Alors que la Coupe du monde de football 2026 s’apprête à débuter dans moins de 48 heures, un rapport accablant pointe du doigt son impact environnemental sans précédent. Selon Futura Sciences, l’événement, présenté comme le plus écologique de l’histoire du ballon rond, risque de battre un triste record : celui de la Coupe la plus polluante jamais organisée. Une enquête menée par le think-tank New Weather, en collaboration avec l’Environmental Defense Fund et le Réseau de sport pour l’action climatique, révèle des chiffres qui dépassent largement les estimations initiales.

Ce qu'il faut retenir

  • La Coupe du monde 2026 devrait émettre 9 millions de tonnes de CO₂, soit près du triple des prévisions initiales de 3,6 millions.
  • Le transport aérien sera responsable d’une hausse de 160 % à 325 % des émissions par rapport aux éditions précédentes.
  • 8 des 16 stades nécessitent des travaux pour des raisons environnementales, et 6 sont exposés à des températures dangereuses pour les joueurs et les spectateurs.
  • Le partenariat entre la FIFA et Aramco pourrait générer 30 millions de tonnes supplémentaires de CO₂ en raison de l’augmentation des ventes de la compagnie pétrolière.
  • Les prochaines Coupes du monde, prévues en Espagne (2030) et en Arabie saoudite (2034), devraient également afficher des bilans carbone élevés.

Une édition élargie, un coût environnemental multiplié

Pour la première fois, la Coupe du monde se tiendra dans trois pays : les États-Unis, le Mexique et le Canada. Avec 16 stades répartis sur le continent nord-américain – dont 11 aux États-Unis, 3 au Mexique et 2 au Canada –, l’événement s’annonce comme le plus vaste jamais organisé. Pourtant, cette expansion géographique s’accompagne d’un coût environnemental bien plus lourd que prévu. Futura Sciences, qui relaie les conclusions du rapport, souligne que l’élargissement du tournoi de 32 à 48 équipes a mécaniquement accru l’empreinte carbone de la compétition.

Le think-tank New Weather estime ainsi que les émissions liées au transport aérien, principal poste de pollution, pourraient exploser de 160 % à 325 % par rapport aux moyennes des éditions précédentes. Un constat d’autant plus préoccupant que les organisateurs avaient pourtant mis en avant, lors de la candidature, une volonté affichée de réduire l’impact écologique de l’événement.

Des promesses non tenues et des travaux inachevés

Dans leur dossier de candidature, les trois pays hôtes avaient avancé une estimation préliminaire de 3,6 millions de tonnes équivalent CO₂. Aujourd’hui, les experts s’accordent sur un chiffre bien plus élevé : 9 millions de tonnes, soit près du triple. Cette différence s’explique en partie par le partenariat controversé entre la FIFA et le géant pétrolier Aramco, sponsor officiel de l’événement. Selon le rapport, ce contrat, estimé à 9 millions de tonnes d’équivalent CO₂, pourrait entraîner 30 millions de tonnes supplémentaires en raison de l’augmentation des ventes de la compagnie.

Autre sujet de préoccupation : huit des seize stades nécessitent des ajustements ou des travaux pour répondre aux exigences environnementales. Parmi eux, six stades sont régulièrement confrontés à des températures extrêmes, dépassant les 35 °C avec un taux d’humidité élevé en juin et juillet. Des villes comme Miami (Floride), Inglewood (Californie), Houston (Texas), Atlanta (Géorgie) ou encore Mexico devraient subir des conditions climatiques difficiles, mettant en danger la santé des joueurs et des supporters. Certains stades, non climatisés, devront faire face à une dépense énergétique accrue, aggravant encore leur bilan carbone.

