Alors que la Coupe du monde 2026 débutera ce jeudi 11 juin à 21 heures avec le match Mexique-Afrique du Sud, les supporters européens devront composer avec des horaires souvent décalés, voire nocturnes, en raison du fuseau horaire nord-américain. Selon RMC Sport, cette contrainte ne semble pourtant pas freiner l’enthousiasme des passionnés, notamment ceux originaires d’Algérie, de Turquie ou du Maroc, dont les équipes disputeront plusieurs rencontres en pleine nuit.
Ce qu'il faut retenir
- La Coupe du monde 2026 débute ce 11 juin à 21 heures avec le match Mexique-Afrique du Sud, selon le calendrier officiel.
- En raison des décalages horaires, certains matchs seront diffusés à 3 heures ou 4 heures du matin, comme celui opposant l’Algérie à l’Argentine le mercredi suivant.
- Les Bleus sont relativement épargnés : deux de leurs matchs de groupe sont programmés à 21 heures et un à 23 heures, mais d’autres sélections européennes joueront bien plus tard.
- Des parents et éducateurs devront faire des concessions, comme Volkan, qui compte retarder le coucher de son fils de 8 ans pour suivre l’équipe de France.
- Malgré les contraintes, des supporters, dont un adolescent de 15 ans, assurent être prêts à suivre l’intégralité de la compétition, quels que soient les horaires.
Un calendrier exigeant pour les fans de football
L’organisation de la Coupe du monde 2026, coorganisée par le Canada, les États-Unis et le Mexique, impose aux supporters européens des sacrifices de sommeil. Selon RMC Sport, certains matchs des phases de groupes débuteront à 18 heures ou 21 heures, heure française, mais d’autres seront diffusés à des horaires bien moins accommodants. Les supporters des sélections comme la Turquie ou le Maroc, dont les équipes ne joueront parfois qu’à minuit ou plus tard, devront ainsi s’adapter. « Tous les matches de la Turquie sont très tôt. Le premier, c’est dimanche à 6 heures », a confié un éducateur turc, qui n’exclut pas de se lever à 3 heures du matin pour suivre son équipe.
Les familles sont déjà en pleine négociation. À Paris, dans un club du 14e arrondissement, des enfants de 8 ans tentent de convaincre leurs parents de les laisser veiller pour assister aux rencontres de l’équipe de France. « Le premier match est vers 21 heures ? Je pense qu’on peut pousser jusqu’à 23 heures pour l’équipe de France, on peut y aller. C’est quand même un événement et il faut en profiter à fond ! » a déclaré Volkan, dont le fils a insisté pour ne rien manquer. Un autre jeune supporter, résolu, a lancé : « À 3 heures du matin je m’en fous, je regarde. »
Des compromis familiaux et sociaux difficiles à trouver
Tous les parents ne partagent pas cet enthousiasme. Certains, comme le père de Yamine, soulignent les contraintes professionnelles et scolaires. « Il y a l’école, c’est impossible de regarder tous les matches », a-t-il expliqué, alors que l’Algérie affronte l’Argentine à 3 heures du matin. Son fils, frustré, a tenté de négocier : « Ben tu me mets la télé, je regarde ! » D’autres supporters, comme Fahed, un enfant de 8 ans, regrettent simplement que « ça ne se fasse pas les matches à 3, 4, 5 heures... Personne n’est réveillé ! »
La question du voisinage se pose également. « La sensation de la Coupe du monde, c’est d’être là à crier à chaque occasion, à chaque but. Là, ce n’est pas possible », a déploré Azedine. « Si nous, on a le courage de se réveiller, nos voisins peut-être pas. » Malgré ces obstacles, l’engouement reste intact. Un adolescent de 15 ans a même assuré être « physiquement et mentalement » prêt à suivre l’intégralité du tournoi, quels que soient les horaires.
Des éducateurs mobilisés pour transformer la contrainte en moment fédérateur
Les clubs de football, conscients des défis posés par ces horaires, commencent à s’organiser. Certains prévoient d’organiser des retransmissions collectives pour réunir supporters, parents et enfants. « Les premières devraient avoir lieu dès mardi pour France-Sénégal, à 21 heures », indique RMC Sport. Ces initiatives visent à recréer l’ambiance des stades en plein milieu de la nuit, malgré l’absence de voisins ou de membres de la famille prêts à se joindre à l’événement.
Parmi les bénévoles, certains, comme Denis, un membre du groupe de supporters des Irrésistibles Français, n’hésitent pas à adapter leurs propres horaires. Employé dans l’aide sociale à l’enfance, il décale parfois ses nuits de travail pour diffuser les matchs aux jeunes qu’il accompagne. « Je décale mes horaires pour leur mettre les matches. Si je suis du matin, je vais passer en soirée pour leur diffuser les rencontres », explique-t-il. « Les jeunes sont contents autour d’une pizza ou d’un petit truc, on leur fait plaisir. C’est joindre l’utile à l’agréable. » Il reconnaît cependant que la compétition sera synonyme de « sommeil écourté », mais se dit prêt à récupérer sur ses jours de repos. Il anticipe déjà les nuits blanches en cas de quart de finale des Bleus à 3 heures du matin, juste avant une journée de travail.
Pour les familles et les éducateurs, la priorité reste de concilier passion footballistique et réalités quotidiennes. Les jeunes supporters, eux, semblent prêts à braver toutes les nuits pour ne rien manquer. « On va bouffer du football pendant un mois », résume un bénévole. « Avec le climat actuel, le foot c’est un échappatoire. Ces rassemblements-là, c’est une bouffée d’oxygène. Je passe la porte du stade, je suis au paradis. »
La Coupe du monde 2026 est coorganisée par le Canada, les États-Unis et le Mexique, dont les fuseaux horaires sont décalés par rapport à la France. Certains matchs, notamment ceux des sélections d’Afrique du Nord ou de Turquie, sont programmés à des horaires nocturnes pour correspondre aux préférences des diffuseurs locaux et aux habitudes de consommation nord-américaines.