Selon Le Monde, une enquête interne révèle une augmentation des risques d’épuisement professionnel parmi les salariés de SFR. Ces tensions s’inscrivent dans un contexte de négociation avancée pour un rachat partiel de l’opérateur, porté par trois de ses principaux concurrents : Bouygues Telecom, Free et Orange.

Ce qu'il faut retenir

  • Une enquête interne met en lumière des risques élevés d’épuisement professionnel chez les salariés de SFR.
  • Ces risques sont directement liés à l’incertitude pesant sur l’avenir de l’entreprise, dans le cadre des négociations en cours pour un rachat partiel.
  • Les trois principaux concurrents — Bouygues Telecom, Free et Orange — sont impliqués dans les discussions pour le dépeçage de SFR.
  • Le climat social est décrit comme tendu, reflétant l’anxiété des employés face à cette restructuration.

Une enquête interne alerte sur la santé mentale des salariés

Une enquête menée en interne chez SFR, dont les résultats ont été transmis à Le Monde, révèle que plusieurs dizaines de salariés présentent des risques avérés d’épuisement professionnel. Ces conclusions, basées sur des indicateurs clés comme le stress chronique, les troubles du sommeil ou encore la charge mentale, dessinent un tableau préoccupant pour l’opérateur télécoms. « Les équipes sont sous pression depuis des mois, avec des rumeurs persistantes sur l’avenir de l’entreprise », a expliqué un responsable syndical sous couvert d’anonymat, soulignant que l’incertitude pèse lourdement sur le moral des troupes.

Les chiffres précis de l’enquête n’ont pas été communiqués publiquement, mais Le Monde indique que les risques identifiés touchent « une part significative des effectifs ». Selon des sources internes, ces tensions psychologiques seraient en hausse de 20 % depuis le début des discussions sur le rachat, en comparaison avec la même période l’année précédente. Une dégradation qui coïncide avec l’allongement des négociations et l’absence de visibilité pour les employés.

Un rachat en négociation, un climat social dégradé

Les discussions pour un rachat partiel de SFR, engagées depuis plusieurs mois, impliquent trois acteurs majeurs du secteur : Bouygues Telecom, Free (groupe Iliad) et Orange. Chacun de ces opérateurs pourrait hériter d’une partie des activités de SFR, dans le cadre d’une opération qualifiée de « dépeçage » par plusieurs observateurs. « On ne sait pas qui récupérera quoi, ni quels sites seront conservés », a précisé un cadre de SFR, résumant l’état d’esprit ambiant. « Cette incertitude paralyse toute stratégie à moyen terme, aussi bien pour les managers que pour les équipes techniques ».

Les syndicats, de leur côté, multiplient les alertes. « Les salariés ont l’impression d’être pris en otage dans une partie d’échecs entre les grands groupes », a dénoncé un représentant du personnel, rappelant que les plans sociaux et les restructurations sont une épée de Damoclès depuis des années. Les négociations, menées dans la plus grande discrétion, pourraient aboutir d’ici la fin du premier semestre 2026, selon des sources proches du dossier.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Les trois opérateurs en lice devraient présenter leurs offres définitives d’ici fin mai 2026, avant une phase de validation par les autorités de régulation, notamment l’Autorité de la concurrence. Si l’opération est finalisée, les salariés pourraient connaître une période de transition tumultueuse, avec des suppressions de postes ou des mutations imposées. En attendant, les instances représentatives du personnel (CSE) de SFR ont demandé une réunion exceptionnelle avec la direction pour « évaluer les risques sociaux et psychologiques » et, le cas échéant, négocier des mesures d’accompagnement.

Des réactions attendues des pouvoirs publics

Face à l’ampleur des enjeux, les pouvoirs publics pourraient être amenés à jouer un rôle de régulateur. « Nous suivons la situation de très près », a indiqué un porte-parole du ministère de l’Économie, rappelant que toute opération de rachat devait respecter les règles de concurrence et prévoir des garanties pour les salariés. « La protection des emplois et la préservation des services publics restent nos priorités ».

Pour l’heure, SFR n’a pas réagi officiellement aux conclusions de l’enquête interne. La direction a simplement indiqué, dans un communiqué laconique, que « toutes les mesures nécessaires seront prises pour accompagner les équipes dans cette période complexe ». Une formulation qui laisse planer de nouvelles interrogations sur l’avenir de l’entreprise et de ses 12 000 salariés en France.