« La FIFA porte une immense responsabilité, mais fait preuve d’une grave lacune en matière de climat. Elle néglige son devoir de protection envers les supporters, les joueurs et l’avenir du sport. Alors qu’elle devrait prendre des mesures urgentes pour les protéger tous du réchauffement climatique, ses actions révèlent un mépris flagrant des conséquences climatiques. »

– Extrait du rapport de New Weather, cité par Futura Sciences

Des stades sous pression, des joueurs et supporters en danger

Le stade BBVA de Monterrey, au Mexique, accueillera quatre matchs de la compétition dans des conditions extrêmes, avec des températures dépassant régulièrement les 35 °C. Les organisateurs n’ont pas prévu de climatisation dans tous les enceintes, ce qui expose les participants à des risques de coup de chaleur ou de déshydratation. Les experts rappellent que l’été nord-américain, marqué par des vagues de chaleur intenses, rendra ces conditions encore plus difficiles à supporter. Futura Sciences souligne que certains matchs pourraient même être perturbés par des alertes sanitaires, en plus des défis logistiques déjà nombreux.

Par ailleurs, les travaux de rénovation ou d’adaptation des stades, engagés dans l’urgence, n’ont pas toujours été menés à terme. Plusieurs enceintes, construites avant l’attribution de la Coupe du monde, ne respectent pas les normes environnementales actuelles. Les retards accumulés et les surcoûts ont conduit à des compromis, au détriment de la durabilité du projet. Les associations environnementales, comme l’Environmental Defense Fund, dénoncent une « course contre la montre » où les impératifs écologiques ont été sacrifiés au profit du spectacle et des intérêts économiques.

Et maintenant ?

Les prochaines éditions de la Coupe du monde, prévues en Espagne (2030) et en Arabie saoudite (2034), devraient également afficher des bilans carbone élevés. Selon les premières estimations de New Weather, l’Espagne pourrait émettre 6,1 millions de tonnes de CO₂, tandis que l’Arabie saoudite atteindrait 8,6 millions. Ces chiffres rappellent que la question environnementale reste un parent pauvre des grands événements sportifs, malgré les engagements affichés. La FIFA a promis d’améliorer ses pratiques, mais les experts appellent à des mesures concrètes et immédiates pour limiter l’impact des prochaines compétitions. D’ici là, les organisateurs de 2026 devront gérer les conséquences de leur bilan environnemental, alors que les supporters et les athlètes subiront déjà les effets des températures extrêmes.

Un modèle à revoir pour les éditions futures

Alors que la Coupe du monde 2026 s’apprête à battre des records en termes de pollution, les observateurs s’interrogent sur la capacité de la FIFA à concilier sport de masse et durabilité. Les rapports successifs, comme celui de New Weather, pointent une contradiction flagrante entre les promesses initiales et la réalité des faits. Futura Sciences rappelle que les engagements de neutralité carbone, régulièrement évoqués par la fédération, peinent à se traduire dans les faits. Les partenariats avec des entreprises pétrolières, comme Aramco, soulèvent également des questions éthiques, alors que le monde du sport est de plus en plus attendu sur sa responsabilité climatique.

Les experts insistent : si rien ne change, les prochaines éditions pourraient aggraver encore la situation. Ils appellent à une refonte profonde du modèle, incluant une réduction drastique des déplacements, l’utilisation exclusive d’énergies renouvelables dans les stades, et une transparence totale sur les bilans carbone. Pour l’heure, aucune décision concrète n’a été annoncée par la FIFA, alors que l’ouverture du tournoi est imminente. Une chose est sûre : la Coupe du monde 2026 restera dans les mémoires, mais pas seulement pour les performances sportives.

Reste à savoir si cette prise de conscience tardive permettra d’éviter que les éditions suivantes ne suivent le même chemin.

Selon le rapport de New Weather, cité par Futura Sciences, la Coupe du monde 2026 devrait émettre 9 millions de tonnes de CO₂, soit près du triple des prévisions initiales. Cette hausse s’explique par l’élargissement du tournoi à 48 équipes, le transport aérien, les travaux inachevés dans les stades et le partenariat avec Aramco, qui pourrait générer 30 millions de tonnes supplémentaires.

Six des seize stades accueillant des matchs sont régulièrement confrontés à des températures dépassant les 35 °C avec un taux d’humidité élevé. Parmi eux figurent notamment ceux de Miami (Floride), Inglewood (Californie), Houston (Texas), Atlanta (Géorgie) et Mexico. Certains ne sont pas climatisés, ce qui expose joueurs et supporters à des risques sanitaires.