Après quarante ans d’attente, l’équipe d’Irak dispute enfin sa première Coupe du monde depuis 1986. Un événement historique pour ce pays de 46 millions d’habitants, mais qui se déroule dans des conditions particulières aux États-Unis. Selon RMC Sport, la délégation irakienne a dû faire face à des difficultés administratives majeures pour entrer sur le territoire américain, poussant la diaspora irakienne à Boston à promettre une ambiance « bouillante » pour compenser l’absence des supporters sur place. Le match contre la Norvège, prévu dans la nuit de mardi à mercredi (minuit, heure française) au stade de Foxborough, s’annonce sous haute tension.

Ce qu'il faut retenir

  • La sélection irakienne participe à sa première Coupe du monde depuis 1986.
  • 40 000 à 50 000 supporters irakiens sont attendus au stade de Foxborough pour soutenir leur équipe.
  • Plusieurs membres de la délégation (photographe officiel, joueurs) ont été bloqués ou interrogés à leur arrivée aux États-Unis.
  • La diaspora irakienne aux États-Unis compte plus de 150 000 personnes, principalement installées entre Detroit et Chicago.
  • Le groupe de l’Irak en Coupe du monde 2026 inclut la Norvège, la France et le Sénégal.

Selon les informations rapportées par RMC Sport, la joie des supporters irakiens a rapidement laissé place à la frustration après le refus systématique des autorités américaines de délivrer des visas à leurs compatriotes souhaitant assister au Mondial. Un photographe officiel de la sélection a été refoulé dès son arrivée, tandis qu’Aymen Hussein, attaquant vedette de l’équipe, a été interrogé pendant sept heures à l’aéroport de Chicago. Malgré ces obstacles, la majeure partie de la délégation a finalement pu entrer sur le sol américain, mais ni les supporters ni les journalistes irakiens n’ont obtenu leur visa.

Face à cette situation, la diaspora irakienne installée aux États-Unis a décidé de prendre le relais. À Detroit, Nabhan, un Irakien exilé, s’est fait le porte-parole de cette mobilisation : « Vous serez au stade ? Vous allez vous croire à Bagdad. Nous serons 40 000, 50 000 dans le stade ! » Une promesse qui prend tout son sens alors que la communauté irakienne aux États-Unis, forte de plus de 150 000 personnes, s’est massivement rassemblée dans la région de Boston, entre le Michigan et Chicago. C’est dans cette zone que vit la majorité des supporters prêts à enflammer les tribunes du Foxborough Stadium.

Parmi eux, Abdullah, un Irakien installé à Seattle, exprime son amertume tout en soulignant l’importance de cette mobilisation : « C’est très malheureux, regrette-t-il. J’espère que, dans le futur, ce sera plus simple pour venir en Amérique. Mais que peut-on faire ? Il faut prier pour le meilleur. » L’homme, qui n’était pas né en 1986, a grandi avec les récits de la première participation de l’Irak à une Coupe du monde. « Ma famille, mes grands-parents m’ont raconté la fierté. J’ai vu les images à la télévision aussi, bien sûr. Depuis, j’ai toujours espéré un retour en Coupe du monde, et ça y est. »

Le sélectionneur de l’équipe, l’Australien Graham Arnold, tente quant à lui de garder un ton positif malgré le contexte tendu. « C’est un souci pour les familles des joueurs, évidemment, admet-il. Mais l’accueil a été bon, l’hôtel est exceptionnel, le centre d’entraînement incroyable. C’est très excitant, et le côté positif, c’est que nous sommes à la Coupe du monde ! » Une remarque qui contraste avec les difficultés rencontrées par la délégation, mais qui reflète l’état d’esprit d’une équipe déterminée à représenter au mieux son pays.

Pour Nabhan, qui assistera au match avec sa famille, l’enjeu dépasse le simple cadre sportif. « Je suis tellement heureux, confie-t-il. Quarante ans d’attente, vous imaginez ! » Son t-shirt noir imprimé « Iraq World Cup 26 » symbolise cette attente interminable, mais aussi l’espoir d’un nouveau départ. « Bien sûr, le groupe est difficile : Norvège, France, Sénégal. Mais beaucoup de petites équipes ont réussi de grandes choses dans ce Mondial. Les miracles existent. J’y crois, moi, aux miracles ! »

Et maintenant ?

La rencontre contre la Norvège s’annonce comme un premier test décisif pour l’Irak dans ce groupe D, considéré comme l’un des plus relevés de la compétition. Si la victoire semble compliquée face à des Norvégiens expérimentés, l’enjeu pour les Lions de la Mésopotamie sera de montrer leur potentiel et de créer la surprise. Leur prochain match est prévu face au Sénégal, une autre équipe africaine redoutable, avant un choc contre la France. D’ici là, la mobilisation de la diaspora irakienne pourrait jouer un rôle psychologique non négligeable pour l’équipe.

Sur le plan administratif, la question des visas pour les prochains tournois internationaux reste entière. Les autorités américaines n’ont pas communiqué sur d’éventuels assouplissements pour les prochaines compétitions. Pour l’Irak, qui n’a pas participé à une Coupe du monde depuis quarante ans, cette édition 2026 représente une opportunité historique de briller sur la scène mondiale, malgré les embûches.

Les autorités américaines ont refusé de délivrer des visas à la majorité des supporters et journalistes irakiens souhaitant se rendre aux États-Unis pour soutenir leur équipe. Seuls les membres de la délégation officielle ont pu entrer sur le territoire, après des contrôles prolongés pour certains, comme l’attaquant Aymen Hussein, interrogé pendant sept heures à l’aéroport de Chicago.

Selon les autorités américaines, la diaspora irakienne aux États-Unis compte plus de 150 000 personnes, principalement installées dans les États du Michigan et de l’Illinois, où se trouve une forte concentration de communautés irakiennes.