La décision de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer la victoire du Maroc contre le Sénégal lors de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2025 pourrait coûter bien plus qu’un simple match au royaume chérifien. C’est ce que souligne Fouad Abdelmoumni, militant des droits humains et observateur du football africain, dans une tribune publiée par Le Monde. Selon lui, cette sanction compromet le travail de longue haleine mené par le Maroc pour gagner la sympathie du continent et de la communauté internationale.
Ce qu'il faut retenir
- Le Maroc a vu sa victoire contre le Sénégal à la CAN 2025 annulée par la CAF pour des raisons disciplinaires.
- Fouad Abdelmoumni, militant des droits humains, qualifie cette décision de « cadeau empoisonné » pour le Maroc dans Le Monde.
- Cette sanction menace l’image diplomatique et sportive que le Maroc a patiemment construite en Afrique depuis des années.
- Le pays mise depuis des décennies sur le soft power sportif pour renforcer son influence continentale.
Une décision aux conséquences diplomatiques et sportives
Selon Fouad Abdelmoumni, la décision de la CAF s’apparente à un « cadeau empoisonné ». Dans sa tribune publiée par Le Monde, il explique que cette sanction, bien que justifiée sur le plan disciplinaire, porte un coup dur à la stratégie d’influence du Maroc en Afrique. « Le Maroc perd beaucoup plus qu’il ne gagne », écrit-il, soulignant que la réputation du pays sur la scène africaine et internationale est en jeu. Autant dire que ce revers sportif pourrait fragiliser des années d’efforts diplomatiques et économiques visant à positionner le royaume comme un acteur majeur du continent.
Le militant rappelle que le Maroc a investi des ressources considérables pour se forger une image positive en Afrique. Entre l’organisation d’événements sportifs, les investissements économiques et les partenariats culturels, Rabat a longtemps misé sur le football comme levier de soft power. Or, cette sanction sportive pourrait avoir des répercussions bien au-delà du terrain, notamment en matière de relations bilatérales et de perception internationale.
Le football comme outil de diplomatie
Depuis les années 1980, le Maroc utilise le football comme un outil de diplomatie et de rapprochement avec les autres nations africaines. En accueillant des compétitions majeures comme la Coupe d’Afrique des nations 1988 ou en investissant dans des clubs locaux, le pays a cherché à se présenter comme un partenaire fiable et solidaire. Cette approche a permis au royaume de renforcer son influence politique et économique sur le continent, notamment dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest.
Cependant, cette stratégie repose en grande partie sur la crédibilité sportive du Maroc. Une série de contre-performances ou des décisions controversées, comme celle concernant le match contre le Sénégal, risquent de saper cette image. « Le Maroc a construit une réputation de sérieux et de professionnalisme dans le football africain, rappelle Abdelmoumni. Cette sanction jette une ombre sur cet édifice. »
Un revers pour la diplomatie marocaine
Au-delà du sport, cette décision pourrait affaiblir la position du Maroc dans les négociations africaines et internationales. Le pays est en effet engagé dans des projets majeurs sur le continent, comme la candidature conjointe avec l’Espagne et le Portugal pour l’organisation de la Coupe du monde 2030 ou encore son rôle dans les instances africaines. Une image ternie par des polémiques sportives pourrait compliquer ces ambitions.
Par ailleurs, cette affaire intervient à un moment où le Maroc cherche à consolider son rôle de médiateur en Afrique, notamment dans les crises régionales. Une perte de crédibilité sportive pourrait donc se répercuter sur sa capacité à jouer un rôle diplomatique de premier plan. « Le football n’est pas qu’un sport, c’est aussi un langage universel qui parle au-delà des frontières », estime le militant.
Dans l’immédiat, les réactions des autres pays africains et des instances sportives internationales seront déterminantes. Le Sénégal, concerné par cette affaire, n’a pour l’heure pas réagi officiellement, mais les tensions entre les deux nations pourraient s’exacerber. Quant à la CAF, elle devra justifier sa décision pour éviter d’être accusée de partialité ou de manque de transparence.
