La réunion hebdomadaire du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, mardi 8 juillet 2026, a tourné au règlement de comptes politique. Laurent Wauquiez, président du groupe, s’est retrouvé au cœur d’une polémique interne après des déclarations publiées dans Le Figaro et jugées comme une attaque déguisée contre Bruno Retailleau, président de la région Pays de la Loire et candidat à la primaire de la droite. Selon Le Figaro – Politique, cette séquence a révélé des tensions inédites au sein du groupe, où plusieurs élus, dont Michel Barnier, ont vivement critiqué la méthode et le contenu des propos de Wauquiez.

Ce qu’il faut retenir

  • Laurent Wauquiez a été publiquement interpellé par Michel Barnier, député de Paris, pour ses déclarations dans Le Figaro, perçues comme une volonté de saboter la campagne de Bruno Retailleau.
  • Une trentaine de députés étaient présents lors de cette réunion, et une majorité aurait exprimé de l’amertume, voire de l’incompréhension, face à la posture du président du groupe.
  • Michel Barnier a exigé des explications sur le manque de concertation préalable avant ces prises de position, qualifiant la situation d’« inacceptable » pour les militants engagés dans la campagne de Retailleau.
  • Les critiques de Barnier visaient aussi les compliments de Wauquiez envers Gabriel Attal, Sébastien Lecornu et Édouard Philippe, jugés trop élogieux au regard de leur soutien à Emmanuel Macron, contrairement à la relative distance affichée envers Retailleau.
  • Un député a évoqué un « séisme inédit » au sein du groupe, soulignant que les propos de Wauquiez n’étaient pas jugés « à la hauteur des urgences » dans un contexte politique national particulièrement tendu.

Des échanges vifs en réunion de groupe

Lors de ce débriefing hebdomadaire, plusieurs députés ont exprimé leur désaccord avec force, selon des témoins cités par Le Figaro – Politique. Une trentaine d’élus étaient réunis, mais la majorité aurait partagé un sentiment d’amertume, voire de colère, envers Laurent Wauquiez. Michel Barnier, figure historique de la droite, a pris la parole pour questionner directement la légitimité de ses propos.

« Comment diriger un groupe à l’Assemblée quand on est guidé par un esprit de revanche contre quelqu’un qui vous a largement battu ? » aurait lancé Barnier, en référence à la défaite de Wauquiez face à Retailleau lors d’une précédente élection interne. Élisabeth de Maistre, députée des Hauts-de-Seine, aurait même exprimé sa « sidération », demandant publiquement à Wauquiez s’il était « la bonne personne pour parler de rassemblement ».

Les tensions se sont cristallisées autour d’un article du Figaro où Wauquiez avait, selon ses détracteurs, minimisé la campagne de Retailleau tout en saluant ouvertement les figures macron-compatibles du camp adverse. Barnier a notamment pointé du doigt le timing de ces déclarations, survenues peu avant un meeting d’Édouard Philippe à l’Adidas Arena, où Wauquiez aurait adopté un ton bien plus mesuré.

La réponse de Wauquiez et les divisions internes

Face à ces critiques, Laurent Wauquiez a tenté de se justifier, selon un témoin présent lors de la réunion. Il aurait expliqué que ses propos sur Sébastien Lecornu visaient à souligner que « si le pays avait été géré par Lecornu pendant dix ans, il serait en meilleure forme », et non à le qualifier de « meilleur Premier ministre depuis dix ans ». Une nuance qui aurait suscité des rires dans la salle, mais sans apaiser les tensions.

Cependant, certains députés ont défendu Wauquiez. Michèle Tabarot (Alpes-Maritimes) et Valérie Bazin-Malgras (Aube) auraient notamment « loué le courage » du président du groupe, estimant que ses positions avaient le « mérite d’arrêter de faire l’autruche ». D’autres, comme Patrick Hetzel (Bas-Rhin), ont admis que les prises de position de Wauquiez compliquaient leur travail sur le terrain, où les militants ne comprenaient pas ces divisions internes.

Un élu a résumé la situation en ces termes : « C’est vrai que sur le terrain, les députés morflent. Même des wauquiézistes du premier cercle affirment ne plus rien comprendre. Les macronistes n’attendent qu’une chose : que Les Républicains fléchissent. »

Un clivage qui dépasse les personnalités

Les débats ont révélé un clivage plus large au sein de la droite. D’un côté, les partisans d’une ligne dure, incarnée par Wauquiez, qui n’hésitent pas à critiquer frontalement les figures macron-compatibles. De l’autre, ceux, comme Barnier, qui prônent une stratégie de rassemblement et estiment que de telles attaques affaiblissent le groupe face à une majorité présidentielle toujours dominante.

Selon un participant, la réunion a marqué un tournant : « Pour la première fois, on a senti sa présidence contestée. Quand on voit l’état dans lequel est le pays et le niveau du rejet des politiques, beaucoup n’ont pas jugé ses propos très sérieux. Ni à la hauteur des urgences. » Certains ont même évoqué un « séisme inédit », tant l’affrontement était inhabituel dans les annales du groupe LR.

Un autre député a nuancé, estimant que si les critiques de Barnier reflétaient une sensibilité partagée, elles restaient « mesurées » comparées à d’autres interventions. Le timing de ses remarques, jugé trop précoce par certains, a également été souligné.

Et maintenant ?

Cette crise interne intervient alors que Les Républicains tentent de se structurer pour les prochaines échéances électorales, notamment les régionales de 2027. La question d’une éventuelle scission entre les partisans d’une ligne intransigeante et ceux d’une alliance tactique avec le centre reste entière. Laurent Wauquiez, dont la légitimité est désormais ouvertement contestée, devra-t-il clarifier sa position ou risquer une motion de défiance ?

La prochaine réunion de groupe, prévue la semaine prochaine, sera scrutée avec attention. Bruno Retailleau, pour sa part, a déjà réagi en rappelant que Wauquiez « n’a jamais été son bras droit », selon des propos rapportés par Le Figaro – Politique.

Cette séquence illustre les difficultés d’un parti tiraillé entre fidélité à ses bases et nécessité de conquérir de nouveaux électeurs, dans un paysage politique où l’unité semble plus que jamais un enjeu majeur.

Michel Barnier a considéré que les déclarations de Wauquiez, publiées dans Le Figaro, visaient délibérément à nuire à la campagne de Bruno Retailleau, président de la région Pays de la Loire et candidat à la primaire de la droite. Barnier a estimé que ces prises de position, non concertées avec le groupe, étaient « inacceptables » pour les militants engagés dans la campagne de Retailleau, d’autant que Wauquiez avait par ailleurs salué des figures macron-compatibles comme Édouard Philippe ou Sébastien Lecornu.

La prochaine réunion de groupe, prévue la semaine prochaine, sera déterminante. Elle pourrait donner lieu à une clarification de la ligne politique du parti ou, à l’inverse, à une motion de défiance contre Laurent Wauquiez. Les observateurs s’attendent à ce que les tensions persistent, dans un contexte où le parti doit préparer les régionales de 2027 et faire face à une majorité présidentielle toujours dominante.