Alors que l’inflation grignote le pouvoir d’achat des épargnants, les liquidités laissées inertes sur un compte courant ou un compte-titres ne rapportent plus rien. Pourtant, une solution existe désormais : les comptes rémunérés. Selon Cryptoast, de plus en plus de courtiers en ligne et de néobanques proposent des taux attractifs sur les fonds non investis, une tendance renforcée par la hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) en juin 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Le taux de rémunération des dépôts de la BCE est passé à 2,25 % depuis le 17 juin 2026, servant de référence pour les plateformes.
- Les principaux courtiers rémunèrent entre 2 % et 5 % brut selon les conditions, avec des particularités variables.
- Les néobanques comme Revolut ou N26 proposent des taux allant de 0,25 % à 2,5 %, avec des plafonds et conditions spécifiques.
- Les intérêts sont soumis à une fiscalité de 31,4 % en France depuis janvier 2026, prélevée soit à la source, soit déclarée par l’épargnant.
- Les taux sont généralement variables et indexés sur ceux de la BCE, ce qui signifie qu’ils peuvent baisser en cas de relèvement des taux.
Des taux attractifs, mais des conditions à bien étudier
Depuis plusieurs années, les épargnants subissaient une double peine : des liquidités improductives et une érosion de leur pouvoir d’achat par l’inflation. Mais depuis quelques mois, la donne a changé. Selon Cryptoast, la majorité des courtiers en ligne et certaines néobanques rémunèrent désormais les fonds non investis, une pratique devenue systématique avec le retour des taux d’intérêt élevés. Le 11 juin 2026, la BCE a relevé ses taux directeurs de 25 points de base, portant le taux de rémunération des dépôts à 2,25 % dès le 17 juin. Ce taux sert désormais de référence pour les plateformes qui proposent des rémunérations indexées.
Le principe est simple : tant que l’argent n’est pas placé en actions, ETF ou autres actifs, il génère un intérêt annuel, disponible immédiatement et sans blocage. Une solution idéale pour éviter que ses liquidités ne restent totalement stériles en attendant une opportunité d’investissement. Reste à savoir quelle plateforme choisir, car les offres varient considérablement en fonction des taux, des plafonds et des devises proposées.
Courtiers en ligne : quelles sont les meilleures rémunérations en euros ?
Chez les courtiers, la rémunération s’applique aux fonds en attente d’investissement sur un compte-titres. Selon Cryptoast, Trade Republic se distingue avec un taux de 3 % pour les nouveaux clients et 2 % pour les clients existants. Aucun plafond n’est appliqué, et les impôts sont prélevés directement avant le versement des intérêts. Autre acteur majeur, XTB propose un taux préférentiel de 2,3 % en euros pendant 90 jours pour les nouveaux clients, dans la limite de 100 000 €. Au-delà de cette période ou de ce seuil, le taux descend à 0,90 %.
D’autres courtiers comme Interactive Brokers appliquent un taux de 1,421 % en euros, mais sans rémunération sur les 10 000 premiers euros. Leur taux est indexé sur celui du marché, moins 0,5 %. Enfin, IG propose une offre promotionnelle temporaire à 5 %, mais plafonnée à 10 000 € et réservée aux clients détenant un investissement initial d’au moins 2 000 €.
Les néobanques : des alternatives pour épargner en euros
Côté néobanques, Revolut propose un taux de 2,25 % pour ses comptes Standard, Plus, Premium et Metal, et 2,5 % pour l’offre Ultra. Aucun plafond n’est fixé, mais les impôts sont prélevés à la source. bunq offre un taux de 1,51 % en euros, qui passe à 2,01 % pour la part d’épargne dépassant un seuil calculé sur le solde moyen des six derniers mois. Enfin, N26 affiche des taux variables selon les offres : 0,25 % pour Standard et Smart, 0,55 % pour Go et 1,50 % pour Metal, sans limite de dépôt.
Ces alternatives séduisent par leur simplicité et leur accessibilité, mais il faut veiller aux conditions d’ouverture et aux frais éventuels, notamment les conversions de devises ou les plafonds de rémunération.
Une fiscalité à ne pas négliger
Les intérêts perçus sur les liquidités sont considérés comme des revenus de capitaux mobiliers en France. Depuis le 1er janvier 2026, ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Les épargnants peuvent toutefois opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, une solution potentiellement avantageuse pour les faibles tranches marginales d’imposition (0 % ou 11 %).
Selon Cryptoast, la gestion de cette fiscalité diffère selon les plateformes : certaines prélèvent directement l’impôt avant de verser les intérêts, tandis que d’autres les versent en brut. Dans ce dernier cas, l’épargnant doit déclarer lui-même ces revenus et s’acquitter de l’impôt correspondant. Il est donc crucial de vérifier les modalités avant de souscrire.
Les points de vigilance avant de choisir
Plusieurs précautions s’imposent avant d’ouvrir un compte rémunéré. D’abord, les taux affichés sont souvent variables et indexés sur ceux de la BCE. Une baisse future des taux directeurs entraînera mécaniquement une diminution de la rémunération des liquidités. Ensuite, certaines offres promotionnelles sont limitées dans le temps ou réservées aux nouveaux clients. IG, par exemple, propose un taux de 5 % jusqu’à un certain plafond, mais cette rémunération exceptionnelle ne durera pas.
Enfin, les conditions varient énormément d’une plateforme à l’autre : plafonds, devises éligibles, frais de conversion, ou encore seuils minimums. Interactive Brokers ne rémunère pas les 10 000 premiers euros, tandis que XTB réserve son taux préférentiel aux clients déposant plus de 100 000 €. Il est donc essentiel de comparer les offres en fonction de son profil et de ses besoins.
Reste à savoir si les courtiers et néobanques continueront à proposer des taux compétitifs, ou si la concurrence et la baisse des taux directeurs viendront réduire ces rendements. Une chose est sûre : avec une inflation persistante, l’argent doit travailler, même en attendant une opportunité d’investissement.
Chez un courtier, ce sont les fonds en attente d’investissement sur un compte-titres qui sont rémunérés. Chez une néobanque, il s’agit d’un compte d’épargne dédié, distinct du compte courant, qui génère des intérêts sur les liquidités disponibles.
Non. La plupart des taux proposés sont variables et indexés sur le taux de la BCE. En cas de baisse des taux directeurs, la rémunération des liquidités diminuera en conséquence. Les taux affichés ne sont donc pas figés.