Une main momifiée d’une teinte verdâtre, découverte dans un cimetière abandonné de Hongrie, défie les règles de la conservation naturelle. Selon Futura Sciences, cette découverte, réalisée lors de fouilles menées en 2005 à Nyárlőrinc, met en lumière un phénomène biologique et funéraire exceptionnel.

Ce qu'il faut retenir

  • Une main de nourrisson prématuré, âgée d’environ 6,5 à 7 mois lunaires, a été retrouvée momifiée dans un pot funéraire, avec une teinte verte inhabituelle.
  • Les analyses révèlent une concentration en cuivre 497 fois supérieure à celle observée dans d’autres momies, expliquant sa conservation exceptionnelle.
  • Une pièce de monnaie datée entre 1858 et 1862 a été retrouvée près de la main, ajoutant une énigme supplémentaire à cette découverte.
  • Les autres corps enterrés à proximité se sont décomposés normalement, ce qui rend cette momification d’autant plus remarquable.
  • Cette découverte pourrait constituer le premier cas documenté de momification naturelle principalement provoquée par la présence de cuivre.

Une découverte archéologique hors norme à Nyárlőrinc

En 2005, une équipe d’archéologues explore un cimetière hongrois abandonné depuis au moins 150 ans, situé à Nyárlőrinc. Parmi les vestiges mis au jour, une main momifiée attire immédiatement l’attention des chercheurs. Cette main, appartenant à un nourrisson prématuré d’environ 6,5 à 7 mois lunaires, présente une teinte verdâtre inhabituelle. Alors que les autres corps enterrés dans le cimetière se sont décomposés normalement, cette exception intrigue la communauté scientifique.

Selon Futura Sciences, la conservation de cette main est d’autant plus surprenante qu’elle concerne des tissus mous, généralement plus vulnérables à la décomposition. Les analyses menées par les chercheurs révèlent une concentration en cuivre exceptionnelle, jusqu’à 497 fois supérieure à celle observée dans d’autres momies. Ce métal, connu pour ses propriétés antimicrobiennes, aurait empêché l’action des micro-organismes responsables de la décomposition.

Un mécanisme de conservation inédit lié au cuivre

Pour comprendre ce phénomène, les scientifiques ont réalisé des analyses chimiques approfondies. Leurs résultats confirment que la présence élevée de cuivre dans les tissus de la main a joué un rôle clé dans sa momification. Le cuivre, en bloquant l’action des bactéries et des champignons, a permis une conservation exceptionnelle de cette partie du corps. Cette découverte constitue, selon les chercheurs, le premier cas documenté de momification naturelle principalement attribuable à la présence de ce métal.

La main n’est pas la seule zone préservée : certaines parties du corps contaminées par le cuivre ont également résisté à la décomposition. Cette observation renforce l’hypothèse d’un mécanisme de conservation lié à la concentration en cuivre, un phénomène inédit dans les archives bioarchéologiques.

Une pièce de monnaie et des questions funéraires

Un autre élément intrigue les chercheurs : une pièce de monnaie retrouvée près de la main. Datée entre 1858 et 1862, cette pièce semble postérieure à l’abandon du cimetière, ce qui ajoute une énigme supplémentaire à cette découverte. Selon Futura Sciences, cette monnaie pourrait s’inscrire dans une pratique funéraire répandue à l’époque : déposer une pièce auprès du défunt pour faciliter le passage de son âme.

Cette coutume, qui symbolisait une offrande destinée à ouvrir les portes du paradis ou à payer un passage vers l’au-delà, pourrait expliquer la présence de la pièce. Les chercheurs estiment que les sépultures concernées pourraient correspondre à des nourrissons morts prématurément, probablement peu après leur naissance. Deux autres bébés, non momifiés, ont été retrouvés sur le site, confirmant que ces sépultures étaient réservées à des enfants prématurés.

Un contexte funéraire et social complexe

Les chances de survie des grands prématurés étaient extrêmement faibles avant le XXe siècle. La découverte de ces sépultures, dont une avec une momification partielle, éclaire les pratiques funéraires et les croyances associées à la mort des nourrissons à cette époque. Selon les chercheurs, ces pratiques pourraient refléter une tentative de protéger l’âme du défunt ou de faciliter son voyage vers l’au-delà.

Cette découverte, publiée dans la revue Archaeological and Anthropological Sciences, ouvre de nouvelles perspectives sur les rituels funéraires en Hongrie au XIXe siècle. Elle pourrait également inciter à réexaminer d’autres sites archéologiques similaires, à la recherche de traces de pratiques funéraires comparables.

Et maintenant ?

Les chercheurs prévoient d’approfondir leurs analyses pour confirmer l’origine de la concentration en cuivre et comprendre si cette pratique était répandue dans d’autres régions. D’autres fouilles pourraient révéler des sépultures similaires, permettant de mieux cerner les croyances et les rituels funéraires liés aux nourrissons prématurés au XIXe siècle.

Cette découverte soulève également des questions sur la conservation des tissus mous dans des contextes archéologiques. Les scientifiques pourraient développer de nouvelles méthodes d’analyse pour étudier des cas comparables, contribuant ainsi à enrichir les connaissances en bioarchéologie.

La teinte verdâtre de la main s’explique par la présence exceptionnelle de cuivre, qui a réagi avec les tissus et créé ce pigment inhabituel. Dans les contextes archéologiques, une telle coloration est rarement observée, surtout sur des tissus mous.