La Coupe du monde de football 2026, qui s’ouvre le 11 juin pour s’achever le 19 juillet, s’annonce sous haute tension climatique. Selon RFI, l’événement, dont l’empreinte carbone sera deux fois plus élevée que celle de 2022, devra composer avec des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles, tandis que son impact environnemental risque d’aggraver encore la situation. La compétition, étalée sur quatre fuseaux horaires et se déroulant dans trois pays différents – les États-Unis, le Mexique et le Canada –, s’annonce comme un défi logistique et écologique sans précédent.
Ce qu'il faut retenir
- La Coupe du monde 2026 pourrait émettre deux fois plus de CO₂ que celle de 2022, en raison de l’augmentation du nombre de supporters et de l’étendue géographique du tournoi.
- Les aléas climatiques, exacerbés par le changement climatique, pourraient perturber l’organisation des matchs et les conditions de jeu.
- La compétition s’étend sur quatre fuseaux horaires et trois pays, avec des risques climatiques variés selon les régions.
Un tournoi aux émissions record
D’après RFI, l’empreinte carbone de cette édition s’élèverait à près du double de celle de 2022, passée de 2,1 à 4,5 millions de tonnes équivalent CO₂. Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation du nombre de spectateurs, attendu à 7 millions, soit deux fois plus qu’en 2022. Les déplacements, la logistique et l’énergie nécessaire pour organiser un événement à une telle échelle expliquent en grande partie ce bilan. Les organisateurs ont beau promouvoir des initiatives « vertes », comme l’utilisation d’énergies renouvelables dans certains stades, la réalité des chiffres montre un impact environnemental bien plus lourd que lors des éditions précédentes.
Des aléas climatiques qui pèsent sur le calendrier
Le changement climatique perturbe déjà les conditions de jeu. Selon les experts cités par RFI, les vagues de chaleur, les pluies diluviennes ou encore les tempêtes pourraient devenir plus fréquentes et plus intenses pendant la compétition. Aux États-Unis, où les températures peuvent dépasser les 40°C dans certaines villes comme Dallas ou Houston, les joueurs et les supporters devront composer avec des conditions potentiellement dangereuses. « Les risques sont réels et ils s’accumulent », a rappelé un climatologue interrogé par la radio. Le Mexique, autre pays hôte, est également exposé à des épisodes de sécheresse prolongée, tandis que le Canada, notamment dans l’est, pourrait subir des orages violents. La diversité des climats sur les sites de compétition ajoute une couche de complexité à l’organisation du tournoi.
Une compétition sous haute surveillance environnementale
Face à ces défis, la FIFA et les organisateurs ont tenté de minimiser l’impact écologique en intégrant des mesures comme la compensation carbone ou l’utilisation de matériaux recyclables dans les infrastructures. Cependant, selon RFI, ces efforts restent insuffisants pour contrebalancer l’augmentation globale des émissions. « On ne peut pas ignorer que l’organisation d’un tel événement a un coût environnemental », a souligné un représentant de l’ONG environnementale Carbon Market Watch. La question se pose donc : comment concilier l’engouement planétaire pour le football et la nécessité de réduire son empreinte écologique ?
Au-delà de l’aspect sportif, la Coupe du monde 2026 soulève une question plus large : celle de la responsabilité des fédérations internationales dans la lutte contre le réchauffement climatique. Alors que les alertes sur les dérèglements du climat se multiplient, les grands événements comme celui-ci pourraient devenir des symboles de l’inaction ou, au contraire, des leviers pour accélérer les transitions écologiques. Pour les organisateurs et les supporters, le défi est désormais double : vivre une compétition sportive mémorable tout en limitant son impact sur la planète.