Le tennisman français Corentin Moutet a été condamné à régler une amende de 40 000 dollars (environ 35 000 euros) pour avoir tenu des propos grossiers lors d’une interview à la BBC, après son match au tournoi du Queen’s, selon RMC Sport. La sanction, qualifiée de lourde par plusieurs observateurs, intervient après que le joueur a ignoré la demande de modérer son langage, répétant à sept reprises le mot « fuck » sur le micro, alors qu’il plaisantait sur la puissance du service adverse.

Le 36e joueur mondial au classement ATP, éliminé en huitièmes de finale par Alejandro Davidovich Fokina, a écopé de cette amende pour « comportement non sportif ». Selon RMC Sport, qui révèle le montant exact, Moutet a annoncé son intention de faire appel de la décision, jugeant la sanction particulièrement sévère au regard de ses gains obtenus sur le tournoi.

Ce qu'il faut retenir

  • 40 000 dollars (environ 35 000 euros) : montant de l’amende infligée à Corentin Moutet par les autorités du tournoi du Queen’s pour propos grossiers.
  • 7 fois : nombre de fois où le mot « fuck » a été répété par le joueur lors de son interview à la BBC.
  • 36e mondial : classement ATP de Corentin Moutet au moment de la sanction.
  • 38 000 euros : prize-money gagné par Moutet lors du tournoi, somme à peine suffisante pour couvrir l’amende.
  • 8es de finale : tour atteint par Moutet au Queen’s avant d’être battu par Alejandro Davidovich Fokina.
  • Moutet a annoncé son intention de faire appel de la décision.

Une interview qui tourne au vif débat

Tout a commencé après la victoire de Corentin Moutet face à son compatriote Giovanni Mpetshi Perricard (6-7, 6-4, 7-6) en 16es de finale. Lors de l’interview d’après-match diffusée sur les ondes de la BBC, le Français a été interrogé sur le service surpuissant de son adversaire au moment de la balle de match. Un ace à 228 km/h, record de vitesse pour le tournoi, avait alors laissé Moutet sans voix, le poussant à s’exclamer : « fuck (merde ou fait chier, en français, NDLR), je vais devoir servir ».

D’après le compte-rendu de RMC Sport, le joueur n’a pas tenu compte de l’invitation à surveiller son langage, répétant l’expression à plusieurs reprises, sourire aux lèvres. Si la scène a semblé amuser les spectateurs présents sur place, le média britannique a, lui, pris la situation très au sérieux, transmettant le dossier aux autorités compétentes du tournoi pour sanction.

Une sanction record qui interroge

L’amende de 40 000 dollars, soit près de 35 000 euros, est l’une des plus lourdes jamais infligées pour des propos tenus lors d’une interview à l’issue d’un match de tennis. À titre de comparaison, les sanctions pour langage inapproprié dans le sport professionnel restent généralement bien inférieures, même si elles varient selon les fédérations et les tournois. Pour Moutet, cette somme représente presque l’intégralité de ses gains sur le tournoi du Queen’s, où il avait remporté 38 000 euros en prix.

Selon RMC Sport, qui cite un confrère anglais présent sur place, le joueur a immédiatement réagi en annonçant son intention de contester la décision. Une stratégie qui pourrait lui permettre de réduire, voire d’annuler, le montant de l’amende. Interrogé sur les motifs de sa réaction, Moutet a simplement indiqué qu’il « ne comprenait pas la sévérité de la sanction », estimant que ses propos relevaient davantage de l’humour que d’un manque de respect envers l’adversaire ou le public.

Le tennis, un sport sous surveillance médiatique

Cet incident met en lumière la pression croissante exercée sur les athlètes pour qu’ils adoptent un comportement irréprochable, y compris dans des contextes informels comme les interviews. Les tournois du circuit ATP sont de plus en plus stricts sur les questions de langage et de tenue, en partie pour préserver l’image du sport auprès des sponsors et du grand public. La BBC, chaîne publique britannique, est connue pour son exigence en matière de respect des codes médiatiques, ce qui explique probablement la transmission rapide du dossier aux autorités du Queen’s.

Pourtant, certains observateurs s’interrogent sur la proportionnalité de la sanction. Le tennis, contrairement à d’autres sports comme le football, tolère généralement une certaine liberté de ton dans les interviews, surtout lorsque les joueurs sont sous le coup de l’émotion. Reste à savoir si cette amende servira d’exemple ou si elle sera perçue comme excessive, notamment par les joueurs français, dont Moutet est l’un des représentants les plus en vue.

Et maintenant ?

Corentin Moutet dispose désormais d’un délai pour déposer officiellement son recours contre la sanction. Si la procédure est engagée avant la fin du mois de juin 2026, la décision pourrait être réexaminée d’ici quelques semaines, voire quelques mois, selon les disponibilités des instances disciplinaires. En attendant, le joueur devra s’acquitter de l’amende, à moins qu’un accord ne soit trouvé avec les organisateurs du tournoi.

Par ailleurs, cet incident pourrait inciter la Fédération Française de Tennis à rappeler à ses joueurs les règles de bienséance en matière d’interviews, surtout lors des tournois internationaux où la médiatisation est maximale. Une chose est sûre : l’épisode du « fuck » répété sept fois restera dans les mémoires, bien au-delà des courts du Queen’s.

Quant à savoir si Moutet fera effectivement appel, cela dépendra de plusieurs facteurs, dont l’impact médiatique de la sanction et les conseils de son équipe juridique. Une chose est certaine : avec une amende représentant près de 90 % de ses gains sur le tournoi, le Français a tout intérêt à obtenir gain de cause.

La BBC, en tant que média public britannique, applique des standards stricts en matière de langage et de respect des règles de bienséance. Les propos tenus par Moutet, bien que prononcés sur un ton humoristique, ont été jugés contraires aux codes médiatiques, d’où leur transmission aux autorités du tournoi pour sanction.

Les amendes pour langage inapproprié varient généralement entre 1 000 et 10 000 dollars selon les tournois et la gravité des propos. Une sanction de 40 000 dollars reste donc exceptionnelle, voire record dans l’histoire récente du tennis professionnel.