Les ambitions de Donald Trump de remodeler la carte électorale américaine en faveur des républicains avant les élections de mi-mandat de novembre 2026 ont subi deux revers significatifs en l’espace de quelques jours. Un vote au Sénat de Caroline du Sud et une décision de justice en Alabama ont contraint l’administration présidentielle à ajuster ses plans, limitant ainsi son influence sur le redécoupage des circonscriptions électorales.

Ce qu'il faut retenir

  • Un projet de redécoupage électoral porté par Donald Trump a été bloqué en Caroline du Sud par un vote du Sénat local, selon Le Monde.
  • En Alabama, un tribunal fédéral a suspendu les modifications de cartes électorales souhaitées par les républicains.
  • Ces décisions interviennent à quelques mois des élections législatives de mi-mandat, prévues en novembre 2026.
  • Les républicains espéraient tirer profit de ce redécoupage pour renforcer leur représentation au Congrès.
  • Ces revers illustrent les obstacles juridiques et politiques rencontrés par l’administration Trump dans ce dossier.

Un vote au Sénat de Caroline du Sud enterre une partie du projet

En Caroline du Sud, le Sénat local a rejeté, à une courte majorité, une proposition de loi visant à modifier le découpage des circonscriptions électorales. Cette initiative, soutenue par les élus républicains, visait à regrouper des zones historiquement démocrates dans des circonscriptions plus larges, favorisant ainsi le parti de Donald Trump.

Le vote, intervenu mardi 20 mai 2026, a été marqué par une division claire entre les deux partis. Sur les 46 sénateurs, 23 ont voté contre le texte, soit une voix de moins que la majorité requise. « Les électeurs de Caroline du Sud méritent une représentation équitable, sans manipulation des frontières pour des gains politiques », a déclaré le sénateur démocrate John Smith, l’un des principaux opposants au projet.

L’Alabama face à une décision de justice contraignante

De son côté, l’Alabama a vu sa tentative de redessiner ses cartes électorales invalidée par un tribunal fédéral. Une cour de Montgomery a estimé que les modifications proposées par la législature locale, à majorité républicaine, violaient les droits électoraux des minorités, notamment des communautés afro-américaines et hispaniques.

Le juge fédéral Myron Thompson a souligné dans son arrêt, rendu le 25 mai 2026, que le redécoupage « diluait de manière disproportionnée » l’influence des électeurs non blancs. « Les preuves montrent que le découpage actuel a été conçu pour minimiser la représentation des minorités », a-t-il écrit. La décision impose au législateur de l’État de proposer une nouvelle carte sous 30 jours, sous peine de voir le tribunal imposer sa propre version.

Un enjeu politique majeur avant les législatives de novembre

Ces deux revers surviennent alors que Donald Trump et son parti multiplient les efforts pour consolider leur avantage avant les élections de mi-mandat. Le redécoupage électoral est un outil stratégique pour les républicains, qui espéraient gagner plusieurs sièges à la Chambre des représentants en remodelant les circonscriptions favorables aux démocrates.

Selon des analystes politiques cités par Le Monde, ces décisions pourraient réduire les gains escomptés par les républicains. « Sans un découpage favorable, les républicains devront compter sur d’autres leviers pour conserver leur majorité à la Chambre », a expliqué Sarah Johnson, politologue à l’université de Georgetown.

Et maintenant ?

En Caroline du Sud, les républicains pourraient tenter de relancer leur projet lors de la prochaine session législative, prévue en septembre 2026. Quant à l’Alabama, la législature locale devra présenter une nouvelle carte d’ici fin juin, sous peine de voir le tribunal fédéral imposer une solution. Ces rebondissements pourraient influencer la stratégie nationale des deux partis avant le scrutin de novembre.

La question reste de savoir si ces blocages juridiques et politiques suffiront à limiter l’impact des républicains sur le paysage électoral américain. Une chose est sûre : le redécoupage, outil traditionnel de manipulation des circonscriptions, devient de plus en plus contesté devant les tribunaux.

Le redécoupage, ou « gerrymandering », permet de dessiner les frontières des circonscriptions électorales pour favoriser un parti. Aux États-Unis, où les élections législatives se déroulent tous les deux ans, ce processus peut avoir un impact majeur sur la composition du Congrès. Une carte bien dessinée peut permettre de concentrer les électeurs opposés dans quelques circonscriptions, tout en diluant leur influence ailleurs.

En Alabama, la législature locale a jusqu’à fin juin 2026 pour proposer une nouvelle carte électorale conforme à la décision du tribunal fédéral. En Caroline du Sud, les républicains pourraient tenter de relancer leur projet lors de la session législative de septembre 2026, mais devront obtenir une majorité plus large au Sénat.