Le 24 juillet 2026, l'Agence spatiale européenne (ESA) a dévoilé une nouvelle image du centre de la Voie lactée, réalisée à partir des données du télescope spatial Euclid. Cette image, qui allie champ large et haute résolution comme jamais auparavant, a été construite à partir des données d'Euclid, puis enrichie en couleurs grâce à des observations complémentaires réalisées avec la caméra MegaCam, au télescope Canada-France-Hawaï (CFHT). Selon Futura Sciences, cette image est réellement sans précédent, avec ses 6 milliards de pixels et plus de 60 millions d'étoiles répertoriées.
Derrière chaque photographie du ciel se cache en réalité un processus vertigineux d'assemblage, de correction et de recomposition, au point que Jean-Charles Cuillandre, astronome au CEA et membre de la mission Euclid, résume l'opération d'une formule aussi simple qu'évocatrice : « une mosaïque de mosaïques de mosaïques ».
Ce qu'il faut retenir
- L'image du centre de la Voie lactée a été réalisée à partir des données du télescope spatial Euclid et de la caméra MegaCam.
- Elle compte 6 milliards de pixels et plus de 60 millions d'étoiles répertoriées.
- Le processus de création de cette image a nécessité plusieurs centaines d'heures de traitement.
Le processus de création de l'image
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, « cette image n'a pas été obtenue par Euclid en une seule prise de vue », tient à préciser l'astronome. Le télescope spatial Euclid ne possède pas un capteur unique, mais est composé de 36 capteurs différents, pour un total de 610 millions de pixels. Chacun de ces 36 capteurs est lu par quatre sorties électroniques séparées, ce qui signifie que chaque image est en réalité composée de 144 petits morceaux distincts.
Le premier défi consiste donc à harmoniser tous ces morceaux entre eux, pour que l'image finale ne révèle aucune trace de cette fragmentation technique. Un travail de fourmi, invisible, mais indispensable. Le problème des trous dans le puzzle est également présent, car entre les capteurs, il existe forcément de minuscules espaces vides, qui laissent des trous dans l'image du ciel.
La combinaison des images
La solution employée est aussi simple qu'élégante : le télescope prend plusieurs photos successives, en se décalant très légèrement à chaque fois. Un peu comme si l'on photographiait un paysage avec un appareil photo dont le viseur comporterait des zones aveugles, en déplaçant très légèrement l'appareil à chaque cliché pour combler les trous laissés par le précédent.
Le vrai défi ne réside pas dans la prise de vue elle-même, mais dans l'assemblage final. Recoller ces images en une seule doit se faire avec une précision absolue. La moindre imperfection, tel un léger décalage, une différence de luminosité, trahirait immédiatement l'origine artificielle de l'assemblage.
Comme le rapporte Futura Sciences, cette image du centre galactique résulte donc d'un empilement de défis techniques à plusieurs niveaux : « l'assemblage de dizaines de capteurs individuels au sein d'une même caméra, l'assemblage de plusieurs prises de vue décalées pour combler les trous entre ces capteurs, puis l'assemblage de plusieurs champs du ciel pour former une image plus large, le tout complété par l'ajout de données de couleur provenant d'un second télescope ».