Ce jeudi 2 avril 2026, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a qualifié la crise énergétique actuelle de pire situation de son histoire, comme l’a souligné son directeur lors de l’émission Les Experts sur BFM Business. Le débat a également porté sur les mesures gouvernementales envisagées, notamment les aides ciblées pour contrer la flambée des prix des carburants, dont le controversé « surplus fiscal ».
Ce qu'il faut retenir
- L’AIE considère la crise énergétique actuelle comme la pire de son histoire, d’après ses dernières déclarations ce 2 avril 2026.
- La hausse des prix des carburants et les pénuries partielles en France ont été évoquées lors du débat.
- Le gouvernement prévoit des aides ciblées, incluant un « surplus fiscal », pour atténuer l’impact sur les ménages et les entreprises.
- L’émission Les Experts, diffusée chaque jour sur BFM Business, a réuni des économistes et analystes pour analyser ces enjeux.
- L’inflation en France a atteint 1,7 % sur un an, un chiffre cité parmi les sujets abordés lors des précédentes éditions.
- Les participants ont également discuté des exportations iraniennes de pétrole, en forte croissance, et de leur impact sur les marchés.
Une crise énergétique sans précédent, selon l’AIE
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a tiré la sonnette d’alarme ce 2 avril 2026, qualifiant la crise actuelle de pire situation énergétique de son histoire. Fatih Birol, son directeur exécutif, a évoqué des tensions géopolitiques persistantes, des ruptures d’approvisionnement et une demande mondiale en énergie toujours plus forte. « Les défis sont immenses, et les solutions doivent être immédiates », a-t-il déclaré lors de son intervention dans l’émission Les Experts sur BFM Business. Selon lui, cette crise dépasse en ampleur celle des chocs pétroliers des années 1970, tant par son étendue géographique que par sa durée.
Les mesures gouvernementales sous le feu des critiques
Face à cette situation, le gouvernement français étudie plusieurs dispositifs pour soulager les ménages et les entreprises. Parmi eux, le « surplus fiscal », une taxe exceptionnelle sur les bénéfices des énergéticiens, suscite particulièrement le débat. Pierre-Henri de Menthon, directeur de la rédaction de Challenges, a pointé du doigt les risques d’une telle mesure : « Une taxation ciblée peut avoir des effets contre-productifs si elle n’est pas bien calibrée. Elle pourrait, par exemple, freiner les investissements dans les énergies renouvelables, alors même que leur développement est crucial. »
Gaël Sliman, président d’Odoxa, a ajouté que cette crise révélait aussi les faiblesses structurelles du marché français de l’énergie. « La dépendance aux importations et la volatilité des prix montrent que notre modèle énergétique reste fragile », a-t-il analysé. Christian Saint-Étienne, économiste et auteur de l’ouvrage Trump et nous, comment sauver la France et l’Europe, a pour sa part plaidé pour une refonte des politiques publiques, combinant transition écologique et souveraineté énergétique.
Inflation et pénuries : les défis immédiats pour la France
L’inflation en France a atteint 1,7 % sur un an, un niveau qui pèse sur le pouvoir d’achat des Français, comme l’a rappelé l’émission Les Experts le 1er avril. Cette hausse s’explique en partie par la flambée des prix de l’énergie, mais aussi par des tensions sur certains produits alimentaires. Les participants ont également évoqué des pénuries partielles de carburant dans plusieurs régions, un phénomène qui illustre la fragilité des chaînes d’approvisionnement. « On observe des déséquilibres entre l’offre et la demande, notamment dans les zones rurales, où les stations-service sont parfois en rupture de stock », a précisé Isabelle Bordry, co-fondatrice de Retency.
Exportations iraniennes de pétrole : un marché sous surveillance
Autre sujet d’inquiétude pour les analystes : la croissance spectaculaire des exportations de pétrole iranien. Depuis la levée partielle des sanctions internationales, Téhéran a augmenté ses livraisons, notamment vers l’Asie. Hélène Baudchon, cheffe économiste adjointe de BNP Paribas, a souligné que cette situation « pourrait peser sur les prix du brut et compliquer les efforts de décarbonation ». Elle a rappelé que l’Iran, en tant que membre de l’OPEP+, dispose d’une marge de manœuvre pour influencer les cours. « Une offre supplémentaire de pétrole iranien pourrait temporairement stabiliser les prix, mais elle risque aussi de ralentir la transition vers les énergies propres », a-t-elle analysé.
Décarbonation et réchauffement climatique : des enjeux liés
La crise énergétique actuelle ne peut être dissociée des défis climatiques. Lors de l’émission du 31 mars, Dorothée Rouzet, cheffe économiste de la direction générale du Trésor, a rappelé que le réchauffement climatique « impacte déjà les économies, avec des coûts croissants liés aux événements extrêmes ». Elle a également insisté sur la nécessité d’accélérer la décarbonation en 2026, malgré les tensions sur les marchés. « Les investissements dans les énergies vertes doivent être maintenus, voire renforcés, pour éviter un effet rebond des émissions une fois la crise énergétique passée », a-t-elle déclaré. Clémentine Gallès, cheffe économiste chez Société Générale Private Banking, a abondé dans ce sens, évoquant un « moment charnière pour l’Europe, qui doit concilier relance économique et neutralité carbone. »
En conclusion, la crise énergétique de 2026 s’impose comme un défi multidimensionnel, à la fois économique, géopolitique et climatique. Si l’AIE et les gouvernements tentent de répondre à l’urgence, les solutions structurelles – comme la diversification des approvisionnements ou l’accélération des investissements verts – resteront essentielles pour éviter de reproduire les mêmes erreurs demain.
Le « surplus fiscal » est une taxe exceptionnelle proposée par le gouvernement français pour taxer une partie des bénéfices jugés « excessifs » des compagnies pétrolières et énergétiques. Cette mesure vise à financer des aides ciblées pour les ménages et les entreprises touchés par la hausse des prix des carburants. Son principe repose sur l’idée que les énergéticiens profitent de la flambée des prix pour réaliser des marges importantes. Cependant, cette proposition fait débat, certains craignant qu’elle ne décourage les investissements dans les énergies renouvelables.
