La Coupe du monde masculine de football 2026, dont les matchs se dérouleront simultanément au Canada, au Mexique et aux États-Unis, devrait accueillir plus de six millions de spectateurs entre le 11 juin et le 19 juillet, selon Euronews FR. Un afflux de cette ampleur impose aux autorités sanitaires de trois pays une vigilance accrue face aux risques épidémiques inhérents aux grands rassemblements.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de six millions de visiteurs sont attendus dans les trois pays hôtes pour la Coupe du monde 2026.
- Une équipe spécialisée, le Health Security Operations Center (HSOC), coordonne la surveillance sanitaire depuis l’université de Georgetown à Washington.
- Les principaux agents pathogènes surveillés incluent la rougeole, la dengue, l’hépatite A, le mpox et, dans une moindre mesure, Ebola.
- La surveillance des eaux usées constitue un outil clé pour détecter précocement d’éventuelles épidémies.
- L’épidémie d’Ebola en RDC, avec 782 cas et 181 décès, reste sous haute surveillance, bien que le risque pour le tournoi soit jugé faible.
- Le Congo, présent au Mondial, a atterri à Houston le 11 juin sans aucun membre du staff ayant séjourné en RDC les 21 derniers jours.
Un tournoi sous haute surveillance épidémiologique
Organiser une Coupe du monde dans trois pays distincts — et non dans un seul — complexifie la gestion sanitaire. Rebecca Katz, codirectrice du Health Security Operations Center (HSOC) à l’université de Georgetown, explique à Euronews FR que
« les grands rassemblements sont complexes. Il y a toujours des menaces infectieuses qui leur sont associées. »L’équipe qu’elle dirige a pour mission de suivre en temps réel les signaux épidémiologiques émanant des zones hôtes et des régions d’origine des voyageurs, tout en émettant des alertes sanitaires dès qu’un risque significatif est identifié.
Avec plus de 48 juridictions concernées — camps de base, stades et itinéraires de déplacement —, la coordination entre les autorités sanitaires locales et le HSOC s’avère cruciale. Katz précise que
« ce rassemblement en particulier est particulièrement complexe en raison de l’implication de trois pays différents et de la multiplicité des lieux à surveiller. »
Les maladies sous surveillance : de la rougeole à Ebola
Parmi les agents pathogènes suivis, certains sont récurrents lors des grands événements, comme les infections sexuellement transmissibles (IST), les gastro-entérites ou les infections respiratoires. D’autres, en revanche, nécessitent une attention particulière en Amérique du Nord.
« Nous surveillons toute une série d’agents pathogènes, mais celui qui nous préoccupe le plus en ce moment est la rougeole »,déclare Katz. Des cas ont été recensés aux États-Unis, au Canada et au Mexique, poussant l’équipe à renforcer son suivi, notamment dans les zones accueillant des matchs ou abritant des sélections nationales.
La dengue, l’hépatite A et le mpox figurent également parmi les maladies surveillées de près. Katz souligne que
« tout cela correspond à ce que nous surveillons traditionnellement lors des grands événements. »En revanche, l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, bien que majeure à l’échelle mondiale, ne représente pas une menace directe pour le tournoi. Le ministère congolais de la Santé a confirmé 782 cas et 181 décès depuis le début de l’urgence sanitaire, mais Katz tempère :
« Compte tenu du mode de transmission du virus Ebola et des mécanismes déjà mis en place pour tenter de contenir l’épidémie, nous ne sommes pas profondément inquiets de le voir représenter une menace pour la population ici. »
Ebola : un risque évalué comme faible pour le Mondial
Les États-Unis ont instauré des restrictions de voyage pour les arrivées en provenance des pays touchés par Ebola, tout en appelant la communauté internationale à adopter des mesures similaires. Pourtant, Katz rappelle que
« l’ensemble de la communauté mondiale de la santé suit de très près la situation en RDC. C’est manifestement une source de grande inquiétude et d’énormes efforts sont déployés pour aider la RDC et l’Ouganda dans leur riposte. »
La sélection de la RDC, arrivée à Houston le 11 juin pour s’entraîner avant son premier match contre le Portugal le 17 juin, a été examinée de près. Selon le rapport du HSOC publié le 12 juin, aucun joueur ni membre du staff n’a séjourné en RDC au cours des 21 derniers jours, réduisant encore davantage le risque de contamination.
Les eaux usées, un allié méconnu dans la détection des épidémies
Pour anticiper toute menace sanitaire, le HSOC s’appuie sur des outils innovants, dont la surveillance des eaux usées. Cette technique, popularisée pendant la pandémie de COVID-19, permet de détecter des traces de virus ou de bactéries dans les rejets urbains. Katz explique que
« nous avons constaté qu’il s’agit d’une source de données de surveillance extrêmement puissante. Les spécialistes sont capables de ‘trouver l’aiguille dans la botte de foin’. S’il y a un seul cas d’Ebola quelque part, ils le trouveront. »
Ces systèmes d’alerte précoce permettent aux autorités d’intervenir rapidement en cas de détection anormale, avant que la situation ne dégénère. Katz insiste sur leur utilité :
« Ces outils permettent de repérer tout signal inquiétant et d’alerter les autorités sanitaires des zones concernées avant que la situation ne s’aggrave. »
Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein, la coordination entre les équipes médicales, les organisateurs et les gouvernements des trois pays sera essentielle pour garantir la sécurité sanitaire de millions de visiteurs. Une tâche d’autant plus ardue que la menace, bien que contrôlée, reste sous haute surveillance.