Le Centre national d’action antimines (CNAMS) a annoncé, selon RFI, la relance imminente des opérations de déminage en Casamance, dans le sud du Sénégal. Après plusieurs mois d’interruption liée à un changement de direction, les équipes devraient reprendre leur mission d’ici quelques jours.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 2,4 millions de mètres carrés de terres ont été dépollués en Casamance depuis 2008.
  • Plus d’un million de mètres carrés de zones restent encore contaminées par des engins explosifs.
  • La reprise des activités est prévue après plusieurs mois d’arrêt pour raisons organisationnelles.
  • Le CNAMS, organisme en charge des opérations, supervise l’ensemble des actions de déminage dans la région.

Cette pause prolongée avait soulevé des interrogations parmi les populations locales, dont certaines zones restent dangereusement exposées. « La reprise des opérations est une excellente nouvelle pour les habitants de Casamance », a déclaré un responsable du CNAMS sous couvert d’anonymat. « Nous avons hâte de poursuivre notre travail pour sécuriser les terres et permettre aux populations de retrouver une vie normale. »

Selon les chiffres communiqués par l’organisation, 2,4 millions de mètres carrés ont déjà été dépollués depuis le lancement des opérations en 2008. Pourtant, malgré ces efforts, plus d’un million de mètres carrés de terrains restent encore jonchés de mines et d’engins non explosés. Ces zones, souvent rurales, limitent l’accès à des terres agricoles ou à des parcours habituellement empruntés par les populations.

La Casamance, région du sud du Sénégal marquée par un conflit armé qui a duré des décennies, a vu ses sols minés par des années de combats. Les opérations de déminage, menées sous l’égide du CNAMS, visent à rendre ces territoires sûrs pour les habitants et les activités économiques. « Nous devons faire face à des défis logistiques importants, mais la priorité reste la sécurité des populations », a précisé un expert du centre.

Et maintenant ?

Les équipes du CNAMS prévoient de reprendre les opérations dans les prochaines semaines, après une phase de réorganisation interne. L’objectif affiché est de couvrir les zones les plus critiques avant la fin de l’année 2026. Les prochaines étapes dépendront notamment des financements disponibles et de la collaboration avec les autorités locales.

La reprise des activités de déminage intervient alors que les autorités sénégalaises multiplient les initiatives pour accélérer la reconstruction et la réconciliation dans cette région. Les associations locales, qui militent depuis des années pour une accélération des opérations, saluent cette annonce. « C’est une avancée majeure, même si le chemin est encore long », a réagi un représentant d’une ONG partenaire.

Les opérations de déminage en Casamance s’inscrivent dans un cadre plus large de sécurisation des zones affectées par les conflits. Elles s’appuient sur des financements internationaux, notamment de l’Union européenne et de l’ONU, ainsi que sur le soutien technique de plusieurs pays partenaires. Pour l’instant, aucune date précise n’a été communiquée pour la reprise effective des chantiers, mais les responsables du CNAMS assurent que les préparatifs sont en cours.

La Casamance, avec ses paysages de mangroves et ses villages reculés, reste une région stratégique pour le Sénégal. La levée des menaces posées par les mines permettrait non seulement de libérer des terres agricoles, mais aussi de faciliter la circulation des personnes et des biens, essentielle pour le développement économique local.

Selon les informations communiquées par le CNAMS, les zones prioritaires concernent principalement les terres agricoles et les axes routiers fréquemment empruntés par les populations locales. Les secteurs les plus touchés par les conflits des années 1990 et 2000 seront traités en premier.