Les pertes mondiales liées aux catastrophes naturelles ont déjà atteint 44 milliards de dollars au premier semestre 2026, selon le dernier rapport semestriel de Munich Re, l’un des principaux réassureurs mondiaux. Une situation qui devrait s’aggraver d’ici la fin de l’année en raison de l’arrivée annoncée d’un épisode El Niño d’une « intensité record », aggravé par les effets du changement climatique. BFM Business révèle que ce phénomène naturel, caractérisé par un réchauffement des eaux du Pacifique équatorial, amplifiera les risques de sécheresses, d’incendies et d’inondations à l’échelle planétaire.

Ce qu'il faut retenir

  • 44 milliards de dollars : le montant des pertes assurées liées aux catastrophes naturelles de janvier à juin 2026, avec un déficit de couverture de 60 %.
  • El Niño record : un épisode d’une intensité inédite attendu d’ici la fin 2026, selon Munich Re.
  • 5 000 morts en Allemagne et en France en raison des vagues de chaleur estivales.
  • Risques accrus d’incendies en Europe, déjà observés au second semestre 2026.
  • Menace sur la Grande Barrière de corail en Australie, menacée d’un « effondrement de son écosystème ».

Un El Niño record, aggravé par le réchauffement climatique

El Niño, phénomène naturel cyclique, se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial. Ses répercussions se font sentir à l’échelle mondiale : sécheresses en Australie et en Afrique, inondations en Amérique centrale et du Sud, ou encore canicules en Asie. Selon Munich Re, l’intensité exceptionnelle attendue pour cet épisode, couplée au changement climatique d’origine humaine, a déjà contribué à faire de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée. Tobias Grimm, climatologue en chef du réassureur, alerte sur l’urgence d’agir : « Les États, les gouvernements, le secteur de l’assurance et les assurés doivent investir bien davantage dans la prévention des risques naturels. »

L’Europe en première ligne face aux incendies et à la canicule

Le second semestre 2026 illustre déjà les conséquences dramatiques de cette combinaison. Plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, subissent des vagues de chaleur extrême, responsables de milliers de décès. D’après les autorités sanitaires, 5 000 personnes sont décédées en Europe de l’Ouest en raison des températures élevées. Tobias Grimm souligne que « la chaleur est un facteur majeur de déclenchement des incendies de forêt, et son danger est souvent sous-estimé ». Contrairement aux tempêtes ou aux inondations, ses effets ne laissent pas de traces visibles immédiates, mais leurs impacts économiques sont lourds : baisse des rendements agricoles, endommagement des infrastructures et perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Des mesures d’urgence prises dans plusieurs régions du monde

Face à l’ampleur des risques, plusieurs gouvernements ont d’ores et déjà mis en place des stratégies d’adaptation. Au Sri Lanka, les autorités ont appelé les agriculteurs à anticiper les semailles de riz pour limiter les pertes liées aux inondations à venir. Elles ont également lancé un appel à la population pour économiser l’eau potable, une ressource de plus en plus menacée. En Australie, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme : El Niño pourrait provoquer un « effondrement de l’écosystème » de la Grande Barrière de corail, un joyau naturel classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces alertes s’ajoutent aux prévisions de Munich Re, qui estime que les pertes assurées pourraient continuer à grimper d’ici la fin de l’année.

Un déficit de couverture qui aggrave la crise

Le rapport semestriel de Munich Re révèle un déficit de couverture de 60 % pour les catastrophes naturelles survenus entre janvier et juin 2026. Ce chiffre inclut non seulement les événements climatiques, mais aussi des catastrophes non liées au climat, comme le séisme dévastateur au Venezuela en mars dernier. Pour le réassureur, cette situation souligne l’urgence d’une meilleure gestion des risques, notamment dans les zones les plus exposées. « La prévention reste le meilleur levier pour limiter l’impact humain et économique de ces catastrophes », insiste Tobias Grimm. Pourtant, malgré ces constats, les investissements dans la résilience climatique restent insuffisants, laissant de nombreuses populations et entreprises vulnérables face à des aléas de plus en plus fréquents.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’ampleur des dégâts liés à El Niño. Les prévisions de Munich Re suggèrent une intensification des épisodes de sécheresse en Australie et en Afrique, tandis que les Amériques pourraient subir des pluies diluviennes. D’ici la fin de l’année, les États et les acteurs économiques devraient être en mesure de mesurer l’efficacité de leurs mesures de prévention. Une chose est sûre : sans une adaptation rapide et massive, les coûts humains et financiers continueront de s’alourdir, selon les experts.

Dans ce contexte, les appels à une action coordonnée se multiplient. Les organisations internationales, comme l’ONU, plaident pour un renforcement des financements dédiés à l’adaptation climatique, tandis que les compagnies d’assurance réclament des politiques publiques plus ambitieuses. L’enjeu n’est plus seulement environnemental, mais aussi économique et social.

Les régions les plus vulnérables incluent l’Australie, l’Amérique centrale, certaines zones d’Afrique (notamment en Afrique australe et de l’Est) ainsi que l’Amérique du Sud, où les pluies torrentielles et les sécheresses devraient s’intensifier. En Europe, les pays du sud, comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce, restent particulièrement exposés aux incendies.

Les réassureurs comme Munich Re calculent les pertes assurées en se basant sur les indemnisations versées aux particuliers, entreprises et collectivités après un sinistre. Ces coûts incluent les dommages directs (bâtiments, infrastructures) et indirects (pertes d’exploitation, perturbations économiques). Le déficit de couverture de 60 % signifie que 60 % des pertes totales ne sont pas assurées et restent à la charge des États, des ménages ou des entreprises.