Une nouvelle avancée scientifique pourrait réduire significativement le nombre de hérissons tués chaque année sur les routes européennes, d’après Ouest France. Selon la chercheuse Sophie Lund Rasmussen, spécialiste de l’espèce, une découverte récente ouvre la voie à la mise en place d’un système d’alerte permettant d’éviter que les animaux ne traversent aux moments les plus dangereux.

Ce qu'il faut retenir

  • 5 millions de hérissons seraient tués chaque année en Europe en traversant les routes, selon les estimations.
  • Une étude récente de Sophie Lund Rasmussen identifie des périodes et des conditions propices à ces traversées mortelles.
  • Un système d’alerte basé sur des capteurs et des données météo pourrait être déployé pour prévenir les conducteurs.
  • Les hérissons, en déclin en Europe, sont protégés dans plusieurs pays, dont la France.
  • Cette solution s’inscrit dans une démarche plus large de protection de la biodiversité face aux infrastructures humaines.

Une menace majeure pour une espèce en déclin

Les hérissons figurent parmi les mammifères les plus menacés en Europe, où leur population a chuté de plus de 50 % en vingt ans, selon les experts. Ouest France rappelle que ces animaux, souvent actifs la nuit, sont particulièrement vulnérables aux collisions avec les véhicules. En France, ils sont protégés depuis 1981, mais leur déclin se poursuit en raison de l’urbanisation, de l’agriculture intensive et, désormais, de la mortalité routière. Les chiffres sont alarmants : on estime que 5 millions de hérissons meurent chaque année sur les routes du continent, un bilan qui place cette cause parmi les premières causes de mortalité non naturelle pour l’espèce.

Une découverte scientifique pour prévenir les collisions

Dans le cadre de ses recherches, Sophie Lund Rasmussen, chercheuse à l’université d’Aarhus au Danemark, a analysé des données recueillies sur plusieurs années concernant les mouvements des hérissons et les conditions dans lesquelles ils traversent les routes. Ses travaux, publiés dans la revue scientifique Animal Conservation, révèlent que ces traversées mortelles surviennent principalement lors de nuits humides et sans lune, lorsque les animaux sont en quête de nourriture ou de partenaires. «

Les hérissons sont particulièrement actifs les soirs de pluie, surtout s’il n’y a pas de lune visible. C’est à ces moments-là qu’ils prennent le plus de risques
», a-t-elle indiqué à Ouest France.

Vers un système d’alerte intelligent

Sur la base de ces observations, l’équipe de Sophie Lund Rasmussen travaille à la conception d’un système d’alerte capable de signaler aux conducteurs les zones et les périodes à risque. Ce dispositif reposerait sur l’installation de capteurs le long des routes, couplés à des données météorologiques en temps réel. L’objectif ? Diffuser des alertes locales, via des panneaux lumineux ou des applications mobiles, pour inciter les automobilistes à ralentir ou à emprunter des itinéraires alternatifs. «

Si nous parvenons à anticiper les moments où les hérissons sont les plus actifs, nous pouvons réduire significativement les collisions
», a souligné la chercheuse. Une telle solution pourrait être testée dès 2027 sur certains tronçons en Allemagne et au Danemark, où les populations de hérissons sont particulièrement surveillées.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à affiner les modèles prédictifs et à convaincre les collectivités locales et les gestionnaires de voirie d’investir dans ce type d’infrastructure. Une campagne de sensibilisation auprès des automobilistes est également envisagée pour les inciter à adopter une conduite plus prudente dans les zones identifiées comme à risque. Les associations de protection de la nature, comme la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), devraient jouer un rôle clé dans ce déploiement.

Pour les hérissons, cette avancée arrive à point nommé. En Europe, plusieurs pays réfléchissent à renforcer les mesures de protection, tandis que l’Union européenne étudie la possibilité d’inscrire l’espèce sur la liste des animaux strictement protégés. Reste à voir si les gouvernements et les acteurs locaux sauront saisir cette opportunité pour enrayer le déclin de l’un des mammifères les plus emblématiques du continent.

Selon Sophie Lund Rasmussen, les hérissons sont plus actifs les nuits de pluie car l’humidité favorise la prolifération des vers de terre et des insectes, leur principale source de nourriture. De plus, l’absence de lune rend les routes moins visibles pour les conducteurs, augmentant le risque de collision.

L’Allemagne, le Royaume-Uni et la France figurent parmi les pays les plus concernés, en raison de la densité de leur réseau routier et de leurs importantes populations de hérissons. En France, des départements comme la Seine-et-Marne ou le Nord sont particulièrement touchés.