Selon Courrier International, la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada pourrait bien réserver une surprise inattendue : la victoire des nations abritant le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux. Une théorie originale, popularisée par un photographe australien et reprise par un journaliste britannique passionné d’ornithologie et de football, soulève des questions sur les liens entre biodiversité et succès sportifs.

Ce qu'il faut retenir

  • Selon la théorie du photographe australien Nick Volpe, les sept premiers matchs de la Coupe du monde 2026 ont été remportés par les pays abritant le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux.
  • Les États-Unis ont battu le Paraguay 4-1, avec un ratio de 1 167 espèces d’oiseaux contre 712 pour le Paraguay.
  • Jacob Whitehead, journaliste britannique, explore cette hypothèse dans une chronique publiée par The Athletic et reprise par le New York Times.
  • Plusieurs explications sont avancées : étendue territoriale, climat varié, opportunités économiques et vivier de talents plus large dans les pays biodiversifiés.
  • L’auteur admet toutefois que le lien de causalité entre biodiversité et victoire sportive reste « discutable ».

Une théorie née d’une observation et d’une passion

Jacob Whitehead, journaliste britannique spécialisé dans le sport et l’ornithologie, a combiné ses deux passions lors de la Coupe du monde 2026. Comme il le raconte dans une chronique publiée par The Athletic et reprise par le New York Times, il se trouvait dans les Cornouailles trois jours avant d’assister au match entre la Corée du Sud et la Tchéquie au stade de Guadalajara, au Mexique. « Certes, il n’est pas toujours facile de dénicher certains oiseaux, ou certains footballeurs. Et pour les uns comme pour les autres, il faut généralement passer beaucoup de temps assis, aux aguets, et attendre », écrit-il.

Cette réflexion l’a conduit à s’interroger sur les points communs entre le monde des oiseaux et celui du football. « Et si le monde des oiseaux et celui du football n’étaient pas si distincts qu’on pourrait le croire ? C’est ce que ce Mondial semble démontrer », ajoute-t-il.

Nick Volpe et l’hypothèse des espèces d’oiseaux

C’est dans la nuit du 14 au 15 juin 2026 que Nick Volpe, photographe australien, publie sur les réseaux sociaux une observation pour le moins surprenante. Selon lui, à une exception près, les sept premiers matchs de la Coupe du monde 2026 ont été remportés par les pays abritant le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux. Une coïncidence qui mérite d’être explorée, d’autant que les exemples sont nombreux :

  • États-Unis vs Paraguay : 1 167 espèces d’oiseaux contre 712, score final 4-1 pour les États-Unis.
  • Écosse vs Haïti : victoire de l’Écosse, pays connu pour sa biodiversité aviaire.
  • Australie vs Turquie : l’Australie, avec sa faune et sa flore diversifiées, s’impose face à la Turquie.
  • Allemagne vs Curaçao : l’Allemagne, pays au riche patrimoine écologique, remporte le match.

Des explications entre biodiversité et performance sportive

Jacob Whitehead émet plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène. D’abord, les pays les plus étendus, dotés de climats variés et d’habitats diversifiés, bénéficient d’une biodiversité plus riche – et donc d’un plus grand nombre d’espèces d’oiseaux. Ces pays disposent également de meilleures opportunités économiques, ce qui leur permet de financer des infrastructures sportives performantes et des programmes de formation pour les athlètes.

Une autre piste avancée par la mère de l’auteur, également ornithologue amatrice, suggère que les schémas de migration des oiseaux suivent les climats les plus propices à la pratique du football. Autrement dit, les régions où les conditions climatiques favorisent la pratique sportive attireraient à la fois les oiseaux migrateurs et les talents sportifs. « La mère de l’auteur avance quant à elle que les schémas de migration des oiseaux suivent les climats les plus propices à la pratique du football », précise Whitehead.

Un lien séduisant, mais discutable

Si l’idée d’une Coupe du monde rapprochant les peuples et rendant les frontières internationales moins concrètes – comme pour les oiseaux – séduit l’auteur, il reste prudent sur la validité scientifique de cette théorie. « Difficile, pourtant, de croire que les oiseaux sont la clé pour prédire à coup sûr les résultats de la compétition. Le lien de causalité demeure “discutable”, admet Whitehead, presque à contrecœur. »

En effet, malgré les sept victoires consécutives des pays les plus riches en espèces aviaires, le journaliste reconnaît que cette corrélation ne suffit pas à établir une causalité. D’autres facteurs, comme la qualité des joueurs, la stratégie tactique ou la préparation physique, jouent un rôle déterminant dans le résultat des matchs. « Faut-il y voir une simple coïncidence ou bien la manifestation de vérités anthropologiques et biologiques plus profondes ? », s’interroge Whitehead.

« Les États-Unis et les joueurs de l’USMNT [l’équipe nationale américaine] n’ont pas seulement battu le Paraguay 4-1, ils les écrasent à plate couture avec 1 167 espèces d’oiseaux contre 712. » — Jacob Whitehead, journaliste britannique.

Une théorie qui interroge la science et le sport

Cette théorie insolite soulève des questions plus larges sur les interactions entre environnement, biodiversité et performance humaine. Elle rappelle que les pays disposant d’un écosystème riche et varié offrent souvent des conditions de vie favorables, ce qui peut indirectement influencer leur capacité à développer des infrastructures sportives de haut niveau. « Les pays les plus étendus, disposant de climats variés et de différents types d’habitat, jouissent d’une biodiversité plus riche – donc de plus d’oiseaux – et de plus d’opportunités économiques. De quoi financer les infrastructures sportives et la formation des athlètes », explique Whitehead.

Pourtant, comme il le souligne, cette hypothèse ne peut être généralisée. D’autres exemples, comme la victoire du Brésil ou de l’Argentine, deux pays également riches en biodiversité, mais dont les performances récentes ne suivent pas nécessairement cette règle, montrent que d’autres paramètres entrent en jeu.

Et maintenant ?

Si cette théorie reste anecdotique et ne peut servir de base pour prédire l’issue de la Coupe du monde 2026, elle offre une perspective originale pour aborder le lien entre environnement et sport. Les prochains matchs pourraient-ils confirmer ou infirmer cette hypothèse ? La question reste ouverte, mais une chose est sûre : le débat est lancé. Les scientifiques et les amateurs de football auront l’occasion d’y réfléchir jusqu’à la fin du tournoi, prévue le 19 juillet 2026.

Selon Jacob Whitehead, cette théorie pourrait aussi inspirer une réflexion plus large sur la manière dont la nature influence nos activités humaines. « L’idée d’une Coupe du monde rapprochant les peuples et rendant les frontières internationales moins concrètes – comme pour les oiseaux – avait tout pour le séduire », rappelle-t-il.

Si les États-Unis et l’Australie abritent effectivement une biodiversité aviaire importante, d’autres facteurs entrent en jeu pour expliquer leurs performances sportives. La qualité des infrastructures, la formation des joueurs, les stratégies tactiques et l’investissement financier dans le sport sont tout aussi déterminants. La théorie de Nick Volpe et Jacob Whitehead ne prétend pas expliquer à elle seule les résultats, mais elle soulève une question intéressante sur les liens entre environnement et succès sportif.