Catherine MacGregor, directrice générale du groupe Engie, a été l’invitée de Laure Closier ce mercredi 20 mai 2026 dans l’émission Good Morning Business sur BFM Business. Elle a évoqué la résolution du conflit gazier européen qui a duré deux mois, ainsi que l’acquisition d’UK Power Network pour un montant de 18 milliards d’euros, comme le rapporte la chaîne d’information économique.

Ce qu'il faut retenir

  • Catherine MacGregor, PDG d’Engie, s’exprime sur la résolution d’un conflit gazier européen de deux mois
  • Le groupe finalise le rachat d’UK Power Network pour 18 milliards d’euros
  • L’acquisition s’inscrit dans la stratégie d’expansion d’Engie au Royaume-Uni
  • La direction affiche une sérénité retrouvée après des tensions sur l’approvisionnement en gaz

Un conflit gazier européen résolu après deux mois de tensions

Catherine MacGregor a souligné la fin des tensions autour de l’approvisionnement en gaz en Europe, un épisode qui a marqué les deux derniers mois. « Nous avons trouvé un équilibre permettant de garantir la stabilité des livraisons tout en respectant nos engagements contractuels », a-t-elle déclaré lors de l’émission. Selon elle, cette période a permis de renforcer la résilience des infrastructures énergétiques du groupe, malgré un contexte géopolitique particulièrement tendu.

Les discussions, menées à haut niveau avec les principaux fournisseurs européens, ont abouti à des accords-cadres sécurisant les approvisionnements pour les six prochains mois. « L’enjeu était de concilier sécurité énergétique et viabilité économique, sans quoi les répercussions sur les clients auraient été significatives », a précisé la dirigeante.

UK Power Network : un investissement stratégique de 18 milliards d’euros

Catherine MacGregor a confirmé la finalisation du rachat d’UK Power Network, une filiale britannique spécialisée dans la distribution d’électricité. Ce montage, estimé à 18 milliards d’euros, s’inscrit dans la volonté d’Engie de consolider sa présence sur le marché britannique de l’énergie. « Cette acquisition nous permet d’accélérer notre transition vers un mix énergétique décarboné, tout en répondant à la demande croissante en électricité », a-t-elle expliqué.

L’opération, approuvée par les autorités de régulation britanniques, devrait être effective d’ici la fin du troisième trimestre 2026. UK Power Network dessert actuellement plus de 8 millions de clients au Royaume-Uni, ce qui représente une part majeure du marché de la distribution d’électricité dans le pays.

Une stratégie alignée sur la transition énergétique

Pour la dirigeante, ce rachat s’inscrit pleinement dans la feuille de route d’Engie, qui mise sur une croissance à la fois organique et externe pour atteindre ses objectifs climatiques. « Nous investissons massivement dans les réseaux intelligents et les énergies renouvelables, et cette acquisition renforce notre positionnement », a-t-elle ajouté. Engie a d’ailleurs réaffirmé son engagement à réduire de 30 % ses émissions de CO₂ d’ici 2030, un objectif validé par les agences de notation extra-financière.

Côté marché, Catherine MacGregor a rappelé que le Royaume-Uni reste un territoire clé pour le groupe, notamment en raison de son cadre réglementaire favorable aux investissements dans les infrastructures énergétiques. « Le pays a su créer un environnement propice aux projets à long terme, ce qui en fait une destination privilégiée », a-t-elle commenté.

Le contexte économique et géopolitique en toile de fond

Cette annonce intervient alors que l’Europe reste sous tension sur le front énergétique, avec des prix du gaz encore volatils et des craintes de pénuries pour l’hiver 2026-2027. Selon les analystes de BFM Business, la stabilisation des approvisionnements en gaz ces dernières semaines s’explique en partie par une diversification accrue des sources, mais aussi par un hiver moins rigoureux que prévu. « Nous avons tiré les leçons de la crise de 2022, et notre priorité reste la sécurité des approvisionnements sans sacrifier la compétitivité », a rappelé Catherine MacGregor.

Sur le plan géopolitique, la dirigeante a évoqué les risques liés aux tensions en mer Baltique et en mer Noire, deux zones stratégiques pour les flux énergétiques européens. « Les incertitudes persistent, mais notre stratégie repose sur la flexibilité et la capacité à nous adapter rapidement », a-t-elle insisté.

Et maintenant ?

La finalisation de l’acquisition d’UK Power Network d’ici la fin septembre 2026 devrait marquer une étape clé dans la stratégie internationale d’Engie. Le groupe pourrait prochainement annoncer de nouveaux investissements dans les réseaux de chaleur ou les infrastructures de recharge électrique, deux segments en forte croissance. Les observateurs s’interrogent également sur d’éventuelles synergies avec d’autres acteurs européens, dans un contexte de consolidation du secteur énergétique.

Enfin, la résolution du conflit gazier européen laisse présager une période de calme relatif pour les mois à venir, même si les tensions sur les prix pourraient resurgir avec l’approche de l’hiver. Pour Catherine MacGregor, « la prudence reste de mise, mais nous avons prouvé notre capacité à gérer les crises ».