Comme le rapporte Futura Sciences, la Chine poursuit activement le développement de son avion de chasse de sixième génération avec le Chengdu J-36, dont le cinquième prototype a été photographié ces dernières semaines. Les clichés, diffusés sur les réseaux sociaux fin juillet 2026, montrent des modifications structurelles significatives par rapport aux versions antérieures, laissant supposer une accélération du programme militaire chinois.
Ce qu'il faut retenir
- Un cinquième prototype du J-36 a été identifié en juillet 2026, confirmant l'avancement du programme de Chengdu Aircraft Corporation (CAC).
- Les images révèlent des améliorations aérodynamiques et une optimisation de la furtivité, avec notamment des modifications des prises d'air et des tuyères.
- Le J-36, doté de trois moteurs et d'une forme en diamant sans empennage arrière, pourrait intégrer le nouveau réacteur WS-15 en remplacement du WS-10C.
- La Chine développe en parallèle un second modèle, le J-50, potentiel équivalent du futur F-47 américain, tandis que le J-36 serait plutôt une plateforme de commandement lourd.
- Les premiers exemplaires pourraient être livrés en pré-série avant 2030, selon les estimations des experts.
Un avion de sixième génération en phase de tests avancés
Les images inédites du J-36, publiées fin juillet 2026 par le compte International Defence Analysis sur X (ex-Twitter), correspondent à la cinquième mouture de l'appareil. Selon Futura Sciences, ce prototype présente des évolutions majeures par rapport aux versions précédentes : structure renforcée, intégration optimisée des moteurs et amélioration de l'aérodynamisme.
Le J-36 se distingue par sa silhouette en diamant, dépourvue d'empennage arrière classique, et par son système de propulsion composé de trois réacteurs. Les modifications visibles sur les prises d'air et les tuyères suggèrent une recherche de performance accrue, notamment en termes de furtivité et d'efficacité des moteurs. « Ces changements pourraient permettre de réduire la détection radar tout en améliorant la poussée et la maniabilité », explique un expert cité par Futura Sciences.
Un réacteur plus puissant en ligne de mire ?
Parmi les hypothèses avancées par les analystes, l'intégration du WS-15, un réacteur à postcombustion plus puissant que le WS-10C actuellement utilisé, semble probable. Ce moteur, développé par Shenyang Liming Aero-Engine, est déjà testé sur d'autres programmes militaires chinois. Son adoption sur le J-36 renforcerait significativement les capacités de l'appareil, notamment en termes de vitesse et d'autonomie.
« Le WS-15 offre un rapport poussée/poids supérieur de 20 % par rapport au WS-10C », précise Andreas Rupprecht, spécialiste des avions de combat chinois. Pour autant, les essais en vol du J-36 avec ce nouveau réacteur n'ont pas encore été officiellement confirmés.
Deux projets concurrents : J-36 et J-50
La Chine ne mise pas uniquement sur le J-36. Le pays développe en parallèle un second appareil de sixième génération, le Shenyang J-50, plus compact et destiné à jouer un rôle différent. Selon les observations des spécialistes, le J-50 pourrait être l'équivalent chinois du futur F-47 américain, dont le premier prototype est attendu pour 2028.
Si cette hypothèse se confirmait, le J-36, bien plus imposant, serait alors conçu comme une plateforme de commandement aérien, capable de diriger des drones et de coordonner des opérations militaires à grande échelle. « Il s'agirait d'un système complexe, alliant furtivité, puissance de feu et capacité de liaison », souligne Futura Sciences.
Une course technologique face aux États-Unis
Cette accélération chinoise s'inscrit dans un contexte de course aux avions de sixième génération, où Washington et Pékin se livrent une compétition serrée. Aux États-Unis, le programme F-47, porté par le motoriste Pratt & Whitney, vise un premier vol d'essai en 2028. En Chine, malgré l'absence d'annonce officielle, les images du J-36 et les déclarations des experts laissent peu de doute sur la rapidité des progrès réalisés.
« La Chine a comblé une partie de son retard technologique ces cinq dernières années », note un analyste militaire sous couvert d'anonymat. « Le J-36 pourrait entrer en service opérationnel avant 2030, ce qui placerait Pékin en position de force dans la région Asie-Pacifique. »
Une stratégie chinoise à double entrée
Le développement simultané de deux appareils de sixième génération reflète la stratégie globale de la Chine en matière d'aviation de combat. Le J-36, plus lourd et sophistiqué, répondrait aux besoins d'une armée de l'air en pleine modernisation, capable de projeter sa puissance au-delà de la première chaîne d'îles. Le J-50, plus léger et agile, serait quant à lui optimisé pour les missions de supériorité aérienne locale.
« Pékin mise sur la redondance et la flexibilité », explique Futura Sciences. « En développant deux plateformes distinctes, la Chine s'assure de couvrir tous les scénarios, des frappes de précision aux missions de commandement en passant par le contrôle de drones. »
Furtivité et innovation : les atouts du J-36
L'un des principaux défis du J-36 réside dans l'équilibre entre furtivité et performance. Sa forme en diamant, sans queue traditionnelle, limite la traînée et réduit la signature radar. Les modifications apportées aux entrées d'air et aux tuyères visent à optimiser le flux d'air et à minimiser les émissions infrarouges, deux critères essentiels pour un appareil de nouvelle génération.
« La furtivité ne se limite pas à la forme de l'avion », rappelle un ingénieur aéronautique interrogé par Futura Sciences. « Les matériaux absorbants, les systèmes de gestion thermique et même les revêtements spécifiques jouent un rôle clé. Tout cela semble être intégré dans le J-36. »
À ce stade, le J-36 est encore en phase de tests. Aucune confirmation officielle n'a été donnée quant à son entrée en service opérationnel, mais les experts estiment que les premiers modèles pré-série pourraient être livrés avant 2030.
Le J-36 est un avion lourd, conçu comme une plateforme de commandement et de coordination, tandis que le J-50 serait plus compact, optimisé pour la supériorité aérienne, à l'image du futur F-47 américain.