Selon Le Monde, l’expansion démesurée de la Coupe du monde masculine de football, orchestrée par la FIFA, tend à transformer l’événement en un simple spectacle commercial au détriment de son essence sportive. Dans sa chronique, Jérôme Latta pointe du doigt une stratégie qui privilégie la quantité à la qualité, diluant ainsi l’intérêt pur du tournoi.

Ce qu'il faut retenir

  • La FIFA a étendu le Mondial masculin de 32 à 48 équipes à partir de l’édition 2026, une première qui divise les observateurs.
  • Cette augmentation du nombre de participants s’accompagne d’une dilution du niveau sportif moyen, selon Jérôme Latta, chroniqueur du Monde.
  • Le format actuel transforme la compétition en un « show » au service de la fédération internationale, au détriment des matches à haute intensité.
  • L’organisation de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique cristallise ces critiques, avec un calendrier déjà jugé surchargé.

Une expansion contestée depuis le début

La décision d’élargir le Mondial à 48 équipes avait été actée en 2017 par le comité exécutif de la FIFA, sous l’impulsion de son alors président Gianni Infantino. Cette réforme, présentée comme une volonté d’universaliser le football, a immédiatement suscité des réserves parmi les puristes. « On est passé d’une compétition où chaque match comptait à un événement où la qualité moyenne baisse mécaniquement », a souligné Jérôme Latta dans sa chronique. Autant dire que l’équilibre entre spectacle et performance sportive s’en trouve bouleversé.

Un calendrier surchargé et des enjeux logistiques titanesques

Avec 16 groupes de trois équipes en 2026, le Mondial 2026 s’annonce comme le plus long et le plus complexe de l’histoire. Le format prévoit des phases de groupes étendues, suivies d’un tableau final à élimination directe élargi. « La Coupe du monde n’est plus un rendez-vous sportif, mais un marathon logistique et médiatique », a rappelé Latta. Les fédérations nationales et les clubs devront désormais composer avec des calendriers encore plus chargés, au risque de voir la fatigue des joueurs peser sur la compétition.

L’impact sur les petits pays : une illusion d’accession

Si l’élargissement devait, en théorie, offrir une chance aux fédérations émergentes de briller sur la scène mondiale, la réalité est plus contrastée. Les observateurs notent que les équipes de niveau modeste se retrouvent souvent noyées dans des groupes très déséquilibrés. « Passer de 32 à 48 équipes ne garantit pas une meilleure représentativité, mais dilue surtout les chances de qualification des outsiders », a analysé un expert cité par Le Monde. Bref, le gigantisme ne rime pas toujours avec diversité sportive.

Et maintenant ?

La prochaine Coupe du monde féminine, prévue en 2027, pourrait offrir un contrepoint à ce débat. Si la FIFA maintient sa stratégie d’expansion, la question de la pertinence du format risque de revenir sur le devant de la scène. Pour l’instant, aucune modification n’a été annoncée, mais la pression des fédérations et des clubs pourrait s’intensifier d’ici 2030, date de la prochaine attribution du Mondial masculin.

Alors que les critiques s’accumulent, la FIFA continue de défendre sa vision, arguant que l’élargissement du Mondial permet de « partager la passion du football dans le monde entier ». Reste à savoir si cette ambition ne se fait pas au prix d’une perte d’identité pour l’une des compétitions les plus prestigieuses au monde.

La décision, prise en 2017 sous l’impulsion du président de l’époque Gianni Infantino, visait à « démocratiser » l’accès à la Coupe du monde. Selon la FIFA, cette réforme devait permettre à davantage de pays de participer et d’élargir l’audience du tournoi, notamment en Asie et en Afrique. Cependant, cette stratégie est aujourd’hui largement critiquée pour son impact sur le niveau sportif et l’équilibre des compétitions.