Les travaux d’un réservoir de 113 000 mètres cubes, destiné à alimenter les canons à neige de la station des Angles, dans les Pyrénées-Orientales, ont débuté en pleine période de sécheresse estivale. Une initiative que plusieurs associations environnementales jugent prématurée, faute d’études d’impact jugées insuffisantes. Selon Le Monde, ce projet, porté par la station de ski catalane, suscite une vive opposition, alors que la région fait face à des restrictions d’eau récurrentes.

Ce qu'il faut retenir

  • La station des Angles construit un réservoir de 113 000 m³ pour accroître sa production de neige artificielle.
  • Plusieurs associations ont saisi la justice, estimant que les études d’impact sont insuffisantes.
  • Le projet intervient dans un département déjà confronté à des tensions sur la ressource en eau.
  • Les travaux ont débuté malgré l’opposition, alors que les restrictions d’eau se multiplient en été.

Un projet au cœur des tensions sur la gestion de l’eau

Dans les Pyrénées-Orientales, département régulièrement touché par des épisodes de sécheresse, la construction d’un réservoir supplémentaire par la station des Angles cristallise les débats sur l’usage de l’eau. Ce bassin de 113 000 mètres cubes, destiné à stocker de l’eau pour la production de neige de culture, est perçu par ses défenseurs comme un moyen de sécuriser l’enneigement hivernal. Mais pour ses détracteurs, il représente une utilisation excessive d’une ressource déjà sous tension.

Comme le rapporte Le Monde, les associations environnementales, parmi lesquelles figure France Nature Environnement, ont saisi la justice administrative pour contester la légalité des autorisations délivrées. Elles estiment que les études d’impact environnemental n’ont pas été menées avec suffisamment de rigueur, notamment sur les conséquences pour les milieux aquatiques locaux.

Des études jugées incomplètes par les opposants

Les recours déposés par les associations s’appuient sur plusieurs arguments. D’abord, elles soulignent que le dossier n’a pas pris en compte les besoins en eau des autres usagers, notamment agricoles, alors que les Pyrénées-Orientales comptent parmi les départements les plus exposés aux pénuries estivales. Ensuite, elles pointent du doigt l’absence d’analyse approfondie sur l’impact du projet sur les zones humides environnantes, pourtant protégées au titre de la directive européenne sur l’eau.

« Les études d’impact présentées par la station des Angles ne répondent pas aux exigences légales en matière de préservation des ressources naturelles », a affirmé Me Sophie Marceau, avocate représentant l’une des associations plaignantes, dans un communiqué. « Nous demandons au tribunal administratif de suspendre les travaux en attendant un réexamen complet du dossier. »

La station des Angles défend son projet

Côté porteurs du projet, on assure que les mesures compensatoires ont été prises pour limiter l’empreinte écologique du réservoir. « Ce bassin permettra de réduire notre dépendance aux prélèvements directs dans les cours d’eau, déjà fortement sollicités en hiver », a expliqué le directeur de la station, Jean-Luc Sanchez, dans un entretien accordé à Le Monde. « Nous avons également prévu des dispositifs pour limiter les pertes par évaporation et garantir un remplissage partiel grâce aux précipitations hivernales. »

La station, située à 1 600 mètres d’altitude, mise sur ce projet pour maintenir son attractivité touristique face à la concurrence des stations voisines. Mais la polémique pourrait bien freiner son développement, alors que les prévisions météorologiques annoncent des hivers de plus en plus secs dans les décennies à venir.

Et maintenant ?

Le tribunal administratif de Montpellier devrait rendre sa décision sur les recours déposés d’ici la fin de l’été. En cas de suspension des travaux, la station des Angles pourrait se retrouver dans une situation délicate, alors que la saison hivernale approche. Les associations, elles, appellent déjà à une révision globale de la politique de gestion de l’eau dans les Pyrénées-Orientales, où les conflits d’usage risquent de s’aggraver avec le changement climatique.

Reste à savoir si ce projet servira d’exemple ou, au contraire, alimentera les tensions autour de l’eau dans les massifs montagneux français.

La station souhaite augmenter sa capacité de production de neige artificielle pour garantir l’enneigement des pistes, même en cas d’hivers peu enneigés. Le réservoir de 113 000 m³ doit permettre de stocker de l’eau en hiver pour une utilisation en période de faible précipitations.