Avec l’ouverture de la Coupe du monde 2026 dans quelques jours, les 11 villes hôtes réparties aux États-Unis, au Canada et au Mexique finalisent leurs préparatifs pour accueillir l’un des plus grands événements sportifs au monde. Selon Euronews FR, plus de 75 % des 104 matches de la compétition, dont le coup d’envoi est prévu le 11 juin à Mexico, se dérouleront sur le sol américain.
Ce qu'il faut retenir
- Les États-Unis accueilleront 78 des 104 matchs dans 11 villes, dont Kansas City et Toronto
- L’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan s’est vu refuser l’entrée aux États-Unis malgré son statut d’officiel FIFA
- Plusieurs délégations et supporters ont rencontré des difficultés de visas, avec des refus ou retards d’accès
- Le Mexique, pays hôte, accueille six sélections, dont l’Iran, dans un contexte géopolitique tendu
- Les prix des billets et les restrictions de voyage suscitent des critiques parmi les fans
Des mois de préparation pour un tournoi hors norme
Depuis des années, les autorités locales des trois pays organisateurs peaufinent les dispositifs de sécurité et les infrastructures pour accueillir les millions de visiteurs attendus. À Kansas City, dans le Missouri, où le premier match est prévu le 16 juin, Mallory Cage, directrice des festivals et animations pour les supporters, souligne l’enjeu pour la ville : « Nous voulons montrer que Kansas City est en plein essor et que nous montons en gamme. Nous ne sommes plus un État que l’on survole, mais une destination où l’on vient. » Les organisateurs insistent également sur l’aspect local, espérant que les habitants s’approprieront l’événement pour en faire une fierté collective.
Le Canada n’est pas en reste. Toronto, qui accueillera six matchs à partir du 11 juin, mise sur sa diversité culturelle pour séduire les supporters. Sharon Bollenbach, directrice exécutive de la Coupe du monde pour la Ville de Toronto, invite les visiteurs à « saisir pleinement ce moment historique » et promet une organisation « prête à accueillir le monde ». Les autorités torontoises estiment que la ville pourrait accueillir jusqu’à 300 000 visiteurs durant la compétition.
Un parcours semé d’embûches pour les officiels et les fans
Pourtant, malgré l’enthousiasme des villes hôtes, les obstacles administratifs et politiques risquent de ternir l’expérience de certains acteurs du tournoi. L’affaire la plus symbolique concerne l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, élu meilleur arbitre masculin de l’année 2025 par la Confédération africaine de football (CAF). Arrivé samedi à l’aéroport international de Miami en provenance d’Istanbul, il s’est vu refuser l’entrée aux États-Unis, où il devait officier lors de la Coupe du monde. La FIFA a confirmé ne pas être impliquée dans les procédures d’immigration, précisant que le « statut » d’Artan « ne sera pas modifié pour l’instant ».
« Malgré les circonstances, je suis de bonne humeur et concentré sur les prochains défis de ma carrière. Je veux remercier la famille du football pour les messages et souhaiter le meilleur à mes collègues pendant la Coupe du Monde. J’ai hâte de les retrouver à l’avenir. Je promets de continuer à élever mon niveau et de me concentrer sur l’avenir. »
Omar Abdulkadir Artan, après son expulsion des États-Unis
Ce refus s’inscrit dans le cadre des restrictions de visas imposées par l’administration américaine, qui touche notamment quatre pays qualifiés pour la compétition : Haïti, l’Iran, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Selon Euronews FR, d’autres acteurs du football ont subi des entraves similaires ces derniers jours.
Des délégations bloquées et des supporters lésés
L’attaquant suisse Breel Embolo a rejoint son équipe à San Diego avec plusieurs jours de retard après un réexamen de son visa, tandis que l’international irakien Aymen Hussein a été retenu près de sept heures pour un interrogatoire à son arrivée. La sélection iranienne a, elle, dû faire face à de longues démarches consulaires en Turquie, avec quinze membres de sa délégation privés de visa. D’autres équipes, comme l’Afrique du Sud ou l’Ouzbékistan, ont également signalé des difficultés, allant des contrôles jugés discriminatoires à des fouilles systématiques aux frontières.
Côté supporters, la situation est tout aussi préoccupante. Plusieurs fans écossais ont vu leur autorisation ESTA annulée à la dernière minute, tandis que des milliers de billets et réservations d’hébergement ont été perdus après des refus de visa. Ces contretemps financiers et logistiques alimentent les critiques contre les politiques migratoires américaines, alors que le prix des billets, souvent jugé exorbitant, est déjà pointé du doigt par les associations de supporters.
Le Mexique en première ligne, entre diplomatie et tensions géopolitiques
Le pays organisateur, le Mexique, joue un rôle central dans ce tournoi. Lundi, la présidente Claudia Sheinbaum a présidé la cérémonie de remise du drapeau à l’équipe nationale, trois jours avant le match d’ouverture contre l’Afrique du Sud. Le Mexique accueille six sélections, dont l’Iran, pays avec lequel les États-Unis entretiennent des relations diplomatiques tendues. Selon la presse, les joueurs iraniens ne pourront se rendre à Los Angeles que les jours de match avant de retourner immédiatement au Mexique, une mesure vivement critiquée par les responsables iraniens.
Cette situation met en lumière les tensions géopolitiques qui pèsent sur la compétition. Les États-Unis, pays hôte majoritaire, appliquent des restrictions strictes à l’encontre de plusieurs nations qualifiées, ce qui risque de créer des déséquilibres dans l’accueil des délégations et des supporters. Malgré ces défis, les organisateurs maintiennent leur confiance dans la réussite de l’événement.
Reste à voir si les autorités américaines et les organisateurs parviendront à trouver des solutions rapides pour les officiels et supporters bloqués, ou si ces obstacles deviendront un sujet de débat durable autour du tournoi. Pour l’heure, l’accent reste mis sur la préparation des terrains et l’accueil des 48 équipes en lice.
Omar Abdulkadir Artan a été empêché d’entrer sur le territoire américain en raison des restrictions de visas imposées par l’administration américaine, qui visent notamment quatre pays qualifiés pour la Coupe du monde 2026 : Haïti, l’Iran, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. La FIFA a indiqué ne pas être impliquée dans cette décision, soulignant que le statut de l’arbitre n’avait pas été modifié par les autorités américaines.