Santé publique France alerte sur une saison 2026 particulièrement risquée en matière de maladies vectorielles, selon Futura Sciences. Avec une présence du moustique tigre désormais avérée dans 83 départements, les autorités sanitaires redoutent une recrudescence des cas de chikungunya, de dengue, de Zika et du virus du Nil occidental. Les chiffres de 2025, année record, donnent la mesure de l’urgence : 809 cas autochtones de chikungunya, 30 de dengue et 60 infections par le virus du Nil occidental ont été recensés en métropole. Une situation inédite depuis le début de la surveillance renforcée en 2006.
Ce qu'il faut retenir
- 809 cas autochtones de chikungunya en 2025, un record depuis 2006.
- 30 cas de dengue et 60 cas de virus du Nil occidental ont été détectés en métropole.
- Le moustique tigre est implanté dans 83 départements et actif de mai à novembre.
- Pour la première fois, des cas autochtones de chikungunya ont été signalés en Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est et Nouvelle-Aquitaine.
- Le réchauffement climatique favorise la prolifération de ces moustiques vecteurs.
- Deux vaccins contre la dengue et le chikungunya sont disponibles depuis 2025.
Une saison 2026 sous haute surveillance
Depuis le 1er mai, la France est officiellement entrée en période de surveillance renforcée des maladies transmises par les moustiques, comme le rappelle Santé publique France dans un communiqué publié le 6 mai. Cette décision intervient après une année 2025 marquée par une vague record de chikungunya, avec un nombre de cas autochtones « le plus important jamais enregistré depuis le début de la surveillance en 2006 », a souligné l’agence sanitaire. Pour la dengue, 30 cas autochtones ont été confirmés, tandis que 60 infections par le virus du Nil occidental ont été détectées. Ces chiffres illustrent une expansion géographique inédite : certaines régions, comme l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes ou la Normandie, ont enregistré pour la première fois des cas autochtones de virus du Nil occidental, tandis que le chikungunya s’est propagé en Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est et Nouvelle-Aquitaine.
Le moustique tigre, vecteur d’une menace en constante progression
Apparue en France métropolitaine en 2004, l’espèce Aedes albopictus, plus connue sous le nom de moustique tigre, s’est désormais installée dans 83 départements sur 96. Reconnaissable à ses rayures noires et blanches, ce moustique est particulièrement redouté car il peut transmettre le chikungunya, la dengue, le Zika et le virus du Nil occidental. Sa période d’activité s’étend de mai à novembre, couvrant ainsi la majeure partie de l’année. Son expansion est directement liée à la présence de gîtes larvaires – des zones d’eaux stagnantes où la femelle pond ses œufs. « La prolifération de ces gîtes autour des habitations est un facteur clé de la transmission », a indiqué un épidémiologiste cité par Futura Sciences.
Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de supprimer ces points d’eau stagnante : coupelles de pots de fleurs, seaux, arrosoirs ou récupérateurs d’eau de pluie doivent être vidés au moins une fois par semaine. Pour les contenants plus importants, comme les petites piscines ou les citernes, un couvercle hermétique ou une moustiquaire est recommandé.
Gestes de prévention : comment se protéger efficacement ?
Pour limiter les risques de piqûres et, par ricochet, de transmission de maladies, plusieurs mesures simples mais efficaces sont préconisées. En extérieur, il est conseillé de porter des vêtements amples et couvrants, d’utiliser des répulsifs cutanés adaptés et de protéger les poussettes avec une moustiquaire. À domicile, l’installation de moustiquaires aux fenêtres et portes ou l’utilisation d’un ventilateur – dont le flux d’air perturbe les moustiques – permet de réduire les intrusions. Les experts rappellent également que la vigilance doit être maintenue jusqu’à trois semaines après un voyage en zone à risque, où la contamination par le moustique tigre local reste possible.
Deux vaccins, disponibles depuis 2025, offrent une protection supplémentaire contre la dengue et le chikungunya. Cependant, leur utilisation reste ciblée et doit être discutée avec un professionnel de santé, en fonction du profil du patient et de ses antécédents médicaux.
Un phénomène aggravé par le réchauffement climatique
L’augmentation des cas de maladies vectorielles en France et en Europe s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par le réchauffement climatique. Les températures plus douces et les épisodes de sécheresse suivis de pluies favorisent en effet la reproduction des moustiques. « Les aléas climatiques aggravent la transmission des agents pathogènes », a expliqué un chercheur de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cité par Futura Sciences. Cette tendance alerte non seulement les autorités françaises, mais aussi les instances européennes, qui appellent à un renforcement des mesures de prévention et de contrôle des populations de moustiques.
Les territoires d’outre-mer, déjà touchés par des épidémies récurrentes de dengue, de chikungunya et de Zika, restent également sous haute surveillance. Les déplacements internationaux de voyageurs, souvent porteurs asymptomatiques de virus, constituent un autre facteur de risque. Une personne infectée à l’étranger peut en effet, une fois rentrée en métropole, transmettre la maladie à un moustique tigre local, qui la propagera à son tour.
Face à cette menace persistante, la mobilisation individuelle et collective reste la clé. Supprimer les eaux stagnantes, se protéger des piqûres et rester informé des zones à risque sont des gestes simples, mais essentiels pour limiter la propagation de ces maladies. Comme le rappelle Santé publique France, « la prévention est l’arme la plus efficace dont nous disposons ».
Le chikungunya se manifeste par de fièvre élevée, douleurs articulaires intenses et éruptions cutanées. La dengue, quant à elle, provoque souvent fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et nausées. Dans les deux cas, les symptômes apparaissent généralement 4 à 7 jours après la piqûre. En cas de doute, il est recommandé de consulter un médecin sans tarder.
Non, ces vaccins ne sont pas obligatoires en France. Leur utilisation est recommandée pour les personnes vivant ou se rendant dans des zones à risque, ainsi que pour les voyageurs en partance vers des pays où ces maladies sont endémiques. Une consultation médicale est nécessaire pour évaluer l’opportunité de la vaccination en fonction du profil du patient.