Selon Euronews FR, le secteur touristique cubain traverse une crise sans précédent. Près de trois quarts des hôtels du pays sont désormais fermés, une situation qualifiée de « quasi-paralysie totale » par le Premier ministre Manuel Marrero. Cette dégradation s’explique principalement par les sanctions américaines et une pénurie chronique de carburant, deux facteurs qui ont poussé plusieurs groupes hôteliers internationaux à quitter l’île.
Ce qu'il faut retenir
- Près de 73 % des hôtels cubains sont fermés, selon les déclarations du Premier ministre Manuel Marrero.
- Sept chaînes hôtelières internationales, représentant 46 % des chambres gérées à Cuba, ont cessé leurs activités sur l’île.
- Entre janvier et juin 2026, Cuba n’a accueilli que 360 000 touristes, soit une baisse de 58 % par rapport à la même période en 2025.
- Les sanctions américaines contre le conglomérat GAESA, contrôlé par l’armée cubaine, ont accéléré le retrait des opérateurs étrangers.
- Le tourisme, deuxième source de devises du pays, employait plus de 300 000 personnes avant la crise.
Un secteur jadis florissant aujourd’hui en crise
Avant cette crise, le tourisme représentait pour Cuba une manne financière essentielle, arrivant juste derrière les envois de fonds des émigrés. Plus de 300 000 emplois dépendaient directement de ce secteur, qui attirait autrefois des millions de visiteurs chaque année dans ses stations balnéaires, ses vieilles villes coloniales et ses stations balnéaires. Mais en 2026, la Vieille Havane, autrefois animée par des touristes en quête de soleil et de salsa, offre désormais une image bien différente : celle de rues désertes et d’hôtels fermés.
Selon Euronews FR, la situation s’est particulièrement dégradée depuis le début de l’année. « Le tourisme à Cuba est réduit à une quasi-paralysie totale », a déclaré le Premier ministre Manuel Marrero lors d’une conférence de presse. Ce dernier a précisé que 73 % des établissements hôteliers** du pays avaient dû fermer leurs portes, faute de clients et de carburant pour fonctionner.
Des sanctions américaines et une pénurie de carburant dévastatrices
Plusieurs facteurs expliquent cette crise. Dès février 2026, le gouvernement cubain avait annoncé une pénurie de carburant aérien, contraignant des compagnies aériennes canadiennes, russes et européennes à suspendre leurs vols vers l’île. Une décision qui a eu un effet immédiat sur l’afflux de touristes. Mais c’est l’escalade des sanctions américaines qui a porté le coup de grâce au secteur.
En mai 2026, Washington a imposé des sanctions contre le conglomérat GAESA, un groupe économique contrôlé par l’armée cubaine. Ces mesures ont poussé plusieurs opérateurs hôteliers internationaux à rompre leurs accords de gestion pour éviter d’être eux-mêmes sanctionnés par les États-Unis. « Les difficultés du secteur se sont accentuées après ces sanctions », souligne Euronews FR.
Une chute brutale du nombre de touristes
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre janvier et juin 2026, Cuba n’a accueilli que 360 000 visiteurs internationaux, selon les données citées par Euronews FR. Ce chiffre représente une baisse de 58 % par rapport à la même période en 2025. Pire encore, cette année 2026 s’inscrit dans la continuité d’une année 2025 déjà désastreuse : l’île n’avait alors enregistré que 1,81 million de touristes, le pire résultat depuis 2002 et bien en dessous de l’objectif officiel de 2,6 millions fixé par les autorités.
Comme le rappelle Euronews FR, cette situation marque un tournant pour un secteur qui, depuis les années 1990, reposait en grande partie sur la présence de grands groupes hôteliers internationaux, notamment espagnols. Trois décennies de collaboration entre La Havane et ces groupes semblent aujourd’hui révolues.
Le retrait des géants du tourisme espagnol
Parmi les sept chaînes hôtelières internationales ayant quitté Cuba, trois grands groupes espagnols occupaient une place centrale : Meliá Hotels International, Iberostar et Barceló. Ensemble, ces groupes géraient près de la moitié des chambres d’hôtel du pays. Pourtant, après des décennies de présence ininterrompue, ils ont tous annoncé leur départ définitif en 2026.
Dès le 24 juillet, Meliá a confirmé la fermeture de ses 34 hôtels sur l’île, une décision prise en raison des « difficultés opérationnelles, juridiques, économiques et financières persistantes » affectant Cuba. Iberostar et Barceló ont également confirmé qu’ils ne géraient plus aucun établissement sur place. « Ce retrait achève un processus entamé en juin et marque la fin de plus de trente ans de domination des groupes espagnols dans le tourisme cubain », précise Euronews FR.
« Les difficultés opérationnelles, juridiques, économiques et financières qui affectent Cuba de manière persistante ont rendu notre présence sur l’île insoutenable. »
— Déclaration de Meliá Hotels International à la Commission nationale espagnole du marché des valeurs (CNMV)
Alors que le tourisme était autrefois un pilier de l’économie cubaine, sa quasi-disparition laisse présager une période d’incertitude pour l’île. Entre les sanctions, la pénurie de carburant et le retrait des acteurs internationaux, le gouvernement cubain devra faire preuve d’inventivité pour relancer une activité qui, pendant des décennies, a fait la renommée de l’île.
La crise du tourisme à Cuba en 2026 est principalement due à deux facteurs : d’une part, les sanctions américaines, notamment celles imposées en mai 2026 contre le conglomérat GAESA, contrôlé par l’armée cubaine, qui ont poussé plusieurs opérateurs internationaux à quitter l’île par crainte de sanctions secondaires. D’autre part, la pénurie de carburant aérien annoncée en février 2026 a entraîné la suspension des vols de plusieurs compagnies aériennes, réduisant drastiquement l’afflux de touristes.