Le match Brésil-Maroc, qui s’est soldé par un match nul (1-1) dans la nuit du 13 au 14 juin 2026 au New Jersey, a marqué les esprits bien au-delà de son résultat. Selon Courrier International, c’est en réalité la conférence de presse d’avant-match, organisée la veille au même endroit, qui a suscité l’attention des observateurs. Un incident linguistique, devenu viral sur les réseaux sociaux, a en effet mis en lumière les règles strictes imposées par la Fifa concernant les langues autorisées lors de ces échanges.

Ce qu'il faut retenir

  • Un journaliste mexicain a tenté de poser une question en espagnol à Achraf Hakimi, défenseur marocain, lors d’une conférence de presse le 12 juin 2026 à East Rutherford (États-Unis).
  • Un modérateur de la Fifa a immédiatement interrompu l’intervention en déclarant : « En español, no », faute de traducteur disponible.
  • La Fifa n’interdit pas l’espagnol en soi, mais restreint son usage aux conférences où les sélections des pays hispanophones participants sont impliquées, sauf demande expresse.
  • Les langues autorisées lors des conférences de presse dépendent des équipes en lice : anglais, langue des deux équipes, et parfois d’autres langues comme l’italien.
  • Vinicius Júnior, attaquant brésilien, a dû renoncer à une question en espagnol avant le match, faute de traducteur, et s’est muni d’une oreillette pour comprendre la traduction en anglais.

Un incident médiatique lors d’un match attendu

Le choc entre le Brésil et le Maroc, deux favoris du groupe C, était l’un des matchs les plus attendus de la phase de poules de la Coupe du monde 2026. Dans la nuit du 13 au 14 juin, les deux équipes ont livré une rencontre équilibrée, se terminant sur un score nul (1-1) au MetLife Stadium d’East Rutherford. Pourtant, c’est un détail en marge de la conférence de presse organisée la veille, le 12 juin, qui a capté l’attention des médias internationaux.

Rodrigo Ornelas, journaliste de la chaîne mexicaine TV Azteca Deportes, a tenté de s’adresser en espagnol à Achraf Hakimi, défenseur marocain né et élevé à Madrid, connu pour sa maîtrise de plusieurs langues. Dès les premiers mots, un modérateur de la Fifa est intervenu pour signifier l’interdiction des questions dans cette langue : « En español, no », a-t-il répété fermement. Une intervention qui a rapidement enflammé les réseaux sociaux et déclenché une vague de spéculations.

La Fifa justifie sa position par des raisons pratiques

Face à la confusion suscitée en ligne, la Fifa a rapidement clarifié sa position. Selon les explications rapportées par El País, l’instance dirigeante applique un protocole strict pour « garantir la fluidité des conférences de presse et faciliter le travail des traducteurs en temps réel ». L’absence de traducteur hispanophone lors de cette conférence explique donc l’interdiction ponctuelle de l’espagnol. Hakimi, polyglotte et francophone, a d’ailleurs confirmé avoir compris la question et proposé de répondre en anglais, solution retenue par le modérateur.

Les règles de la Fifa en matière de langues lors des conférences de presse ne sont pas nouvelles. Comme l’a détaillé El País, seules les langues des deux équipes en lice sont systématiquement autorisées, ainsi que l’anglais. Pour le Brésil-Maroc, cela incluait donc le portugais, l’arabe, le français – « largement répandu au Maroc en raison de son passé colonial » – et même l’italien, exception faite à la demande du Brésil pour son sélectionneur, Carlo Ancelotti, de nationalité italienne.

L’espagnol, une langue sous conditions aux États-Unis

L’incident a soulevé des questions légitimes : la Fifa oserait-elle interdire l’espagnol sur le sol américain, alors que cette langue est la seconde la plus parlée aux États-Unis et la langue nationale du Mexique, l’un des trois pays organisateurs du Mondial 2026 ? Selon Excélsior, rien n’est moins sûr. Le quotidien mexicain précise que les questions en espagnol sont autorisées lors des conférences de presse « si les sélections du Mexique, d’Espagne, d’Argentine, d’Uruguay, de Colombie, d’Équateur ou du Paraguay sont impliquées », sauf si d’autres fédérations en font la demande expresse.

Dans le cas des matchs disputés aux États-Unis et au Canada, cette règle s’applique donc de manière sélective. Par exemple, lors d’une rencontre opposant le Brésil au Maroc, l’espagnol n’est pas autorisé par défaut, sauf si l’une des équipes hispanophones mentionnées ci-dessus est concernée ou si une demande spécifique est formulée. Cette logique vise à éviter les perturbations liées à l’absence de traducteurs, comme ce fut le cas pour la conférence du 12 juin.

Un joueur brésilien confronté aux limites du système

L’affaire a pris une dimension supplémentaire lorsque Vinicius Júnior, attaquant de la Seleção, a encouragé un journaliste espagnol à lui poser une question en espagnol avant le match. Le journaliste, respectueux des règles de la Fifa, a finalement interrogé le joueur en anglais. Pour comprendre la question initiale, Vinicius Júnior a dû utiliser une oreillette afin d’écouter la traduction en direct. Une situation qui a illustré, de manière concrète, les contraintes imposées par le protocole linguistique de la Fifa.

Cette règle, bien que justifiée par des raisons logistiques, interroge sur son adaptation aux réalités linguistiques et culturelles du tournoi. Avec une Coupe du monde co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, où l’espagnol et le français occupent une place majeure, la question de l’inclusivité linguistique reste d’actualité.

Et maintenant ?

La Fifa pourrait-elle revoir son protocole pour les prochaines conférences de presse, notamment si des ajustements logistiques sont possibles ? Pour l’instant, aucune annonce officielle n’a été faite concernant une modification des règles. Les prochains matchs, notamment ceux impliquant des sélections hispanophones, pourraient offrir l’occasion de tester l’efficacité du système actuel. Une chose est sûre : la question linguistique, bien que technique, s’inscrit dans un débat plus large sur l’organisation d’une Coupe du monde multiculturelle et inclusive.

Alors que la compétition se poursuit, une certitude s’impose : le protocole de la Fifa, aussi strict soit-il, ne manquera pas de susciter des débats. Comment concilier efficacité opérationnelle et accessibilité linguistique dans un tournoi mondial ? La réponse pourrait émerger au fil des prochains matchs.

La Fifa applique cette règle pour des raisons pratiques : elle garantit la fluidité des conférences de presse et facilite le travail des traducteurs en temps réel. Sans traducteur hispanophone présent, l’instance dirigeante du football mondial interdit l’usage de l’espagnol pour éviter tout malentendu ou perte de temps.