Une fausse enquête attribuant à Raphaël Glucksmann et Léa Salamé une tentative d’influencer la couverture médiatique de la campagne présidentielle a été identifiée comme une opération d’ingérence russe. Selon Franceinfo - Politique, les publications, qui reprennent les codes du média Blast, ont en réalité été élaborées par un réseau de désinformation piloté depuis Moscou.
Ce qu'il faut retenir
- Raphaël Glucksmann et Léa Salamé sont visés par des accusations mensongères diffusées via une vidéo de deux minutes et un faux article.
- L’opération est attribuée au groupe Storm-1516, directement lié au GRU, les services secrets militaires russes.
- Les fausses publications s’appuient sur une imitation des codes graphiques de Blast et incluent un email fictif comme « preuve ».
- Plusieurs journalistes cités, dont Edwy Plenel (Mediapart) et Salomé Saqué, ont démenti toute participation et dénoncé ces manipulations.
- Le SGDSN a confirmé l’implication de Storm-1516 dans cette campagne de désinformation ciblant des personnalités opposées au Kremlin.
- Les autorités françaises préparent des actions juridiques pour faire fermer le faux site et engager des poursuites pour contrefaçon et usurpation d’identité.
Une opération d’ingérence attribuée au GRU russe
Selon Franceinfo - Politique, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann a été informé par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) que son nom figurait parmi les cibles d’une attaque menée par le groupe Storm-1516. Ce dernier est directement piloté par le GRU, les services de renseignement militaires russes. Dans un message publié mardi 4 août sur les réseaux sociaux, l’élu de Place publique a précisé que « l’opération russe est identifiée, tracée, attribuée ». Il a ajouté que l’objectif était de « rendre viral un mensonge total pour salir des personnalités considérées comme hostiles par le régime russe », ou du moins de « créer un halo de suspicion » en exploitant l’adage « Il n’y a pas de fumée sans feu ».
Des accusations infondées contre Glucksmann et Salamé
Les publications diffamatoires, diffusées sous la forme d’une vidéo de près de deux minutes, accusent Léa Salamé, présentatrice du Journal de 20 Heures sur France 2, d’avoir « tenté de soudoyer des médias en échange de la publication d’articles visant à donner une image positive de son mari ». Le tout s’accompagne d’un faux email présenté comme une « preuve » et d’un renvoi vers un site imitant l’esthétique de Blast, mais dont l’adresse blastinfo[.]fr ne correspond pas à une page officielle. Ces contenus mensongers, générés en partie par intelligence artificielle, ont été conçus pour semer le doute sur l’intégrité de ces figures médiatiques et politiques.
Un réseau de désinformation bien documenté
Selon une source proche du dossier citée par Franceinfo - Politique, cette opération s’inscrit dans le mode opératoire informationnel (MOI) pro-russe Storm-1516, épaulé par un autre réseau surnommé CopyCop. Leurs méthodes, largement documentées, incluent la création de faux sites d’information locaux avant des élections, l’amplification de mouvements de colère comme celui des agriculteurs lors de l’épidémie de dermatose nodulaire, ou encore la diffusion de fausses accusations de violences sexuelles contre des personnalités politiques françaises.
Démentis unanimes des journalistes et médias visés
Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart, a réagi sur X (ex-Twitter) samedi 1er août en qualifiant ces publications d’« alerte infox » : « Alerte infox : divers comptes diffusent une fake news avec un article bidon me citant, un mail inventé que je n’ai jamais reçu et une vidéo où ma voix est trafiquée, le tout mensongèrement attribué à Blast. Tout y est faux ». Il a dénoncé « un exemple des opérations de déstabilisation numérique » orchestrées par des acteurs étrangers. De son côté, le média Blast a dénoncé sur la même plateforme un texte « au contenu mensonger » et annoncé avoir « lancé les procédures permettant de faire fermer ce faux site et porté plainte pour contrefaçon et usurpation d’identité ».
La journaliste Salomé Saqué a également réagi sur Instagram, mettant en garde contre ces « fausses révélations » et conseillant aux internautes de systématiquement vérifier la provenance d’une vidéo avant de la partager : « Vous ne pouvez plus seulement relayer une vidéo avec un logo, ou le visage d’un·e journaliste/média en qui vous avez confiance. »
L’opération est attribuée au groupe Storm-1516, un mode opératoire informationnel (MOI) pro-russe directement lié au GRU, les services secrets militaires russes. Ce réseau agit en collaboration avec un autre groupe surnommé CopyCop, connu pour ses campagnes de désinformation ciblant des personnalités politiques et médiatiques en Europe.
Le média Blast a annoncé avoir engagé des procédures pour faire fermer le faux site et porter plainte pour contrefaçon et usurpation d’identité. Les autorités françaises, via le SGDSN, suivent de près l’évolution de l’enquête et pourraient renforcer la coopération avec les plateformes numériques pour limiter la diffusion de ces contenus.