Le président chilien José Antonio Kast a dévoilé mercredi 6 août 2026, lors d’un message à la nation, un ensemble de plus de trente projets législatifs visant à renforcer la lutte contre le crime organisé, une promesse majeure de sa campagne électorale. Selon Le Figaro, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie globale pour « changer la façon dont [le pays] affronte le crime organisé ».

Parmi ces réformes, certaines sont déjà en discussion au Congrès, tandis que d’autres seront présentées « dans les prochains jours », a précisé le chef de l’État chilien. Dans son allocution télévisée, il a souligné l’objectif de doter son gouvernement d’« un cadre d’action beaucoup plus large et d’outils plus efficaces » pour combattre la criminalité. Une disposition phare prévoit notamment de considérer l’appartenance à une organisation criminelle comme un délit en soi, passible de peines aggravées.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 30 projets de réformes législatives annoncés par le président José Antonio Kast pour lutter contre le crime organisé au Chili.
  • L’appartenance à une organisation criminelle deviendra un délit passible de peines aggravées, selon le dirigeant.
  • Le gouvernement souhaite allonger la durée de rétention des migrants en situation irrégulière, actuellement fixée à cinq jours, et augmenter les expulsions.
  • Le Chili, bien que l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, connaît une hausse des homicides et des enlèvements, notamment en raison de l’arrivée de groupes criminels étrangers comme le Tren de Aragua.
  • En juillet 2026, le Parlement chilien a approuvé la quasi-totalité de la réforme fiscale portée par Kast pour relancer l’économie.

Un paquet de réformes pour répondre à l’augmentation de la criminalité

José Antonio Kast, avocat de 60 ans arrivé au pouvoir en mars 2026, a fait de la lutte contre la délinquance et la migration irrégulière une priorité absolue. « Il s’agit de plus de 30 projets, certains déjà au Congrès (...) et d’autres que nous présenterons dans les prochains jours, qui vont changer la façon dont nous affrontons le crime organisé au Chili », a-t-il déclaré dans un message télévisé, comme le rapporte Le Figaro.

Parmi les mesures phares annoncées, la criminalisation de l’appartenance à une organisation criminelle vise à renforcer les moyens de répression. Kast a également réaffirmé son intention de prolonger la durée de rétention des migrants sans papiers, actuellement limitée à cinq jours, et d’augmenter la capacité d’expulsion de ces personnes. Aucune précision n’a été apportée sur l’ampleur de ces changements ni sur leur calendrier de mise en œuvre.

Un contexte marqué par une hausse de la criminalité

Le Chili reste l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, mais la situation sécuritaire s’est dégradée ces dernières années. Le taux d’homicides, par exemple, est passé de 2,7 pour 100 000 habitants en 2015 à 5,4 en 2025 — soit un doublement en une décennie, selon les données disponibles. Cette augmentation est en partie attribuée à l’arrivée de groupes criminels étrangers, comme le gang vénézuélien Tren de Aragua, qui étend son influence dans plusieurs pays de la région.

Ces chiffres contrastent avec l’image traditionnelle du Chili comme un État stable et peu violent, un contraste que Kast a exploité lors de sa campagne. En juillet 2026, son gouvernement a obtenu l’approbation parlementaire pour une réforme fiscale destinée à relancer l’économie, une autre promesse centrale de son mandat.

Un gouvernement tourné vers une politique de « fermeté »

Élu sur un programme axé sur la sécurité et la maîtrise des flux migratoires, José Antonio Kast incarne une ligne dure, tant sur le plan intérieur que sur la gestion des frontières. Son élection en mars 2026 a marqué un tournant politique au Chili, un pays historiquement marqué par des gouvernements de centre-gauche ou modérés. Depuis son arrivée au palais de La Moneda, il a multiplié les annonces symboliques pour affirmer sa volonté de rupture avec les politiques précédentes.

Les réformes contre le crime organisé s’inscrivent dans cette dynamique. Elles prévoient notamment des outils juridiques renforcés, comme la possibilité de sanctions plus lourdes pour les membres de gangs ou de réseaux criminels. Kast a également insisté sur la nécessité de lutter contre les migrations irrégulières, un sujet qui cristallise les tensions dans un pays où les flux en provenance notamment du Venezuela et d’Haïti se sont intensifiés ces dernières années.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact de ces réformes. Plusieurs projets de loi doivent être présentés au Congrès, où le gouvernement dispose d’une majorité relative. Leur adoption dépendra des négociations avec les partis d’opposition, certains étant sceptiques quant à l’efficacité des mesures annoncées. Par ailleurs, la mise en œuvre des changements concernant la rétention et l’expulsion des migrants pourrait susciter des débats sur leur conformité avec le droit international et les droits humains.

Enfin, la capacité du gouvernement à inverser la tendance en matière de criminalité sera scrutée de près, alors que les groupes criminels comme le Tren de Aragua continuent de gagner en influence dans la région. Les prochaines élections locales, prévues en 2027, pourraient aussi servir de baromètre pour mesurer l’adhésion de la population à cette politique de « fermeté ».

Ces réformes marquent une étape supplémentaire dans la refonte des politiques publiques chiliennes sous la présidence Kast, mais leur succès dépendra de leur application concrète et de leur acceptation par la société.

Les annonces de José Antonio Kast visent principalement les organisations criminelles actives au Chili, notamment des gangs étrangers comme le Tren de Aragua, originaire du Venezuela. Le gouvernement souhaite criminaliser l’appartenance à ces groupes et renforcer les peines encourues, sans préciser si d’autres réseaux, locaux ou internationaux, seront spécifiquement ciblés.

Certains projets de loi sont déjà en discussion au Congrès, tandis que d’autres doivent être présentés « dans les prochains jours ». Leur adoption dépendra des débats parlementaires, mais une mise en œuvre progressive est à prévoir d’ici la fin de l’année 2026 ou début 2027, si les textes sont adoptés rapidement.