Une grève générale a paralysé mercredi 2 avril 2026 l’ensemble de la Cisjordanie occupée, en protestation contre une loi israélienne adoptée en début de semaine. Selon Euronews FR, ce texte controversé autorise l’exécution des Palestiniens reconnus coupables d’attaques meurtrières par des tribunaux militaires, sans application similaire pour les Israéliens jugés pour des crimes comparables. La mesure, votée à la Knesset lundi 31 mars, a suscité une vague de colère dans les territoires palestiniens, où magasins, universités et administrations ont observé une fermeture totale.
Ce qu'il faut retenir
- Une grève générale a été observée mercredi en Cisjordanie pour protester contre une loi israélienne instaurant la peine de mort pour les Palestiniens jugés par des tribunaux militaires.
- Le texte, adopté par la Knesset le 31 mars 2026, ne s’applique pas aux Israéliens reconnus coupables de crimes similaires.
- Les Palestiniens des territoires occupés sont systématiquement jugés par des juridictions militaires israéliennes, ce qui crée une disparité juridique selon les observateurs.
- Les villes de Hébron, Ramallah et Naplouse ont observé une fermeture quasi totale des commerces et institutions publiques.
- Depuis 1967, Israël occupe la Cisjordanie, où les tensions se sont intensifiées depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza.
Une loi jugée discriminatoire et raciste par les Palestiniens
Dès l’annonce de son adoption, la nouvelle loi a été perçue comme une mesure ciblant spécifiquement les Palestiniens. Selon Euronews FR, le texte prévoit que les Palestiniens reconnus coupables d’attaques meurtrières qualifiées de « terroristes » par les tribunaux militaires israéliens pourront être condamnés à la peine de mort par défaut. Or, les Palestiniens arrêtés en Cisjordanie sont systématiquement déférés devant ces juridictions militaires, et non devant les tribunaux civils israéliens. Cette distinction crée, de fait, un système juridique à deux vitesses, où la peine capitale s’applique uniquement aux Palestiniens, tandis que les Israéliens jugés pour des crimes similaires encourent une peine de prison à perpétuité ou la peine de mort.
Dans les déclarations recueillies par Euronews FR, plusieurs Palestiniens ont dénoncé une loi « insensée » et « raciste ». Mohammed Gussein, un étudiant de 24 ans de l’université Al-Quds à Jérusalem-Est, a ainsi affirmé : « C’est complètement déconnecté de l’humanité et complètement raciste. » Il a ajouté : « Il n’y a pas une seule personne ici qui n’ait pas un frère, un mari, un fils ou même un voisin en prison. Il n’y a pas de famille palestinienne sans prisonnier. »
Une mobilisation générale en Cisjordanie
L’appel à la grève générale lancé par le parti Fatah, dirigé par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a été massivement suivi. À Ramallah, siège des institutions palestiniennes, le marché principal ainsi que les centres commerciaux ont été fermés, tout comme les universités de Cisjordanie. À Hébron et Naplouse, les commerces ont également observé une fermeture totale. Seuls les services essentiels, comme les hôpitaux, ont maintenu une activité minimale.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte de tensions accrues depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle le Hamas a lancé une attaque contre Israël, déclenchant une offensive militaire israélienne à Gaza qui a duré deux ans et fait des milliers de victimes. La Cisjordanie, sous occupation israélienne depuis 1967, connaît depuis une escalade de la violence, avec une augmentation des arrestations et des opérations militaires.
« Aujourd’hui, nous ressentons beaucoup de colère, parce qu’il y a aussi une vraie faiblesse dans la solidarité avec eux. L’occupation mise sur la faiblesse de la rue. »
Riman, psychologue de 53 ans originaire de Ramallah
Un système juridique sous le feu des critiques
La nouvelle loi israélienne a rapidement suscité des critiques, notamment sur son caractère discriminatoire. Si elle ne prévoit pas d’application rétroactive, ses détracteurs soulignent qu’elle renforce une inégalité structurelle dans le traitement des Palestiniens et des Israéliens devant la justice. Dans les tribunaux civils israéliens, la peine de mort reste exceptionnelle et n’a été appliquée qu’une seule fois depuis 1948 : en 1962, lors de l’exécution d’Adolf Eichmann, criminel de guerre nazi.
Pour les Palestiniens, cette mesure est perçue comme une nouvelle tentative de légitimer une répression systématique. Riman, le psychologue de Ramallah, a expliqué à Euronews FR que « l’occupation mise sur la faiblesse de la rue », évoquant un sentiment d’abandon de la part de la communauté internationale. « Il n’y a pas de famille palestinienne sans prisonnier », a-t-il rappelé, soulignant l’impact psychologique de cette réalité sur la société palestinienne.
Contexte historique et tensions persistantes
Israël occupe la Cisjordanie depuis la guerre des Six Jours en 1967, et cette occupation est régulièrement condamnée par la communauté internationale. Depuis les attaques du 7 octobre 2023, les tensions ont atteint un niveau inédit, avec une intensification des opérations militaires israéliennes et une augmentation des violences entre colons israéliens et Palestiniens. Selon Euronews FR, cette nouvelle loi s’ajoute à un arsenal de mesures perçues comme répressives par les Palestiniens, qui dénoncent un système conçu pour les maintenir sous contrôle.
Les observateurs notent que cette loi intervient dans un contexte où les arrestations administratives – détentions sans procès – se multiplient en Cisjordanie. Entre 2023 et 2026, le nombre de Palestiniens détenus par Israël a régulièrement augmenté, atteignant des niveaux records selon plusieurs ONG.
Cette mobilisation exceptionnelle en Cisjordanie rappelle aussi l’importance de la question palestinienne sur la scène internationale, alors que les négociations de paix restent au point mort depuis des années. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la réaction de la communauté internationale face à cette nouvelle escalade juridique.
Cette loi est critiquée car elle instaure une peine de mort spécifique pour les Palestiniens jugés par des tribunaux militaires, alors que les Israéliens jugés pour des crimes similaires ne sont pas soumis à cette mesure. Les Palestiniens dénoncent une discrimination juridique et un renforcement du système d’apartheid, où les lois s’appliquent différemment selon l’origine ethnique.
