L’indice Stoxx Europe Total Market Aerospace & Defense, qui regroupe les principales valeurs européennes du secteur de la défense dont Dassault Aviation et Thales, a atteint un record historique début janvier 2026 avant d’amorcer une correction. Selon Capital, cette baisse s’inscrit dans un mouvement plus large touchant les valeurs industrielles, sous la pression des tensions géopolitiques et des craintes économiques. Alexandre Baradez, responsable des analyses marchés chez IG France, souligne que cette correction reste « classique » dans un contexte où l’Europe reste moins exposée que les États-Unis aux conflits directs.

Ce qu'il faut retenir

  • L’indice Stoxx Europe Total Market Aerospace & Defense a progressé de plus de 300 % entre 2022 et 2026, avant de connaître une correction début 2026.
  • Les tensions géopolitiques (Iran, Ukraine) ont joué un rôle, mais l’Europe est moins exposée que les États-Unis aux opérations militaires directes.
  • Le plan "ReArm EU", lancé en mars 2025 avec 150 milliards d’euros de prêts, soutient durablement les dépenses de défense en Europe.
  • Les actions européennes du secteur s’échangent avec des multiples de valorisation inférieurs à ceux des valeurs américaines (ratio PER moyen de 25 fois en Europe contre plus de 40 fois aux États-Unis).
  • Les contrats de défense s’étalent sur 10 à 30 ans, offrant une visibilité exceptionnelle sur les revenus et marges des entreprises.

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran, bien que moins médiatisées ces dernières semaines, continuent d’influencer les marchés. Selon Capital, l’indice de la défense n’a pas réagi aussi fortement que les valeurs américaines aux crises géopolitiques récentes. « L’Europe est nettement moins présente que les États-Unis sur les théâtres d’opérations », explique l’analyste. Pourtant, la correction observée depuis janvier s’explique aussi par des facteurs économiques plus larges : hausse du prix du pétrole, inflation persistante, remontée des taux d’intérêt et révision à la baisse des perspectives de croissance.

Malgré ce repli, les perspectives à moyen et long terme restent solides. Le secteur bénéficie en effet d’un « supercycle » pluriannuel, porté par les investissements massifs des États européens. Le plan "ReArm EU", lancé en mars 2025, prévoit 150 milliards d’euros de prêts pour des achats conjoints d’armes. Des pays comme la Pologne (qui consacre 4,7 % de son PIB à la défense en 2025), l’Allemagne (avec un fonds spécial porté à plus de 100 milliards d’euros) ou le Royaume-Uni accélèrent leurs dépenses militaires, garantissant un flux de revenus prévisible pour les industriels.

Des valorisations attractives par rapport aux États-Unis

Un autre atout des valeurs européennes de la défense réside dans leurs multiples de valorisation. « Les actions du secteur s’échangent avec un ratio PER moyen de 25 fois en Europe, contre plus de 40 fois aux États-Unis », précise Capital. Cette différence s’explique par la maturité des marchés américains, mais aussi par la croissance attendue en Europe, où la demande reste dynamique. Les entreprises du secteur bénéficient également d’une visibilité exceptionnelle, grâce à des contrats s’étalant sur plusieurs décennies.

Les contrats de défense, qu’il s’agisse de développement, de production ou de maintenance, couvrent des périodes de 10 à 30 ans. Même en cas d’apaisement des tensions géopolitiques, ces commandes sont déjà signées ou quasi-certaines. « C’est un « supercycle » pluriannuel, indépendant des fluctuations géopolitiques à court terme », souligne l’analyse. Par ailleurs, la diversification géographique des entreprises européennes – avec des positions fortes en Asie, au Moyen-Orient ou dans les pays nordiques – renforce leur résilience.

Analyse technique : des niveaux d’achat identifiés

D’un point de vue technique, l’indice Stoxx Europe Total Market Aerospace & Defense est revenu au contact du retracement de Fibonacci à 23,6 % de tout son rallye de 2022 à 2026. Ce niveau a déjà servi de support à plusieurs reprises, ce qui en fait une zone d’intérêt pour les investisseurs. « Si nous devions passer sous cette zone en cas de détente géopolitique plus marquée à court terme, une stratégie de « buy the dip » (acheter le creux) semble adaptée », indique l’analyse. Le retracement de Fibonacci à 38,2 % pourrait également offrir une opportunité, d’autant qu’une ligne de support oblique (« trendline ») passe à proximité.

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Et maintenant ?

À court terme, la poursuite de la détente géopolitique pourrait prolonger la correction actuelle sur les valeurs de la défense. Cependant, les analystes s’attendent à un rebond une fois les tensions apaisées, compte tenu des fondamentaux solides du secteur. Les prochaines échéances à surveiller incluent les annonces budgétaires des États européens et les résultats trimestriels des industriels, qui pourraient confirmer – ou infirmer – la dynamique actuelle.

Pour les investisseurs, la stratégie de « buy the dip » reste pertinente, surtout si l’indice venait à tester les niveaux techniques identifiés. Reste à voir si les tensions au Moyen-Orient ou en Europe de l’Est reprendront de l’ampleur dans les prochaines semaines.

Parmi les pays les plus actifs, on retrouve la Pologne (4,7 % de son PIB dédié à la défense en 2025), l’Allemagne (plus de 100 milliards d’euros injectés via un fonds spécial) et le Royaume-Uni, qui accélèrent leurs investissements dans le cadre du plan « ReArm EU » et de leurs propres stratégies nationales.

Les analystes recommandent une stratégie de « buy the dip », c’est-à-dire acheter les valeurs du secteur après une baisse, en ciblant des niveaux techniques comme le retracement de Fibonacci à 23,6 % ou 38,2 %. Les contrats à long terme des entreprises offrent une visibilité rassurante pour les investisseurs.