L'eurodéputée européenne Rima Hassan, membre de La France insoumise (LFI), a déposé une plainte pour cyberharcèlement contre le journaliste Jean Quatremer, comme le rapporte Franceinfo - Politique. Cette action judiciaire, engagée au parquet de Paris le 29 juillet 2026, s'appuie sur un an de publications ciblant l'élue sur le réseau social X, où elle aurait été mentionnée à 157 reprises.
Ce qu'il faut retenir
- Rima Hassan, eurodéputée LFI depuis 2024, a porté plainte contre le journaliste Jean Quatremer pour « cyberharcèlement » et « acharnement » sur les réseaux sociaux.
- Entre juin 2025 et mai 2026, Quatremer a mentionné l'élue 157 fois sur X, utilisant notamment les termes « Rima Hamas » (18 fois) et « Lady Gaza » (9 fois), selon la plainte.
- Ces publications ont cumulé plus d’1,5 million de vues et incluaient des accusations qualifiées de « fausses » et d’« insultantes » par l'élue.
- La plainte évoque aussi le relais par Quatremer d’une caricature controversée d’Alexsandro Palombo, montrant Adolf Hitler avec un keffieh palestinien, ce qui a conduit à une confrontation publique entre les deux personnalités.
- Rima Hassan doit comparaître les 16 septembre pour « apologie publique de crime ou délit » et « provocation à commettre un crime ou délit », puis les 19 et 20 octobre pour « apologie du terrorisme ».
- Jean Quatremer, qui quitte Libération pour Marianne, a réagi à la plainte en affirmant : « J’ai hâte de la retrouver au tribunal ! ».
L’initiative de Rima Hassan s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre certains médias et les représentants politiques critiques envers la politique israélienne. L’eurodéputée, connue pour son engagement en faveur de la cause palestinienne, dénonce une « campagne de harcèlement en ligne » à laquelle auraient participé de nombreux utilisateurs de X. Selon la plainte consultée par Franceinfo, les publications de Jean Quatremer ont généré plus d’un million et demi de vues, amplifiant ainsi leur portée.
Parmi les éléments les plus contestés figurent les accusations répétées portées par le journaliste contre Rima Hassan. La plainte cite notamment un échange survenu fin mai 2026, lorsque Quatremer a relayé une œuvre de l’artiste italien Alexsandro Palombo, représentant Adolf Hitler vêtu d’un keffieh palestinien et portant un brassard rouge marqué du mot « HATE ». L’eurodéputée a vivement réagi sur X, dénonçant cette publication, avant que le journaliste ne la qualifie publiquement de « passionnément antisémite ». Cette dernière intervention, vue plus de 62 000 fois, est également mentionnée dans la plainte.
« Jean Quatremer nourrit de fausses accusations et des insultes à répétition dans une attitude ouvertement dénigrante », peut-on lire dans le document juridique. « Nul, fût-il journaliste ou pourvu d’une large audience, ne saurait s’exonérer des conséquences pénales d’une participation à une campagne de harcèlement en ligne. »
Vincent Brengarth, avocat de Rima Hassan, contacté par Franceinfo, a rappelé cette exigence légale.
De son côté, Jean Quatremer a annoncé son départ de Libération, où il couvrait l’actualité des institutions européennes depuis plusieurs années, pour rejoindre l’hebdomadaire Marianne. Ce choix éditorial fait suite à ses prises de position publiques, notamment sur le conflit israélo-palestinien, qui ont suscité de vifs débats. Interrogé sur la plainte déposée contre lui, le journaliste a répondu par une provocation : « J’ai hâte de la retrouver au tribunal ! ». Il sera défendu par l’avocat Richard Malka.
L’affaire survient alors que Rima Hassan fait déjà l’objet de poursuites judiciaires dans le cadre de son engagement politique. L’eurodéputée doit comparaître à trois reprises devant la justice : le 16 septembre pour les chefs d’« apologie publique de crime ou délit » et de « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit », puis les 19 et 20 octobre pour « apologie du terrorisme ». Elle a par ailleurs porté plainte pour « violation du secret de l’enquête », après une garde à vue très médiatisée le 2 avril 2026.
Cette affaire illustre les défis posés par les réseaux sociaux dans le débat public, où les échanges entre personnalités politiques et journalistes peuvent rapidement basculer dans l’affrontement. Elle soulève également des questions sur les limites de la liberté d’expression et les responsabilités des acteurs médiatiques dans un contexte géopolitique particulièrement sensible.
Les prochaines étapes judiciaires, notamment les dates de comparution de Rima Hassan, seront suivies avec attention par les observateurs politiques et juridiques. Quant à Jean Quatremer, son départ de Libération marque une nouvelle étape dans une carrière déjà marquée par des polémiques, laissant présager que ce conflit ne s’éteindra pas de sitôt.
Rima Hassan doit répondre de trois chefs d’accusation : « apologie publique de crime ou délit » et « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit » pour la comparution du 16 septembre 2026, puis « apologie du terrorisme » pour celle des 19 et 20 octobre 2026.
Jean Quatremer a annoncé son départ de Libération pour rejoindre Marianne, évoquant des raisons liées à ses prises de position publiques, notamment sur le conflit israélo-palestinien, qui ont suscité des débats au sein de sa rédaction d’origine.