L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) doit publier ce jeudi 7 août 2026 les chiffres officiels de la croissance économique française pour le deuxième trimestre, après un recul du produit intérieur brut (PIB) de 0,1 % enregistré au premier trimestre. Selon BFM Business, l’institut table sur une progression de 0,3 %, un chiffre légèrement supérieur aux prévisions de la Banque de France, qui anticipe une croissance de 0,2 % pour la même période. Cette publication intervient dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont pesé sur l’activité économique depuis le début de l’année.

La France, deuxième économie de la zone euro, sera le premier pays européen à dévoiler ses données de croissance trimestrielle. D’autres grandes économies européennes, comme l’Allemagne, l’Espagne ou l’Italie, suivront dans la matinée. Pour l’Irlande, dont le PIB avait chuté en début d’année en raison de fluctuations comptables liées aux multinationales installées sur son territoire, un rebond de 3,9 % a été enregistré au deuxième trimestre. Un chiffre qui contraste avec la morosité ambiante en Europe, où la croissance reste fragile.

Ce qu'il faut retenir

  • Croissance prévue au deuxième trimestre : l’Insee annonce un « regain temporaire » avec une croissance de 0,3 %, contre un recul de 0,1 % au premier trimestre.
  • Prévisions de la Banque de France : l’institution table sur une croissance de 0,2 %, tandis que les analystes interrogés par Bloomberg anticipent en moyenne une progression similaire.
  • Impact du conflit au Moyen-Orient : la guerre, débutée fin février 2026, a perturbé les échanges commerciaux et fait flamber les prix de l’énergie, bien que leur niveau ait finalement été moins élevé que craint initialement.
  • Consommation des ménages en berne : les économistes soulignent une dynamique de consommation atone, en raison notamment du choc énergétique et de l’inflation, même si celle-ci a reculé à 1,8 % en juin après un pic à 2,4 % en mai.
  • Perspectives pour 2026 : le gouvernement table sur une croissance annuelle de 0,7 %, tandis que certains analystes, comme ceux d’ING, estiment que le PIB pourrait ne progresser que de 0,5 % sur l’ensemble de l’année.

Un rebond économique attendu, mais limité par les incertitudes

Les prévisions de l’Insee pour le deuxième trimestre 2026 s’inscrivent dans un contexte de reprise modérée après le recul enregistré en début d’année. Selon les estimations de l’institut, la croissance devrait être tirée par un redressement des exportations, notamment dans les secteurs de l’industrie et des services marchands. « On s’attend à un trimestre faiblement positif », déclare Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco. Il rappelle que la baisse du PIB au premier trimestre, « avait surpris tout le monde », notamment en raison de retards dans les livraisons de commandes aéronautiques. « Sur le deuxième trimestre, la contribution des exportations va jouer dans l’autre sens », précise-t-il, tout en soulignant que « la consommation des ménages reste peu dynamique ».

Les perspectives de la Banque de France, qui tablait initialement sur une stagnation du PIB au deuxième trimestre, ont été révisées à la hausse début juillet. L’institution anticipe désormais une croissance de 0,2 %, portée par un rebond dans l’industrie et les services. Cependant, les analystes restent prudents. Peter Vanden Houte, économiste chez ING, estime que « la croissance pourrait stagner au deuxième trimestre », en raison de l’impact persistant de la guerre au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie et le pouvoir d’achat des ménages. « Les prix énergétiques ont fortement augmenté pendant plusieurs mois, pesant sur le revenu disponible », explique-t-il, tout en reconnaissant que « les exportations pourraient être un facteur plus positif ».

Le conflit au Moyen-Orient a pesé sur l’économie, mais moins que prévu

Le début du conflit au Moyen-Orient, en février 2026, avait fait craindre un choc économique majeur en Europe, avec une possible flambée des prix du pétrole. « On s’attendait à un baril à 150 ou 200 dollars », rappelle Sylvain Bersinger, « mais il a plafonné à 120 dollars avant de redescendre ». Cette modération a permis d’éviter un scénario catastrophe, même si l’inflation avait atteint un pic de 2,4 % en mai. Après la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran le 17 juin, les perspectives se sont éclaircies, permettant un reflux de l’inflation à 1,8 % en juin sur un an.

Malgré cette amélioration, les économistes restent vigilants. Le gouvernement français, qui avait adopté une « approche prudente » pour les troisième et quatrième trimestres, table désormais sur une croissance annuelle de 0,7 %. « Le deuxième trimestre devrait être marqué par les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’activité », avait indiqué l’exécutif en juillet. Quant aux analystes d’ING, ils estiment que la croissance « ne va probablement pas dépasser 0,5 % » sur l’ensemble de l’année, en raison notamment des risques liés aux canicules et aux incendies qui frappent actuellement plusieurs régions françaises.

Les feux de forêt et les vagues de chaleur pourraient peser sur la croissance

Les incendies qui ravagent actuellement la Gironde, le Var et la Côte-d’Or ajoutent une pression supplémentaire sur l’économie. Selon Peter Vanden Houte, « cela pourrait encore peser sur la croissance au troisième trimestre ». « Si les hostilités au Moyen-Orient s’arrêtent dans un proche avenir, on peut espérer un rebond au second semestre », ajoute-t-il. Pour l’heure, les dégâts matériels et les coûts liés à la gestion de ces crises naturelles pourraient peser sur les finances publiques et la consommation.

Les économistes soulignent également que la stagnation ou la faible croissance enregistrée depuis le début de l’année reflète une économie européenne en tension. Après l’Allemagne, confrontée à une crise industrielle sans précédent, et l’Irlande, dont la croissance est très volatile en raison de son secteur multinational, la France tente de trouver un équilibre fragile entre reprise et incertitudes géopolitiques.

Et maintenant ?

Les prochaines publications de l’Insee et de la Banque de France, prévues d’ici la fin du mois, devraient permettre d’affiner les prévisions pour les troisième et quatrième trimestres. La publication des chiffres de l’Allemagne, prévue dans la matinée, sera particulièrement scrutée, alors que le pays traverse une crise majeure dans son industrie automobile. Quant à l’issue du conflit au Moyen-Orient, elle restera un facteur déterminant pour les mois à venir, tout comme l’évolution des prix de l’énergie et la dynamique de la consommation des ménages.

En conclusion, si le deuxième trimestre 2026 devrait enregistrer une croissance positive en France, celle-ci reste fragile et largement dépendante des aléas géopolitiques et climatiques. Les économistes s’accordent à dire que la reprise sera progressive, sans excès d’optimisme. Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour confirmer ou non cette tendance.

Le recul du PIB de 0,1 % au premier trimestre 2026 s’explique principalement par la chute des exportations, notamment dans le secteur aéronautique, et par la hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient. Les retards dans les livraisons et la baisse de la demande extérieure ont pesé sur l’activité économique, selon les analyses de l’Insee et des économistes interrogés par BFM Business.

Plusieurs risques pèsent sur la croissance française pour la fin de l’année 2026 : la persistance des tensions au Moyen-Orient, qui pourraient faire remonter les prix de l’énergie, les vagues de chaleur et les incendies qui frappent actuellement plusieurs régions, et la faible dynamique de la consommation des ménages, affectée par le choc énergétique et une inflation encore élevée.