Selon Le Figaro, les séquelles durables du Covid-19, regroupées sous le terme de « Covid long », pourraient engendrer des dépenses annuelles allant jusqu’à 135 milliards de dollars dans les pays développés d’ici la prochaine décennie. Une étude inédite de l’OCDE, coordonnée par l’économiste et médecin Guillaume Dedet, met en lumière l’impact économique et sanitaire de cette pathologie, souvent sous-estimée depuis la fin des vagues épidémiques.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude de l’OCDE évalue le coût annuel du Covid long entre 20 et 135 milliards de dollars selon les scénarios, dans les pays développés.
- Le Covid long se définit par la persistance de symptômes plus de trois mois après l’infection initiale, incluant fatigue, troubles cognitifs et cardiovasculaires.
- L’OCDE souligne un risque de baisse de productivité et de participation au marché du travail sur la prochaine décennie.
- En France, où le gouvernement a budgétisé 40 milliards d’euros pour 2026, la question de l’indexation des dépenses sociales pourrait être revisitée.
Une pathologie aux symptômes variés et persistants
Le Covid long se caractérise par des manifestations prolongées, parfois invalidantes, survenant après une infection par le SARS-CoV-2. Selon Guillaume Dedet, économiste principal à la division santé de l’OCDE et médecin, ces symptômes peuvent prendre différentes formes : fatigue chronique, déclin cognitif, difficultés de concentration, troubles du sommeil ou encore tachycardie. « C’est la persistance de symptômes trois mois après l’infection, qui peuvent être de nature très diverse », précise-t-il dans l’étude publiée par l’organisation internationale.
Bien que la pandémie soit désormais perçue comme un épisode révolu par une partie de la population, le virus continue de circuler et de laisser des traces durables chez certains patients. Les autorités sanitaires observent une baisse des dépistages en pharmacie, les symptômes grippaux n’étant plus systématiquement associés à un test Covid-19. Cette tendance rend difficile l’évaluation précise du nombre de cas de Covid long, mais les études épidémiologiques suggèrent une prévalence significative dans les populations touchées.
Un fardeau économique et social sous-estimé
L’étude de l’OCDE souligne que le Covid long ne se limite pas à un enjeu de santé publique : il représente également un défi économique majeur. Les pertes de productivité, les arrêts maladie prolongés et la baisse de participation au marché du travail pourraient coûter entre 20 et 135 milliards de dollars par an aux pays développés. Ces chiffres varient en fonction de l’ampleur des symptômes et de leur impact sur la capacité des individus à exercer une activité professionnelle.
En France, où le gouvernement a alloué 40 milliards d’euros pour 2026 dans le cadre de sa politique sociale, la question de la désindexation de certaines dépenses de l’inflation est déjà évoquée. Selon des scénarios internes, cette mesure pourrait permettre d’économiser jusqu’à 28 milliards d’euros par an. Une piste envisagée pour compenser les coûts induits par des pathologies chroniques comme le Covid long, dont les répercussions à long terme restent difficiles à anticiper.
Des conséquences sanitaires aux contours encore flous
Si les symptômes du Covid long sont désormais mieux documentés, leur prise en charge reste inégale selon les pays. Les troubles cognitifs, par exemple, peuvent altérer la capacité des patients à reprendre une activité professionnelle, tandis que les problèmes cardiovasculaires nécessitent parfois des suivis médicaux coûteux. Une étude récente, citée par Le Figaro, révèle qu’une femme sur deux souffrant de Covid long présente des saignements anormaux, un phénomène dont les causes exactes restent à élucider.
Par ailleurs, des cas extrêmes, comme celui d’un jeune Autrichien de 22 ans ayant eu recours à l’euthanasie en raison de symptômes insupportables, ont suscité une vive émotion en Europe. Ces situations dramatiques rappellent l’urgence d’améliorer la prise en charge des patients atteints de Covid long, notamment dans les systèmes de santé les plus sollicités.
Dans ce contexte, l’OCDE appelle à une coordination internationale pour partager les bonnes pratiques et harmoniser les stratégies de prise en charge. Une approche globale, intégrant à la fois la dimension médicale et économique, semble indispensable pour faire face à ce que l’organisation qualifie de « risque systémique » pour les années à venir.
Les symptômes du Covid long incluent une fatigue persistante, des troubles cognitifs (difficultés de concentration, déclin cognitif), des problèmes de sommeil, des tachycardies et, dans certains cas, des saignements anormaux. Ces manifestations durent plus de trois mois après l’infection initiale et peuvent avoir un impact significatif sur la qualité de vie des patients.
Le coût du Covid long s’explique par plusieurs facteurs : les pertes de productivité liées aux arrêts maladie prolongés, les dépenses médicales accrues pour la prise en charge des symptômes, et la baisse de participation au marché du travail. Selon l’OCDE, ces coûts pourraient atteindre entre 20 et 135 milliards de dollars par an dans les pays développés, en fonction de la gravité des cas et de l’efficacité des politiques de santé publique.
