Trois passagers du navire de croisière « MV Hondius », naviguant dans l’Atlantique Sud, sont décédés après avoir contracté une souche particulièrement virulente d’hantavirus, dite « des Andes ». Selon Libération, les autorités sanitaires et les scientifiques tentent désormais d’établir l’origine exacte de cette contamination et d’évaluer les risques de propagation.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois passagers du « MV Hondius » sont décédés après avoir été contaminés par une souche d’hantavirus « des Andes ».
  • Le navire croisait dans l’Atlantique Sud au moment des faits.
  • Cette souche présente une létalité élevée, selon les experts.
  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) se veut rassurante malgré la gravité de la situation.
  • Les autorités sanitaires et scientifiques enquêtent sur l’origine de la contamination.

Une souche rare et dangereuse

L’hantavirus « des Andes » est une souche rare mais redoutable, dont la transmission interhumaine a déjà été documentée. Selon les données disponibles, la létalité de cette souche peut atteindre 60 % dans les cas non traités, un chiffre qui explique l’inquiétude des autorités. D’après Libération, les trois victimes, dont les nationalités n’ont pas été précisées, présentaient des symptômes similaires avant leur décès : fièvre élevée, douleurs musculaires et complications respiratoires.

Les autorités sanitaires du pays où le navire a accosté après l’incident – l’Uruguay, selon les premières informations – ont placé sous surveillance les autres passagers et membres d’équipage. Aucun cas supplémentaire n’a été signalé à ce stade, mais les investigations se poursuivent pour identifier la source exacte de la contamination.

L’OMS tente de calmer les craintes

Face à la médiatisation de l’affaire, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tenu à rappeler que la transmission interhumaine de l’hantavirus reste exceptionnelle. « Les risques pour la population générale restent très faibles », a indiqué un porte-parole de l’organisation. Libération souligne que l’OMS a également rappelé que cette souche, bien que dangereuse, ne se transmet pas par voie aérienne comme le Covid-19, mais principalement par contact avec les excréments ou la salive de rongeurs infectés – ou, dans de rares cas, par transmission interhumaine via les fluides corporels.

Pour autant, les autorités uruguayennes ont ordonné un dépistage systématique des passagers ayant été en contact avec les victimes. Les résultats devraient être connus d’ici 72 heures, a précisé le ministère de la Santé local. « Nous prenons cette situation très au sérieux, mais il n’y a pas lieu de paniquer », a déclaré une source médicale citée par Libération.

Des questions en suspens

Plusieurs zones d’ombre subsistent quant à l’origine de la contamination à bord du « MV Hondius ». D’après les premières hypothèses, les victimes auraient pu être exposées au virus avant l’embarquement, lors d’une escale en Patagonie argentine, une région où l’hantavirus est endémique. « Rien n’est confirmé pour l’instant, mais nous explorons toutes les pistes », a indiqué un épidémiologiste interrogé par Libération.

Autre incertitude : la possibilité d’une transmission interhumaine à bord du navire. Si ce scénario se confirmait, il s’agirait d’un cas exceptionnel, mais qui pourrait relancer le débat sur les mesures de précaution dans les milieux confinés comme les bateaux de croisière. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités uruguayennes et l’OMS pour éviter toute propagation », a assuré une responsable de la compagnie maritime, sans donner plus de détails.

Et maintenant ?

Les prochaines 48 heures seront cruciales pour déterminer si d’autres cas se déclarent parmi les passagers ou l’équipage du « MV Hondius ». Les autorités sanitaires devraient rendre publics les premiers résultats des tests d’ici la fin de la semaine. Dans l’intermédiaire, les compagnies maritimes pourraient renforcer leurs protocoles de dépistage, notamment pour les navires faisant escale dans des zones à risque. Reste à voir si cette affaire entraînera des mesures plus strictes au niveau international.

En attendant, les scientifiques appellent à la prudence. « L’hantavirus des Andes est une maladie grave, mais elle se soigne si elle est détectée tôt », rappelle un infectiologue cité par Libération. Un rappel qui ne suffira sans doute pas à dissiper toutes les craintes chez les voyageurs.

Cette souche se transmet principalement par contact avec les excréments, la salive ou l’urine de rongeurs infectés. Une transmission interhumaine est possible, mais reste exceptionnelle et nécessite un contact direct avec les fluides corporels d’une personne malade.