Selon BFM Bourse, l’action Carrefour a suscité l’intérêt de plusieurs grandes banques d’investissement ces dernières semaines, chacune révisant à la hausse sa recommandation sur le titre. Royal Bank of Canada vient d’initier sa couverture avec un objectif de cours à 22 euros, soit un potentiel de progression de 37 % par rapport à la clôture de lundi (15,92 euros).

Ce qu'il faut retenir

  • La Royal Bank of Canada attribue à Carrefour un objectif de cours de 22 euros, impliquant un potentiel de hausse de 37 %.
  • L’établissement anticipe un taux de rendement du flux de trésorerie libre supérieur à 10 % dès 2026, puis plus de 14 % en 2027 et 2028.
  • Carrefour a regagné des parts de marché en France, atteignant 22 % en 2026 contre moins de 20 % en 2024.
  • Le groupe mise sur ses marques distributeurs et son programme de fidélité « Club Carrefour » pour renforcer sa rentabilité et sa fidélisation.
  • Au Brésil, deuxième marché du groupe, la banque estime que Carrefour est bien positionné pour profiter d’un rebond économique en 2026.

Ce regain d’intérêt s’inscrit dans la continuité de deux autres révisions de recommandations en juin. Morgan Stanley a basculé son conseil en « surpondération » le 22 juin, saluant la « vitesse d’exécution » de la direction et la « génération de cash robuste » du groupe. UBS a emboîté le pas la semaine suivante, jugeant la valorisation du titre « trop bon marché pour être ignorée ».

Un recentrage stratégique qui porte ses fruits

Royal Bank of Canada met en avant le recentrage de Carrefour sur ses marchés clés — France, Espagne et Brésil — comme levier de croissance et de rentabilité. L’établissement estime que cette stratégie permettra au groupe de dégager une trésorerie accrue, avec un taux de rendement du flux de trésorerie libre dépassant 10 % dès 2026. « Carrefour est de retour aux avant-postes en France », affirme la banque dans une note publiée lundi soir.

En France, où le groupe réalise 45 % de ses bénéfices, la direction a multiplié les initiatives pour séduire les consommateurs. Le programme de fidélité « Club Carrefour », offrant des remises de 10 % aux adhérents, a permis de renforcer la fidélité des clients et d’augmenter les parts de marché, passant de moins de 20 % en 2024 à environ 22 % en 2026. Un sondage mené auprès de 300 consommateurs place Carrefour en deuxième position derrière Leclerc en termes de rapport qualité-prix.

La banque souligne toutefois que la qualité des produits reste le critère déterminant pour les consommateurs. « Si le prix est important, le facteur le plus décisif reste la qualité », indique Royal Bank of Canada. Pour combler l’écart avec Leclerc, le groupe mise sur ses centrales d’achats, notamment Concordis — une alliance européenne regroupant Carrefour, Coopérative U et le groupe allemand RTG Group. Cette coopération a permis de doubler le pouvoir d’achat de Carrefour en Europe, avec l’ambition de devenir l’un des leaders des alliances d’achat sur le continent d’ici 2030.

Marques distributeurs et produits frais au cœur de la rentabilité

La banque canadienne anticipe que Carrefour tirera parti de ses alliances pour réinvestir dans des prix plus compétitifs, dans la droite ligne de son objectif d’atteindre 25 % de parts de marché en France d’ici 2030. Sur le segment des marques distributeurs, la banque note un avantage concurrentiel : ces produits affichent des prix inférieurs de 25 % à 30 % par rapport aux autres gammes, tout en générant un résultat opérationnel équivalent pour Carrefour. « Ces marques propres favorisent la fidélisation, car elles sont indissociables de l’image de l’enseigne », explique Royal Bank of Canada.

En parallèle, la direction mise sur les produits frais pour améliorer ses marges. Selon les projections de la banque, les marges opérationnelles en France devraient progresser de 0,5 point de pourcentage entre 2025 et 2028. Cette dynamique exclut les impacts des acquisitions des magasins Cora et Match, intégrées dans le périmètre du groupe depuis 2025.

Le Brésil, un marché à fort potentiel malgré un contexte difficile

Avec 30 % de ses bénéfices générés sur place, le Brésil représente le deuxième marché de Carrefour. Cependant, le pays a connu un ralentissement économique en 2025, marqué par une inflation galopante (entre 7 % et 8 %), entraînant une chute des volumes de vente. « Les cycles évoluent rapidement au Brésil, et l’année électorale de 2026 pourrait accélérer le rebond », estime Royal Bank of Canada.

La banque voit dans la marque locale Atacadao un levier de développement à long terme. Grâce à ses marques distributeurs, son programme de fidélité et l’ouverture de 70 nouveaux magasins d’ici 2030, le groupe pourrait tirer parti de la reprise économique attendue. L’ensemble de ces facteurs, couplé aux opérations immobilières, devrait contribuer à la génération de trésorerie, avec un rendement du flux de trésorerie libre estimé à plus de 14 % entre 2027 et 2028.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour Carrefour, notamment avec la publication de ses résultats semestriels attendus fin juillet. Les analystes surveilleront de près l’évolution des marges et la progression des parts de marché en France. À l’international, la reprise économique au Brésil et la capacité du groupe à concrétiser ses objectifs en Espagne (troisième marché clé) seront scrutées. Autant dire que la dynamique actuelle dépendra largement de l’exécution opérationnelle et de la conjoncture macroéconomique.

L’action Carrefour a réagi immédiatement à cette vague de recommandations positives. Ce mardi 7 juillet, le titre a progressé de 4 % à la Bourse de Paris, affichant l’une des plus fortes hausses de l’indice CAC 40. Cette performance intervient dans un contexte où le marché actions français peine à retrouver son dynamisme, le CAC 40 n’affichant qu’une progression de 0,66 % sur la même période.

Selon Royal Bank of Canada, les principaux leviers sont : le recentrage sur les marchés clés (France, Espagne, Brésil), la génération de trésorerie avec un taux de rendement supérieur à 10 % dès 2026, le renforcement des parts de marché en France (22 % en 2026 contre moins de 20 % en 2024), l’amélioration des marges via les marques distributeurs et les produits frais, ainsi que les opportunités de développement au Brésil grâce à la marque Atacadao.