Zack Polanski, 43 ans, s’impose comme la figure montante de la gauche britannique depuis sa prise de fonction à la tête du Parti vert en septembre 2025. Selon BMF - International, ce dernier mise sur un discours mêlant écologie et justice sociale pour redessiner l’échiquier politique, à quelques heures des élections locales du 7 mai 2026 qui pourraient bouleverser l’équilibre traditionnel entre travaillistes et conservateurs.
Avec près de 85 % des voix lors de son élection à la tête des Verts, Polanski a réussi à quadrupler le nombre d’adhérents en moins d’un an. Son objectif affiché ? Devenir la première force de gauche au Royaume-Uni, voire remplacer le Parti travailliste, affaibli par la perte de popularité de Keir Starmer. Les sondages anticipent déjà une recomposition du paysage politique, avec une montée en puissance des Verts et du parti anti-immigration Reform UK, tandis que les conservateurs et les travaillistes pourraient subir de lourdes pertes. Selon les projections du Independent, ces derniers pourraient perdre jusqu’à 1 500 des 2 550 sièges qu’ils défendent.
Ce qu'il faut retenir
- Zack Polanski, 43 ans, dirige le Parti vert britannique depuis septembre 2025 et a quadruplé le nombre d’adhérents en moins d’un an.
- Il entend remplacer le Parti travailliste comme première force de gauche et vise les élections locales du 7 mai 2026.
- Les Verts pourraient remporter des centaines de sièges, notamment à Londres, après avoir déjà remporté une élection législative partielle en février 2026.
- Polanski se revendique « éco-populiste » et place la justice sociale au cœur de son discours, critiquant les milliardaires et les multinationales.
- Il a déjà suscité des polémiques, notamment sur ses positions propalestiniennes et des propos jugés ambigus sur l’antisémitisme.
Un parcours atypique et une ascension fulgurante
Né David Paulden en 1982, Zack Polanski a choisi en 2000 de porter le nom de ses grands-parents en hommage à ses origines juives. Originaire de Manchester, il découvre la politique aux États-Unis dans les années 2000, marqué par les inégalités sociales et les discriminations. « En constatant les inégalités, le racisme et l’homophobie, j’ai été confronté à une réalité qui m’a poussé à m’engager », a-t-il expliqué au Guardian. Victime de harcèlement en raison de son homosexualité, il rejoint d’abord les Libéraux-démocrates en 2015 avant de bifurquer vers les Verts deux ans plus tard.
Élu à l’Assemblée de Londres depuis 2021, il a été porté à la tête des Verts en septembre 2025 après une victoire écrasante. Son élection coïncide avec la montée en puissance de Reform UK, parti anti-immigration dirigé par Nigel Farage. Polanski ambitionne de faire pour la gauche ce que Reform UK a réalisé pour la droite : occuper l’espace politique laissé vacant par les travaillistes. « Mon message pour le Labour est très clair (...), nous sommes ici pour vous remplacer », avait-il lancé après sa victoire, selon BMF - International.
Un discours « éco-populiste » pour séduire les classes populaires
Zack Polanski se présente comme un « éco-populiste », un positionnement qui vise à lier crise climatique et préoccupations quotidiennes des citoyens. « Les gens se préoccupent d’abord de se nourrir et de se chauffer. Cela ne signifie pas qu’ils se désintéressent de la crise climatique, mais ils veulent que ce soient les groupes pétroliers et les multinationales qui financent la transition énergétique », expliquait-il au New Statesman en novembre 2025. Son programme, jugé radical par certains, inclut la nationalisation des compagnies des eaux, la fin de la « guerre contre la drogue » ou encore une hausse des impôts pour les plus riches et le plafonnement des loyers.
Ce discours lui vaut d’être comparé à Zohran Mamdani, maire démocrate de New York, et séduit une partie de l’électorat en quête de justice sociale. Polanski mise sur une communication percutante, inspirée de Nigel Farage, et investit massivement les réseaux sociaux, où il multiplie les échanges avec ses sympathisants. Adepte des phrases choc, il ne cache pas son ambition de capter l’électorat déçu par les travaillistes.
Des positions controversées sur Gaza et l’antisémitisme
Parmi les sujets qui divisent, la question palestinienne occupe une place centrale dans le discours de Polanski. Régulièrement, il accuse Israël de commettre un « génocide » à Gaza, une position qui lui a valu des critiques, y compris au sein de son propre camp. En avril 2026, il s’est retrouvé au cœur d’une polémique après avoir déclaré : « Il faudrait un débat pour savoir s’il s’agit d’un sentiment d’insécurité ou d’une insécurité réelle » en réaction à la hausse des actes antisémites au Royaume-Uni. Des propos qui ont suscité l’indignation, notamment de la part du Premier ministre Keir Starmer, pour qui « l’antisémitisme n’a pas une seule et unique origine » et qui a jugé Polanski « indigne de diriger un parti politique ».
Peu après ces déclarations, deux candidates des Verts ont été arrêtées pour incitation à la haine sur les réseaux sociaux, tandis que Polanski a dû s’excuser pour une publication critiquant l’interpellation musclée d’un suspect dans une affaire antisémite. Ces polémiques s’ajoutent à un article de 2013 dans The Sun, où il était accusé d’avoir promis à une journaliste d’augmenter sa poitrine « uniquement par la force de son esprit » alors qu’il exerçait comme hypnothérapeute.
Un test grandeur nature aux élections locales
Les élections locales du 7 mai 2026 constituent un premier test pour Zack Polanski et son parti. Selon BMF - International, les Verts pourraient remporter des centaines de sièges, notamment à Londres, où ils ont déjà remporté une circonscription travailliste en février 2026. Les travaillistes, qui avaient mis fin à 14 ans de gouvernements conservateurs en juillet 2024, risquent de subir un revers significatif, avec une perte estimée à 1 500 sièges selon les projections du Independent.
Polanski mise sur cette dynamique pour s’imposer comme l’alternative de gauche, tout en attirant des électeurs déçus par le Labour. Son discours, à la fois écologiste et social, pourrait redéfinir les contours de la gauche britannique. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits face à une droite en pleine recomposition et à une extrême droite toujours plus visible.
Ces élections locales s’inscrivent dans un contexte plus large de recomposition politique au Royaume-Uni, où les travaillistes peinent à incarner une opposition unie face à une droite divisée et à une extrême droite en progression. L’issue de ce scrutin pourrait donc dessiner les contours du paysage politique britannique pour les années à venir.
Zack Polanski, né David Paulden en 1982, est le dirigeant du Parti vert britannique depuis septembre 2025. Ancien membre des Libéraux-démocrates, il s’engage d’abord dans le théâtre et l’hypnothérapie avant de rejoindre les Verts en 2017. Élu à l’Assemblée de Londres en 2021, il s’impose comme une figure médiatique grâce à un discours mêlant écologie et justice sociale, qualifié d’« éco-populiste ».
Parmi ses propositions phares figurent la nationalisation des compagnies des eaux, la fin de la « guerre contre la drogue », une hausse des impôts pour les plus riches, le plafonnement des loyers, ainsi qu’une transition énergétique financée par les multinationales. Il défend également des mesures sociales fortes pour améliorer le quotidien des classes populaires.