Christophe Ellul a fait appel de la condamnation à quatre ans de prison avec sursis prononcée à son encontre dans l’affaire Elisa Pilarski, selon BFM - Faits Divers. Le parquet de Soissons a confirmé cette information ce vendredi 19 juin 2026, ajoutant que l’appel suspend l’exécution de l’euthanasie de son chien Curtis, jugé responsable des blessures mortelles infligées à la jeune femme en 2019.
Le 11 juin 2026, le tribunal correctionnel de Soissons avait rendu un jugement historique en condamnant Christophe Ellul pour homicide involontaire. Cette décision avait également ordonné l’euthanasie de Curtis, décrit comme l’instrument des blessures ayant causé la mort d’Elisa Pilarski, une femme de 29 ans enceinte de six mois. Les faits remontent à novembre 2019, lorsque son corps, couvert de 56 morsures de différentes tailles, fut découvert en forêt de Retz (Aisne).
Ce qu'il faut retenir
- Christophe Ellul, condamné à 4 ans de prison avec sursis le 11 juin 2026, a fait appel de la décision du tribunal correctionnel de Soissons.
- L’appel suspend l’exécution de l’euthanasie de Curtis, le chien désigné responsable des blessures mortelles infligées à Elisa Pilarski.
- Elisa Pilarski, enceinte de six mois, a été retrouvée en novembre 2019 en forêt de Retz, couverte de 56 morsures.
- Les expertises ont attribué les blessures à Curtis, seul chien dont l’ADN a été retrouvé sur la victime ou ses effets personnels.
- Le jugement initial a souligné que confier Curtis à une association « reviendrait à nier ce qu’il a été capable de faire ».
- L’appel porte sur l’ensemble des dispositions pénales et civiles du jugement du 11 juin 2026.
Un second procès pour l’affaire Elisa Pilarski
Le parquet de Soissons a confirmé ce 19 juin 2026 que Christophe Ellul a bien interjeté appel de la décision rendue le 11 juin, selon une information révélée par BFM - Faits Divers. Cette procédure judiciaire marque une nouvelle étape dans une affaire qui avait déjà suscité une intense couverture médiatique depuis 2019. L’appel concerne l’intégralité des dispositions pénales et civiles du jugement, y compris la condamnation à quatre ans de prison avec sursis. Surtout, il suspend l’exécution de l’euthanasie de Curtis, dont le sort judiciaire était directement lié à la culpabilité de son maître.
Dans son jugement, le tribunal avait souligné que Curtis représentait un danger persistant, justifiant ainsi une mesure aussi radicale que l’euthanasie. « Le confier à une association reviendrait à nier ce qu’il a été capable de faire et ce qu’il pourrait encore faire : tuer », avait déclaré la présidente du tribunal, selon les comptes-rendus d’audience. Cette position illustre la gravité que la justice a attribuée à l’acte commis par l’animal, dont les morsures ont été jugées incompatibles avec une simple défense ou provocation.
Les faits : une enquête complexe et des expertises décisives
Le 2 novembre 2019, le corps d’Elisa Pilarski est découvert en forêt de Retz, dans l’Aisne. La jeune femme, alors enceinte de six mois, présente 56 plaies de différentes dimensions réparties sur l’ensemble du corps. Les circonstances du drame laissent planer des zones d’ombre : ce jour-là, Elisa Pilarski se promenait avec Curtis, le chien de Christophe Ellul, alors qu’une chasse à courre avec 21 chiens se déroulait simultanément dans la même zone.
Pourtant, les expertises réalisées durant l’enquête ont clairement désigné Curtis comme l’auteur des blessures. Aucun ADN des autres chiens présents lors de la chasse à courre n’a été retrouvé sur le corps ou les objets personnels d’Elisa Pilarski, contrairement à celui de Curtis. Cette preuve scientifique a joué un rôle central dans le jugement rendu le 11 juin 2026, confortant la thèse d’une responsabilité directe de l’animal dans la mort de la jeune femme.
