Les tensions au Moyen-Orient ont ravivé les craintes sur l’autonomie énergétique de la France. Selon Le Monde, le pays importe aujourd’hui la quasi-totalité de son pétrole brut et la moitié de son gazole, une dépendance qui s’explique en partie par la disparition progressive de ses capacités de raffinage. En l’espace d’un demi-siècle, le nombre de raffineries en France métropolitaine est passé de 24 à 6, réduisant à néant une industrie autrefois florissante.
Ce qu'il faut retenir
- 24 raffineries en 1976, contre seulement 6 aujourd’hui en France métropolitaine.
- La France importe 99 % de son pétrole brut et la moitié de son gazole, selon Le Monde.
- Les capacités de raffinage nationales ont été divisées par quatre en cinquante ans.
- Cette réduction s’inscrit dans un contexte de restructurations industrielles et de baisse de la demande.
Cette chute spectaculaire des capacités de raffinage reflète une transformation profonde du paysage énergétique français. Comme le rappelle Le Monde, la France compte désormais six sites de production opérationnels : les raffineries de Donges (Loire-Atlantique), Feyzin (Rhône), Grandpuits (Seine-et-Marne), La Mède (Bouches-du-Rhône), Port-Jérôme (Seine-Maritime) et Reichstett (Bas-Rhin). Autant dire que la majorité du pétrole brut importé doit être raffiné à l’étranger, avant d’être réexportée sous forme de produits finis.
Plusieurs facteurs expliquent cette hémorragie industrielle. D’abord, la baisse structurelle de la consommation de carburants en France, liée à l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules et à la montée en puissance des énergies alternatives. Ensuite, la concurrence accrue des raffineries du Moyen-Orient et d’Asie, où les coûts de production sont bien inférieurs. Enfin, les exigences environnementales de plus en plus strictes ont poussé certains opérateurs à fermer des sites plutôt que de moderniser des installations jugées trop polluantes.
« Cette réduction des capacités de raffinage est le résultat d’une combinaison de facteurs économiques et réglementaires », a expliqué un porte-parole de l’Union Française des Industries Pétrolières (UFIP), cité par Le Monde. « Les raffineries françaises ont dû faire face à une baisse de la demande domestique, tout en étant soumises à des normes environnementales de plus en plus contraignantes. » Pour les industriels du secteur, cette tendance n’est pas près de s’inverser, sauf à revoir en profondeur les politiques énergétiques du pays.
Cette dépendance accrue aux importations soulève des questions sur la résilience du système énergétique français. En cas de crise géopolitique majeure — comme celle qui secoue actuellement le Moyen-Orient — les chaînes d’approvisionnement pourraient être mises à rude épreuve. D’autant que la France n’est pas la seule à avoir réduit ses capacités de raffinage : l’Europe dans son ensemble a vu ses raffineries passer de plus de 150 unités dans les années 1970 à moins de 80 aujourd’hui.
Cette situation interroge également sur l’avenir des six raffineries encore en activité. Certaines pourraient être reconverties pour produire des biocarburants ou des carburants synthétiques, une piste explorée par TotalEnergies à La Mède. D’autres, en revanche, pourraient fermer dans les années à venir, faute de rentabilité.
Quoi qu’il en soit, cette évolution rappelle que la France, malgré ses ambitions en matière de transition écologique, reste profondément dépendante des importations d’hydrocarbures. Une dépendance qui, en période de tensions géopolitiques, peut rapidement devenir un sujet de préoccupation majeure pour les pouvoirs publics et les citoyens.
Plusieurs raisons expliquent cette fermeture massive : la baisse de la demande en carburants due à l’amélioration de l’efficacité énergétique, la concurrence des raffineries étrangères moins chères, et les normes environnementales de plus en plus strictes qui rendent certains sites non rentables.