Quarante-huit équipes nationales, un bestiaire de surnoms variés et parfois déroutants : la Coupe du monde 2026, qui se déroule actuellement au Mexique, aux États-Unis et au Canada jusqu’au 19 juillet, offre un florilège de dénominations qui mêlent symboles culturels, couleurs nationales et… un manque criant d’originalité pour certaines.
Comme le rapporte Courrier International, chaque sélection dispose d’un surnom souvent ancré dans l’histoire, les traditions ou les couleurs du drapeau du pays qu’elle représente. Une tradition qui, pour certaines nations, frôle la poésie, quand d’autres peinent à sortir d’un cadre purement descriptif.
Ce qu'il faut retenir
- 48 équipes participent à cette édition, un record pour une Coupe du monde de football.
- 13 surnoms d’animaux sont recensés, soit 27 % des équipes, avec des exemples comme les Éléphants de Côte d’Ivoire, les Requins bleus du Cap-Vert ou les Loups blancs d’Ouzbékistan.
- 4 lions** se partagent le terrain, avec notamment les Three Lions d’Angleterre, les Lions de la Teranga du Sénégal et les Lions de l’Atlas du Maroc.
- 17 équipes** arborent un surnom lié à une couleur, comme El Tricolor du Mexique ou les Bleus de France.
- Certaines sélections, comme l’Autriche (Team) ou la Norvège (Landslaget), se contentent d’un surnom purement descriptif, faute d’imagination.
- La Suisse, avec son surnom de Nati, reste la cible de critiques pour son manque de panache, malgré des propositions comme les Caméléons ou les Chiens saint-bernard.
Des surnoms ancrés dans la culture nationale
Selon Courrier International, qui s’appuie sur les analyses du site belge La DH Les Sports+, les surnoms des équipes reflètent souvent l’identité nationale. « Souvent lié à la culture, aux symboles nationaux ou tout simplement aux couleurs du drapeau », ces dénominations varient considérablement d’un pays à l’autre.
Parmi les exemples les plus évocateurs figurent les Faucons verts d’Arabie saoudite, les Dragons de Bosnie-Herzégovine ou encore les Socceroos d’Australie – une contraction de « soccer » et « kangaroos ». D’autres, en revanche, jouent la carte de la simplicité, à l’image des Oranje des Pays-Bas, dont le surnom fait référence à la couleur orange, symbole historique du pays depuis le XVIe siècle.
Les lions, félins rois du Mondial
Quatre sélections se partagent le titre de « lions », un symbole de force et de prestige. Les Three Lions d’Angleterre, déjà présents lors des précédentes éditions, sont les plus emblématiques. À leurs côtés, on retrouve les Lions de la Teranga du Sénégal, les Lions de Mésopotamie d’Irak et les Lions de l’Atlas du Maroc. Si le Cameroun (Lions indomptables), la Bulgarie (Lions) ou l’Algérie (Fennecs) ne sont pas qualifiés cette année, ces surnoms n’en restent pas moins gravés dans l’imaginaire collectif.
Le surnom des Three Lions, par exemple, puise ses origines dans le blason royal anglais du Moyen Âge, où trois lions apparaissent depuis le règne de Richard Cœur de Lion au XIIe siècle. Une tradition qui dépasse le cadre sportif pour s’inscrire dans l’histoire du pays.
La couleur comme fil conducteur
Avec 17 équipes arborant un surnom lié à une couleur, soit plus d’un tiers des participants, cette édition 2026 mise sur la symbolique chromatique. El Tricolor du Mexique rend hommage aux trois couleurs du drapeau national, tandis que la Roja espagnole fait référence à la couleur rouge dominante du maillot historique de la sélection.
La France, elle, reste fidèle à son surnom historique : les Bleus. Ce nom, apparu au début du XXe siècle, est devenu une marque de fabrique, tout comme l’Albiceleste de l’Argentine, qui associe le blanc (« albo ») et le bleu ciel (« celeste »), les deux couleurs principales du drapeau argentin. Aux Pays-Bas, les Oranje perpétuent la tradition d’un surnom lié à la couleur orange, héritée du drapeau du prince Guillaume d’Orange-Nassau au XVIe siècle.
Quand le surnom se réduit à sa plus simple expression
À l’opposé de ces surnoms évocateurs, certaines équipes optent pour une dénomination des plus sobres. C’est le cas de l’Autriche, qui se fait appeler la Team, ou de l’Allemagne, dont la sélection est surnommée la Mannschaft (« l’équipe » en allemand). La Suisse, avec son Nati (abréviation de « Nationalmannschaft »), et la Norvège, avec son Landslaget (« équipe nationale »), complètent ce groupe de surnoms purement descriptifs.
Un manque de fantaisie qui n’est pas passé inaperçu. En février 2023, le journal suisse Le Matin avait lancé un appel à ses lecteurs : « Aidez-nous à trouver un vrai surnom à l’équipe de Suisse. Ne serait-il pas urgemment temps d’enterrer cette horrible ‘Nati’ et de remplacer celui-ci par un surnom plus communément accepté et reflétant notre véritable identité ? »
La Suisse, championne du surnom controversé
Malgré les critiques, aucun consensus ne semble émerger en Suisse pour remplacer le Nati. Le journal évoquait des pistes comme les Caméléons, en référence à la capacité d’adaptation du pays, ou les Chiens saint-bernard, symbole de secours et d’hospitalité. Pourtant, aucune de ces propositions n’a encore convaincu suffisamment pour remplacer un surnom utilisé depuis des décennies.
Le cas suisse illustre bien la difficulté de concilier tradition et innovation dans le choix d’un surnom. Alors que des pays comme le Bénin ont récemment troqué leur ancien surnom (les Écureuils) pour un plus dynamique (les Guépards), la Confédération helvétique reste attachée à une appellation qui, pour beaucoup, manque de relief.
La Coupe du monde 2026 se poursuit jusqu’au 19 juillet, avec l’espoir que chaque surnom, qu’il soit poétique ou prosaïque, contribuera à écrire une nouvelle page de l’histoire du football.
Le surnom « Nati » est une abréviation de « Nationalmannschaft », terme allemand signifiant « équipe nationale ». Ce nom est utilisé en Suisse depuis des décennies, notamment en raison de la diversité linguistique du pays, où l’allemand est la langue majoritaire. Malgré les critiques récurrentes, aucun consensus ne s’est dégagé pour le remplacer.