Alors que le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 est donné ce vendredi 12 juin, le Canada, co-organisateur de la compétition avec les États-Unis et le Mexique, peine à s’imposer comme une terre d’accueil incontournable. Selon Franceinfo - Sport, seulement 13 matchs sont prévus sur son sol, répartis entre Toronto et Vancouver, alors que les stades nord-américains résonnent déjà sous les clameurs mexicaines et l’effervescence états-unienne.
Les premiers matchs impliquant les trois pays hôtes ont débuté ce soir, avec une rencontre opposant les États-Unis au Paraguay à Los Angeles à 3 heures du matin, heure locale, et un affrontement entre le Canada et la Bosnie-Herzégovine à Toronto à 21 heures. Une organisation qui illustre la domination médiatique et sportive des États-Unis, laissant le Canada dans un rôle de figurant malgré son engagement logistique et financier.
Ce qu'il faut retenir
- 13 matchs de la Coupe du monde 2026 sont organisés au Canada, uniquement à Toronto et Vancouver, contre des dizaines d’autres rencontres aux États-Unis et au Mexique.
- Le premier match du Canada, contre la Bosnie-Herzégovine, s’est déroulé ce vendredi 12 juin à 21 heures, heure locale, dans un stade de Toronto quasi vide en raison de tests techniques.
- Les supporters canadiens interrogés par Franceinfo - Sport expriment un sentiment d’infériorité face à l’ampleur américaine, évoquant un événement « très américain » où leur pays joue les seconds rôles.
- La sélection canadienne n’a jamais remporté de match en deux participations à la Coupe du monde (2022 et 2026), malgré une progression notable ces dernières années.
- Les tensions politiques entre le Canada et les États-Unis, exacerbées par l’ère Trump, compliquent davantage l’appropriation symbolique de l’événement par le public canadien.
Un Mondial à l’image d’un pays en retrait
Dès l’arrivée des premiers visiteurs dans l’enceinte du stade de Toronto, l’ambiance est révélatrice. Sans les tests de sonorisation, difficile d’imaginer que l’enceinte est prête à accueillir un match de Coupe du monde. Les gradins, presque déserts, contrastent avec l’engouement mexicain ou l’enthousiasme états-unien. Comme le rapporte Franceinfo - Sport, une spectatrice venue du Nouveau-Brunswick, Alexia, résume cette situation avec une pointe de résignation : « C’est sûr qu’on sent qu’on est comme les petits-cousins ou les pauvres cousins, qui vont avoir juste un petit peu, mais on va profiter de ce qu’on a. C’est très américain ! »
Ce sentiment de marginalisation est renforcé par le nombre réduit de rencontres attribuées au Canada. Alors que les États-Unis et le Mexique accueilleront chacun des dizaines de matchs, Ottawa n’organise que sept rencontres à Toronto et six à Vancouver. Une répartition qui reflète moins une logique sportive que géopolitique, selon plusieurs observateurs.
Un écart politique qui pèse sur l’adhésion populaire
Pour Alex, un autre supporter rencontré par Franceinfo - Sport, la Coupe du monde 2026 intervient dans un contexte diplomatique particulièrement tendu. « Donald Trump a foutu beaucoup de choses en l’air et aujourd’hui, c’est vrai, on est séparés mentalement », explique-t-il, drapeau à la feuille d’érable sur les épaules. Une prise de distance qui va au-delà des simples rivalités sportives et touche à l’identité même du Canada, soucieux de ne pas être perçu comme le « 51e État » américain.
Pourtant, certains tentent de voir dans cet événement une opportunité de renouer avec des valeurs communes. « Je suis optimiste et cette Coupe du monde peut être un début pour oublier cette absurdité politique et se concentrer sur la beauté du jeu », souligne Alex. Une nuance qui contraste avec le scepticisme ambiant, d’autant que la sélection nationale n’a jamais réussi à s’imposer sur la scène mondiale, avec deux participations et zéro victoire.
Une équipe nationale en quête de légitimité
Sur le terrain, les attentes envers les Rouges, surnom de l’équipe canadienne, restent modestes. Leur dernier match en date s’est soldé par une défaite face à la Bosnie-Herzégovine lors d’un match de préparation, confirmant les doutes sur leurs capacités à rivaliser avec les grandes nations du football. Pourtant, leur parcours en qualifications pour cette Coupe du monde a marqué les esprits : une première qualification en 36 ans, puis une performance remarquée lors du dernier Mondial au Qatar en 2022.
Sous la direction de Jesse Marsch, un sélectionneur américain aux commandes depuis 2023, les Canucks misent sur une approche plus offensive et dynamique. « La Coupe du monde 2026 est une étape, mais l’objectif reste de construire quelque chose de durable », a-t-il déclaré à la presse locale. Une ambition qui devra se concrétiser sur le terrain, alors que le Canada affronte un groupe composé de l’Iran, de l’Angleterre et des États-Unis – une poule relevée qui ne leur laisse aucune marge d’erreur.
La Coupe du monde 2026 s’annonce donc comme un miroir des rapports de force nord-américains, où le football sert de terrain d’expression à des dynamiques bien plus larges. Pour le Canada, l’enjeu est double : prouver sur le terrain qu’il mérite sa place, tout en offrant à son public une expérience à la hauteur de ses ambitions.
La répartition des matchs a été décidée par la FIFA en fonction de critères logistiques, médiatiques et économiques. Les États-Unis, en tant que pays le plus peuplé et disposant des infrastructures les plus développées, ont hérité de la majorité des rencontres. Le Canada, malgré son statut de co-organisateur, n’a obtenu que deux villes hôtes, Toronto et Vancouver, limitant ainsi le nombre de matchs sur son sol.