Une croisière partie d’Ushuaïa en Argentine le 1er avril dernier est désormais au cœur d’une enquête sanitaire après la découverte de cas de hantavirus, un virus particulièrement dangereux ayant déjà causé la mort de trois passagers. Selon Libération, les embarquements et débarquements successifs des voyageurs, à chaque escale, ont compliqué le traçage des personnes potentiellement exposées.

Ce qu'il faut retenir

  • Départ le 1er avril depuis Ushuaïa, en Argentine, pour une croisière de plusieurs semaines.
  • Trois décès confirmés liés au hantavirus parmi les passagers.
  • Plusieurs embarquements et débarquements ont eu lieu lors des escales, compliquant le suivi des personnes exposées.
  • Le hantavirus, transmis par des rongeurs, peut provoquer une maladie grave avec un taux de létalité élevé.
  • Les autorités sanitaires tentent de retracer les contacts des passagers infectés.
  • La croisière a fait plusieurs étapes avant que l’alerte ne soit déclenchée.

Une croisière marquée par des escales successives

La croisière, partie le 1er avril d’Ushuaïa, a sillonné plusieurs ports sud-américains avant que les premiers symptômes graves n’apparaissent chez certains passagers. D’après les informations rapportées par Libération, le navire a effectué des escales régulières, permettant à des centaines de voyageurs de monter à bord ou de débarquer. Cette rotation constante a rendu difficile l’identification rapide des personnes potentiellement contaminées par le hantavirus.

Parmi les escales les plus fréquentées figurent des villes comme Valparaíso (Chili) et Montevideo (Uruguay), où des groupes de passagers ont pu embarquer ou quitter le navire. Les autorités sanitaires locales ont depuis été alertées et collaborent avec les organisateurs de la croisière pour établir la liste des contacts à risque.

Un virus mortel et une enquête en cours

Le hantavirus, transmis principalement par l’inhalation de particules infectieuses issues des déjections de rongeurs, peut provoquer le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), une maladie grave caractérisée par une insuffisance respiratoire aiguë. Selon les chiffres communiqués par les autorités sanitaires, trois passagers sont décédés après avoir contracté le virus lors de cette croisière. « Le taux de mortalité associé à cette forme de hantavirus est particulièrement élevé, d’où l’urgence de retracer les contacts », a précisé un porte-parole de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), cité par Libération.

Les investigations se concentrent désormais sur les lieux où les passagers infectés ont pu être exposés. Les rongeurs porteurs du virus pourraient avoir contaminé des zones spécifiques du navire ou des ports fréquentés par les voyageurs. Les autorités recommandent aux personnes ayant séjourné sur ce bateau de consulter un médecin en cas d’apparition de symptômes tels que fièvre, douleurs musculaires ou difficultés respiratoires.

Des passagers et des organisateurs sous surveillance

Plusieurs associations de passagers ont demandé des clarifications aux organisateurs de la croisière, notamment sur les mesures de prévention mises en place à bord. « On nous avait assuré que le navire respectait les normes d’hygiène les plus strictes, mais visiblement, cela n’a pas suffi », a réagi un représentant d’une association, cité par Libération. Les organisateurs, de leur côté, affirment avoir signalé immédiatement les cas suspects aux autorités sanitaires dès leur détection.

Les autorités locales des pays visités par la croisière ont également renforcé les contrôles sanitaires dans les ports concernés. À Valparaíso, par exemple, les équipes de santé publique inspectent actuellement les lieux fréquentés par les passagers, notamment les zones de stockage et les restaurants à proximité du port. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les organisateurs du navire pour éviter toute nouvelle contamination », a indiqué un responsable de la santé chilienne.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de l’enquête dépendront des résultats des analyses en cours, notamment celles réalisées sur des échantillons prélevés à bord du navire et dans les ports visités. Une réunion d’urgence est prévue le 12 mai entre les autorités sanitaires sud-américaines et les représentants de la compagnie maritime pour établir un protocole de suivi des passagers et des membres d’équipage. Par ailleurs, les organisateurs de la croisière ont annoncé le report de toutes leurs prochaines rotations jusqu’à nouvel ordre.

Reste à savoir si d’autres cas de hantavirus seront détectés dans les jours à venir. Les autorités appellent les voyageurs ayant participé à cette croisière à se signaler auprès des services de santé de leur pays de résidence pour un suivi médical adapté.

Le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) se manifeste généralement par de la fièvre, des douleurs musculaires intenses, des maux de tête et, dans les cas graves, une détresse respiratoire aiguë. Les symptômes apparaissent généralement entre une et cinq semaines après l’exposition au virus.