Selon Courrier International, des soupçons de délit d’initié se renforcent autour de l’administration Trump, alors que la guerre en Iran entre dans sa deuxième année. Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, est désormais visé par des accusations de transactions financières suspectes, menées en amont du conflit. Ces révélations, portées par des médias internationaux, s’inscrivent dans un contexte où plusieurs responsables politiques américains sont soupçonnés d’avoir tiré profit d’informations privilégiées.

Ce qu'il faut retenir

  • Pete Hegseth, ministre américain de la Défense, est accusé d’avoir tenté d’investir dans l’industrie militaire américaine avant le déclenchement de la guerre en Iran en 2026.
  • Une démarche initiée en février 2026 par un courtier de Morgan Stanley pour son compte a été signalée en interne chez BlackRock, sans aboutir.
  • L’investissement envisagé portait sur le fonds iShares Defense Industrials Active ETF, incluant des géants comme RTX, Lockheed Martin et Palantir.
  • Ces révélations alimentent une polémique plus large sur l’utilisation d’informations confidentielles par l’entourage de Donald Trump.
  • Plusieurs médias, dont The Times et The Christian Science Monitor, évoquent une possible « turpitude » au sein du gouvernement.

Un investissement controversé avant le déclenchement des hostilités

Le 1er avril 2026, le Financial Times révélait qu’un courtier de la banque Morgan Stanley avait contacté, en février 2026, le gestionnaire d’actifs BlackRock pour le compte de Pete Hegseth. L’objectif ? Investir plusieurs millions de dollars dans le fonds iShares Defense Industrials Active ETF, spécialisé dans les entreprises de l’industrie de la défense. Parmi les titres détenus par ce fonds figurent des fleurons du secteur, comme RTX, Lockheed Martin ou encore la société technologique Palantir.

Cette sollicitation, restée sans suite selon les informations disponibles, a été signalée en interne chez BlackRock, où elle a été qualifiée de « trahison » par certains employés. La démarche, menée peu avant le début des hostilités en Iran, intervient alors que Pete Hegseth joue un rôle central dans l’élaboration de la stratégie militaire américaine.

Un climat de suspicion grandissant autour de l’administration Trump

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de défiance envers l’administration Trump, où les soupçons de délit d’initié se multiplient. Comme le rapportent The Times et The Christian Science Monitor, « de plus en plus d’informations font état de juteuses opérations financières effectuées, semble-t-il, en anticipant des décisions majeures du gouvernement Trump, grâce peut-être à des informations privilégiées ».

Le ministre de la Défense n’est pas le premier membre du gouvernement à être pointé du doigt. Plusieurs responsables, dont certains proches du président, auraient bénéficié de transactions suspectes en lien avec des décisions politiques majeures. « Des initiés autour de Trump profitent-ils à mort de la guerre en Iran ? », s’interroge ainsi The Times, soulignant l’ampleur des interrogations sur l’éthique des pratiques financières au sein de l’exécutif américain.

Les réactions et les suites possibles de cette affaire

Aucune réaction officielle n’a été enregistrée à ce stade concernant les accusations visant Pete Hegseth. Interrogé par Courrier International, le ministère de la Défense n’a pas communiqué sur le sujet. De son côté, Morgan Stanley n’a pas répondu aux demandes de précisions, tandis que BlackRock n’a pas confirmé l’incident évoqué en interne.

La polémique survient alors que le Congrès américain, contrôlé par les démocrates, multiplie les auditions sur les conflits d’intérêts au sein de l’administration. Plusieurs élus ont d’ores et déjà réclamé des investigations indépendantes sur ces pratiques, sans que des conclusions ne soient encore attendues à court terme.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives pour faire la lumière sur ces allégations. Une commission du Congrès devrait examiner les déclarations de patrimoine des membres du gouvernement d’ici la fin du mois d’avril 2026. Par ailleurs, le Financial Times a indiqué qu’il poursuivait ses investigations sur d’éventuels autres cas similaires au sein de l’administration Trump. Reste à savoir si ces démarches aboutiront à des sanctions ou, au contraire, resteront sans suite, faute de preuves tangibles.

Cette affaire relance par ailleurs le débat sur la régulation des marchés financiers, notamment dans un contexte où les tensions géopolitiques pourraient favoriser des manipulations de cours. Les autorités boursières américaines, comme la SEC, pourraient être amenées à renforcer leurs contrôles sur les opérations suspectes, en particulier celles impliquant des responsables politiques.

Un délit d’initié consiste à utiliser une information non publique, obtenue grâce à sa position, pour réaliser des transactions financières avantageuses. Aux États-Unis, cette pratique est passible de sanctions civiles et pénales, pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison et des amendes de plusieurs millions de dollars, selon la gravité des faits. La Securities and Exchange Commission (SEC) est chargée de les poursuivre.