Un doublé français a marqué les championnats d’Europe d’escrime ce mercredi 17 juin 2026 à Antony, dans les Hauts-de-Seine. Selon RMC Sport, Jean-Philippe Patrice a remporté le titre européen en sabre masculin en s’imposant face à son compatriote et ami, Maxime Pianfetti. Cette victoire, la première en individuel pour Patrice après deux médailles de bronze consécutives, offre au drapeau tricolore un moment historique en escrime.
Ce qu'il faut retenir
- Finale 100 % française : Jean-Philippe Patrice (or) bat Maxime Pianfetti (argent) en sabre masculin.
- Premier titre individuel pour Patrice en championnats d’Europe, après deux médailles de bronze en 2024 et 2025.
- Contexte local : La compétition se déroule à Antony (Hauts-de-Seine), où l’engouement du public a été marqué par la performance des deux tireurs.
- Performance collective : La veille, Toscane Tori avait décroché le bronze, portant à deux le nombre de médailles tricolores.
- Unicité du duel : Les deux athlètes, partageant le même entraîneur et une longue amitié, ont offert un match où le respect a primé sur l’émotion.
- Impact pour le sabre français : Cette finale renforce l’image d’une discipline en progression, avec deux représentants au sommet européen.
Un titre attendu après deux années de frustration
Jean-Philippe Patrice, âgé de 28 ans, a mis fin à une série de deux médailles de bronze aux championnats d’Europe pour s’adjuger enfin l’or. « C’est toujours compliqué de tirer avec Maxime », a-t-il déclaré après le match, selon RMC Sport. « Déjà parce qu’il est très fort cette saison, mais aussi parce qu’on se connaît par cœur. On s’entraîne ensemble depuis des années, on a le même entraîneur, et notre lien d’amitié est très fort. » Une rivalité amicale qui a rendu ce duel d’autant plus symbolique.
Pour Maxime Pianfetti, cette finale représente également un aboutissement. Après avoir frôlé l’or en 2024 et 2025, il doit se contenter de l’argent, mais avec la satisfaction d’avoir offert au public français un spectacle de haut niveau. « Il ne faudrait pas aborder un match différemment selon l’adversaire, mais le fait est que Jean-Philippe est un très bon ami », a-t-il confié. « On a vécu des choses fortes ensemble, dans l’escrime comme en dehors. »
Une finale sous le signe du respect et de l’émotion contenue
Contrairement à l’énergie déployée lors des phases précédentes, la finale a été marquée par une atmosphère particulière. Les deux tireurs, très soutenus par un public en feu, sont restés concentrés et disciplinés tout au long du match. « Quand je gagne, je ne crie pas », a expliqué Jean-Philippe Patrice. « J’attends qu’il soit parti pour le faire, parce que j’ai énormément de respect pour lui. Je ne me permettrais pas de faire un geste qui pourrait le toucher. » Une attitude qui illustre la profondeur de leur relation.
Maxime Pianfetti a confirmé cette dynamique : « On peut y voir une forme d’amitié et de respect. Ce gars-là, c’est un très bon ami. J’ai même été à son mariage. » Les deux athlètes ont ainsi transformé une compétition sportive en moment de partage, où la victoire de l’un n’a pas ébranlé leur complicité.
Un succès collectif qui dépasse le cadre individuel
Au-delà du duel, cette finale franco-française résonne comme une victoire pour l’escrime française. « Ça fait du bien au sport, ça fait du bien à la France », a souligné Patrice. « Ça récompense le travail de nos entraîneurs, qui œuvrent dans l’ombre et s’investissent énormément au quotidien. On ne voit pas tout ce qu’il y a derrière ces médailles. » Un rappel important alors que les structures et les ressources dédiées à l’escrime sont souvent méconnues du grand public.
La veille, Toscane Tori avait déjà ouvert la voie en remportant le bronze, offrant aux spectateurs deux raisons de se réjouir en moins de 48 heures. Une performance qui confirme la vitalité du sabre français, une discipline où la France brille régulièrement sur la scène internationale.
Un public conquis par ce spectacle unique
L’enceinte d’Antony était en ébullition mercredi, avec des supporters venus de toute la région parisienne pour assister à ce duel historique. Arthur, étudiant en STAPS, était présent avec ses camarades : « On a de la chance d’assister à ces championnats d’Europe, mais voir deux Français en finale… c’est encore plus exceptionnel. Il y a du frisson, du spectacle, c’est vraiment cool. »
Rani, escrimeur depuis cinq ans, était venu avec sa sœur et son père. « On habite à une demi-heure d’ici », précise-t-il. « Avoir deux Français en finale, c’était inespéré, mais ça s’est produit. J’avais une petite préférence pour Jean-Philippe, donc je suis ravi. » Son père, Pascal, a abondé dans le même sens : « On voulait y croire, mais c’était quand même un peu inespéré ! Mais c’est arrivé, et c’était un super duel. Pour mon fils, c’est une bonne chose de voir que les Français brillent dans son arme. Ça lui donnera encore plus envie d’aller loin. »
En attendant, l’escrime française savoure ce moment rare : un doublé national en finale d’un championnat d’Europe. Une performance qui, au-delà des médailles, rappelle l’importance du collectif et du travail de fond dans la réussite sportive.