Le cobalt, métal stratégique utilisé dans les batteries des véhicules électriques, a vu son prix s’envoler ces dernières semaines. Vendredi 8 mai 2026, la tonne s’échangeait à plus de 56 200 dollars, selon Le Monde. Une hausse spectaculaire qui s’explique en partie par la politique tarifaire audacieuse de la République démocratique du Congo (RDC), premier producteur mondial de ce minerai.
Ce qu'il faut retenir
- Le cobalt a atteint 56 200 dollars la tonne le 8 mai 2026, un niveau historiquement élevé.
- La RDC, premier producteur mondial, a mis en place des quotas de production pour soutenir les cours.
- Cette stratégie comporte des risques économiques et géopolitiques majeurs.
- Les cours du métal bleu dépendent désormais largement des décisions de Kinshasa.
Une flambée des prix portée par la RDC
Le cobalt a connu une progression fulgurante ces derniers mois. Après avoir frôlé les 50 000 dollars fin 2025, le métal a franchi un nouveau palier début mai 2026. Cette hausse s’inscrit dans une tendance plus large sur les métaux critiques, liés à la transition énergétique. Mais la RDC, qui assure à elle seule 70 % de la production mondiale, joue un rôle clé dans cette dynamique. Le Monde souligne que les autorités congolaises ont décidé de limiter les volumes extraits pour peser sur l’offre et, in fine, soutenir les prix.
Des quotas risqués pour un pays dépendant
Cette stratégie n’est pas sans danger. La RDC, dont l’économie repose en grande partie sur l’exportation de matières premières, mise sur une demande mondiale croissante pour le cobalt. Pourtant, les quotas pourraient avoir l’effet inverse si la demande venait à faiblir. Laurence Girard, journaliste économique au Monde, met en garde : «
Ces mesures peuvent stabiliser les cours à court terme, mais elles exposent Kinshasa à des représailles commerciales ou à une perte de parts de marché si d’autres producteurs, comme l’Indonésie ou l’Australie, comblent le vide. »Autant dire que la RDC joue une partie risquée.
Un pari sur l’avenir des batteries électriques
Le cobalt est un composant essentiel des batteries lithium-ion, dominantes dans l’industrie automobile. Avec l’essor des véhicules électriques, la demande devrait continuer de croître. La RDC mise donc sur cette manne pour financer son développement. Pourtant, les quotas pourraient aussi accélérer la recherche de substituts, comme le nickel ou des technologies sans cobalt. Les experts s’interrogent : cette stratégie ne risque-t-elle pas de freiner l’innovation plutôt que de la stimuler ?
La flambée des prix du cobalt reflète ainsi les enjeux géopolitiques et technologiques d’un monde en transition énergétique. Entre la volonté de contrôler les cours et la nécessité de s’adapter à une demande changeante, la RDC doit naviguer entre opportunités et écueils.