d’hospitalisations et de complications dans les années à venir.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pourraient inclure une généralisation de ces examens dans le cadre des bilans de prévention organisés par les caisses d’assurance maladie. Une circulaire ministérielle, attendue d’ici la fin de l’année 2026, devrait préciser les modalités de prise en charge de ces quatre examens pour les femmes de 40 ans à risque. En parallèle, des campagnes de sensibilisation ciblées pourraient être lancées dans les mois à venir, en collaboration avec les associations de patients et les professionnels de santé.

En attendant, Francesco Lo Monaco recommande à chaque femme de 40 ans de prendre rendez-vous avec son médecin traitant pour discuter de la pertinence de ces examens. « Le cœur ne prévient pas toujours avant de faiblir, alors autant agir maintenant pour éviter les regrets », a-t-il conclu.