La réaction de la famille et les enjeux judiciaires
À l’issue du procès, Me Xavier Terquem, avocat de la famille Pilarski, s’était déclaré « soulagé de voir que la responsabilité de Christophe Ellul a été engagée ». Cette réaction reflète l’importance symbolique de cette condamnation pour les proches d’Elisa Pilarski, qui attendaient depuis sept ans une reconnaissance de la responsabilité de son compagnon dans ce drame. L’appel interjeté par Christophe Ellul ouvre désormais la voie à un second procès, où les mêmes questions – et probablement d’autres – seront à nouveau examinées.
Pour la défense, cette procédure représente une opportunité de contester non seulement la culpabilité de Christophe Ellul, mais aussi l’interprétation des expertises et le lien de causalité établi entre Curtis et la mort d’Elisa Pilarski. Les débats à venir pourraient ainsi porter sur la fiabilité des expertises vétérinaires, la gestion du chien avant le drame, ou encore les conditions dans lesquelles Elisa Pilarski a trouvé la mort. Autant de points qui avaient été au cœur des échanges lors du premier procès.
« La présidente m’a donné la preuve qu’il est coupable. »
— Christophe Ellul, après le jugement du 11 juin 2026, reconnaissant une possible implication de Curtis.
Le chien Curtis : entre symbole et preuve judiciaire
Le sort de Curtis, au cœur de cette affaire, illustre les dilemmes auxquels peuvent être confrontés les systèmes judiciaire et vétérinaire. Condamné au nom des actes commis par l’animal, Curtis devient une pièce maîtresse du dossier, dont l’euthanasie avait été présentée comme une mesure de sécurité publique. Pourtant, sa détention et son usage par Christophe Ellul avant les faits soulèvent des questions sur la responsabilité des propriétaires d’animaux, notamment dans des contextes où ces derniers présentent des antécédents de comportement agressif.
Les expertises vétérinaires réalisées dans le cadre de cette affaire ont mis en lumière les méthodes d’analyse utilisées pour établir le lien entre un animal et des blessures. Selon les informations disponibles, ces procédures reposent sur l’analyse des morsures, la localisation des plaies, et la comparaison de l’ADN présent sur la victime. Dans le cas d’Elisa Pilarski, ces éléments ont convergé vers Curtis, renforçant l’hypothèse d’une attaque non provoquée. Cependant, les défenseurs des droits des animaux pourraient contester la légitimité de l’euthanasie comme sanction, soulignant que l’animal agit sous l’influence de son maître.
Une affaire qui dépasse le cadre judiciaire
Au-delà des débats techniques sur la responsabilité pénale ou la dangerosité des animaux, l’affaire Elisa Pilarski interroge la société sur la gestion des risques liés aux animaux de compagnie, en particulier ceux présentant des comportements agressifs. Elle rappelle également l’importance des expertises scientifiques dans les enquêtes judiciaires, où les preuves matérielles peuvent parfois primer sur les témoignages ou les déclarations des parties.
Enfin, cette affaire illustre les tensions entre la justice, qui cherche à sanctionner les responsables, et les associations de protection animale, qui défendent le droit à la vie des animaux même en cas de faute avérée de leur propriétaire. Avec l’appel de Christophe Ellul, ce dossier pourrait contribuer à faire évoluer le cadre juridique, notamment sur la question de la responsabilité pénale des propriétaires d’animaux impliqués dans des drames humains.
Les expertises vétérinaires ont établi que Curtis était le seul chien dont l’ADN a été retrouvé sur le corps ou les effets personnels d’Elisa Pilarski. Les 56 morsures relevées sur son corps correspondaient également aux caractéristiques des morsures typiques de Curtis, selon les rapports d’expertise présentés lors du procès.
L’appel interjeté par Christophe Ellul par le parquet de Soissons a suspendu l’exécution de l’euthanasie de Curtis et ouvre la voie à un second procès. Aucune date n’a encore été fixée pour cette nouvelle audience, qui devrait examiner l’intégralité des dispositions pénales et civiles du jugement initial.