Pour sa 62e édition, le célèbre concours Wildlife Photographer of the Year, organisé chaque année par le Muséum d’histoire naturelle de Londres, a reçu un nombre record de participations. Selon Futura Sciences, l’édition 2026 a enregistré 65 403 candidatures en provenance de 121 pays et territoires, battant ainsi tous les précédents records.
Ce qu'il faut retenir
- 65 403 images ont été soumises par des photographes amateurs et professionnels issus de 121 pays, un record pour le concours.
- Seules 100 photographies ont été sélectionnées par un jury international de spécialistes, après une évaluation anonyme.
- Les clichés retenus couvrent des scènes animales rares, drôles ou tendues, comme un ours polaire observant un phoque ou un léopard poursuivi un écureuil.
- Les lauréats seront dévoilés le 13 octobre 2026 lors d’une cérémonie à Londres, avant une exposition publique à partir du 16 octobre.
- L’exposition intégrera l’Indice d’intégrité de la biodiversité du Muséum, rappelant la fragilité des écosystèmes.
Cette sélection préliminaire, dévoilée fin août 2026, offre un premier aperçu de la diversité et de la qualité des images en lice. Parmi les clichés retenus, certains se distinguent par leur rareté ou leur capacité à capturer des instants de vie animale souvent invisibles au grand public.
L’ours polaire photographié par Audun Rikardsen au-dessus d’un trou de respiration de phoque en Arctique illustre cette quête d’images rares. « On imagine mal la tension d’un prédateur aux aguets dans un environnement aussi hostile », souligne le photographe norvégien. Ce cliché, pris dans la banquise arctique, rappelle également l’impact du réchauffement climatique sur les écosystèmes polaires.
Autre scène marquante : la proximité entre un rhinocéros blanc et un piquebœuf à bec rouge, capturée par Ernest Porter. Ce dernier explique que l’oiseau, en se nourrissant des parasites présents sur la peau du mammifère, joue un rôle mutualiste essentiel. « Leur relation est un exemple parfait de symbiose naturelle », précise-t-il.
D’autres images, plus insolites, mettent en lumière des comportements animaux inattendus. Jack Crockford a immortalisé un martinet en vol devant un avion approchant de l’aéroport londonien d’Heathrow. « Cette scène souligne la résilience de ces oiseaux migrateurs, capables de naviguer dans des environnements urbains saturés », commente le photographe britannique. Une composition qui rappelle aussi l’adaptation des espèces face à l’expansion humaine.
Côté africain, Allegra Hutton a saisi un jeune léopard en pleine poursuite d’un écureuil dans les arbres du delta de l’Okavango, au Botswana. Le félin, maladroit et finalement vaincu, incarne la précocité des apprentissages chez les prédateurs. « Ces instants, bien que fugaces, révèlent la complexité des interactions au sein des écosystèmes », explique Hutton.
Parmi les autres clichés remarqués, celui de Sora Miyazawa, qui a photographié un crapaud japonais de l’Est traversant une rue de Tokyo après la pluie. Une image qui illustre la capacité de certains amphibiens à survivre dans des milieux urbanisés. « Ce crapaud symbolise l’adaptation des espèces à des environnements modifiés par l’homme », note le photographe japonais.
Le jury, composé d’experts en photographie, sciences et conservation, a sélectionné ces images selon des critères stricts : originalité, qualité technique et capacité à raconter une histoire. « Chaque photo doit apporter quelque chose de nouveau, que ce soit par son angle, son sujet ou son message écologique », a indiqué un membre du jury sous couvert d’anonymat.
L’exposition finale, prévue à partir du 16 octobre 2026, proposera une immersion dans ces paysages naturels, mais aussi un rappel sur la nécessité de préserver la biodiversité. L’Indice d’intégrité de la biodiversité, développé par le Muséum, sera intégré à l’exposition. Cet outil scientifique mesure la part de biodiversité naturelle encore présente dans différentes régions du monde, offrant ainsi une perspective concrète sur l’état des écosystèmes.
« Ces images ne sont pas seulement de belles photographies, elles sont aussi un appel à l’action », a rappelé un porte-parole du Muséum. « Elles montrent la beauté du vivant, mais aussi sa fragilité face aux pressions anthropiques. »
Pour l’heure, les 65 403 images soumises restent en compétition, et seul un petit nombre a été révélé. La sélection finale promet encore des surprises, tant par la diversité des sujets que par la maîtrise technique des photographes. Une chose est sûre : ces images continueront de rappeler, à travers le monde, la nécessité de protéger un patrimoine naturel en péril.