Selon BFM - Faits Divers, l’influenceuse d’extrême droite Thaïs d’Escufon a été condamnée, jeudi 18 juin 2026, à une amende de 1 000 euros pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation ou la race ». La décision du tribunal correctionnel de Paris s’appuie sur des propos tenus en direct sur BFMTV le 18 décembre 2023, où elle avait affirmé que « le premier danger pour les femmes en France, c’est l’immigration et son bilan désastreux », avant de préciser que ces dangers seraient principalement incarnés par « les immigrés africains noirs et arabes ».
Ce qu'il faut retenir
- Condamnation : Thaïs d’Escufon écope d’une amende de 1 000 euros pour « injure publique » liée à des propos tenus sur BFMTV en décembre 2023.
- Propos incriminés : Elle a déclaré que « le premier danger pour les femmes en France, c’est l’immigration », puis précisé que cela concernait « les immigrés africains noirs et arabes ».
- Contexte : Ces déclarations ont été formulées lors d’un débat sur une affaire de viol impliquant un individu sous OQTF, médiatisée à l’époque.
- Réactions en plateau : Un journaliste de BFMTV a immédiatement contesté ses propos, rappelant que « le principal danger pour les femmes, ce sont les hommes », quel que soit leur origine.
- Signalement : Le lendemain de l’émission, Olivier Klein, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, a signalé ces propos au procureur de la République de Paris.
- Absence de remise en question : Le tribunal a retenu comme circonstance aggravante l’absence totale de remise en question de sa part lors du jugement.
Un échange tendu sur BFMTV en décembre 2023
Le 18 décembre 2023, Thaïs d’Escufon, alors invitée sur le plateau de BFMTV, participait à un débat sur l’immigration, sujet devenu central après la médiatisation d’une affaire de viol commis par un homme sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). L’influenceuse, ancienne porte-parole du groupuscule Génération identitaire – dissous en mai 2021 –, avait lancé une diatribe contre « l’immigration incontrôlée », avant d’ajouter : « Aujourd’hui, le premier danger pour les femmes en France, c’est l’immigration et son bilan désastreux. »
Un échange vif s’est ensuivi avec le journaliste présent en plateau. Alors que ce dernier rappelait que « le principal danger pour les femmes, ce sont les hommes, quel que soit leur origine », Thaïs d’Escufon avait rétorqué : « Ce sont les hommes, immigrés africains noirs et arabes. » Le journaliste avait alors répliqué en insistant sur le fait que « l’écrasante majorité des agresseurs des femmes sont des hommes, quelle que soit leur origine » et que « la moitié des plaintes déposées par les femmes concernent des proches : conjoints, parents, amis ou collègues ».
Ces propos, rapidement relayés sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive polémique. Dès le lendemain, Olivier Klein, délégué interministériel auprès de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), a saisi le procureur de la République de Paris pour signaler ces déclarations.
Un jugement sans appel sur le caractère discriminatoire des propos
Dans son jugement rendu public le 18 juin 2026, le tribunal correctionnel de Paris a considéré que les propos de Thaïs d’Escufon visaient « un groupe de personnes déterminées par leur origine africaine, mais aussi de façon ethnicisante ou racialisante par le fait qu’elles sont ‘noires et arabes’ ». Le tribunal a souligné que l’influenceuse les présentait comme « le principal danger pour les femmes », alors que les faits évoqués concernaient des violences commises contre des femmes.
Le tribunal a retenu que sa formulation était « péremptoire, généralisante et essentialisante ». Il a également noté que Thaïs d’Escufon avait elle-même admis, lors de son intervention, s’appuyer sur un simple « ressenti », alors que le journaliste lui opposait l’absence de statistiques ethniques. Pour les magistrats, ces propos constituent une « injure envers un groupe de personnes à raison de l’origine, l’ethnie ou la race ».
La condamnation à une amende de 1 000 euros a été prononcée « compte tenu également de l’absence de toute remise en question de sa part », précise le jugement. Une absence de contrition qui a pesé dans la décision des juges.
Un parcours judiciaire déjà marqué par des condamnations
Thaïs d’Escufon n’en est pas à sa première condamnation. Le 23 mars 2026, la cour d’appel d’Aix-en-Provence l’a déjà condamnée à huit mois d’emprisonnement avec sursis ainsi qu’à une interdiction de séjour à Marseille pendant trois ans pour « violences volontaires ». Ces faits remontaient à une intrusion dans les locaux de l’association SOS Méditerranée, où elle avait déployé deux banderoles portant l’inscription « SOS Méditerranée COMPLICE DU TRAFIC D’ÊTRES HUMAINS – GÉNÉRATION IDENTITAIRE ».
Selon BFM - Faits Divers, l’influenceuse a indiqué avoir formé un pourvoi en cassation contre cette condamnation. Son avocat n’a pas répondu à une demande de réaction de la part de notre rédaction.
Un débat récurrent sur les frontières entre liberté d’expression et propos discriminatoires
Cette affaire illustre les tensions persistantes autour des discours tenus par les figures de l’extrême droite en France, notamment sur les questions migratoires. Les propos de Thaïs d’Escufon, bien que formulés dans un cadre médiatique, ont été jugés contraires à la loi sur la lutte contre les discriminations. Le tribunal a rappelé que, même dans un débat public, les propos tenus ne sauraient cibler un groupe en fonction de son origine ou de son ethnie sans risquer de tomber sous le coup de la loi.
Cette condamnation intervient alors que les questions liées à l’immigration et à la sécurité restent des sujets sensibles dans le débat politique français. Les associations antiracistes et les institutions chargées de la lutte contre les discriminations continuent de surveiller de près les discours publics pouvant inciter à la haine ou à la stigmatisation.
Cette affaire rappelle également l’importance des mécanismes de signalement et de traitement des propos discriminatoires, notamment via les institutions comme la DILCRAH. Les prochaines étapes judiciaires pourraient apporter des éclaircissements sur la ligne de partage entre liberté d’expression et limites légales dans les discours publics.
Selon BFM - Faits Divers, Thaïs d’Escufon a indiqué avoir formé un pourvoi en cassation contre sa condamnation. Elle pourrait également contester cette décision en appel, comme elle l’a déjà fait pour une précédente condamnation.
L’injure publique consiste à tenir des propos méprisants ou humiliants envers une personne ou un groupe en raison de leur origine, ethnie ou religion, sans nécessairement imputer un fait précis. La diffamation, en revanche, implique l’imputation d’un fait précis de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne ou d’un groupe. Dans cette affaire, les propos de Thaïs d’Escufon ont été qualifiés d’injure publique en raison de leur caractère généralisant et discriminatoire.