Le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique au cœur du golfe Persique, conserve son statut de zone de guerre aux yeux des syndicats et des employeurs du secteur maritime. Malgré la trêve fragile conclue entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que la reprise partielle de la navigation, les accords collectifs signés par les armateurs internationaux n'ont pas été révisés, selon Le Figaro.
Cette décision, officialisée mercredi 8 juillet, prolonge le doublement des salaires pour les marins acceptant de naviguer dans cette zone à risque. Elle s'applique aux navires des compagnies signataires de l'International Bargaining Forum (IBF), représentant environ 15 000 navires dans le monde. Les marins concernés conservent le droit de refuser ces missions et de demander leur rapatriement aux frais de l'armateur. Dans un communiqué conjoint, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) et le Joint Negotiating Group (JNG), qui représente les employeurs, justifient cette mesure par « le risque persistant et important pour la vie humaine » et « l'évolution rapide de la situation dans la zone ».
Ce qu'il faut retenir
- Statut inchangé : le détroit d'Ormuz reste classé en zone de guerre par les syndicats et employeurs maritimes, malgré un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran.
- 15 000 navires concernés : seuls les bâtiments des compagnies signataires de l'IBF sont couverts par cette décision, valable jusqu'au 9 juillet.
- 14 marins tués depuis le début du conflit, avec plus de 40 navires attaqués depuis le 1er mars 2026.
- Droit de refus : les marins peuvent refuser de naviguer dans le détroit et exiger leur rapatriement, financé par l'armateur.
- Deux attaques récentes : des navires ont été ciblés les 25 et 27 juin, malgré la trêve.
- Blocage prolongé : si le détroit reste fermé plus de deux à trois mois, la situation pourrait devenir « critique », selon des observateurs.
Un bras de mer toujours sous haute tension malgré la trêve
Le détroit d'Ormuz, par lequel transite près d'un tiers du trafic pétrolier mondial, avait été classé pour la première fois en zone d'opérations de guerre le 5 mars 2026, quatre jours après les premières attaques contre des navires. L'Iran avait alors fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, plongeant le secteur maritime dans une crise sans précédent. Depuis, 14 marins ont péri et plus de 40 navires ont été visés, selon les dernières estimations rapportées par Le Figaro.
Les récentes frappes des 25 et 27 juin ont rappelé la fragilité de la situation. Bien que des navires aient pu transiter depuis la réouverture partielle annoncée par Téhéran, les attaques récentes ont poussé l'Organisation maritime internationale (OMI) à suspendre un projet d'évacuation des 11 000 marins bloqués dans le Golfe. « Si les navires n'avaient pas été frappés deux jours distincts depuis jeudi dernier, et si les entrées et sorties s'étaient déroulées sans incident, il est probable qu'un changement aurait pu intervenir cette semaine », a confié une source proche des discussions à l'AFP.
Des négociations suspendues en mai face à l'aggravation du conflit
Le comité conjoint, chargé de statuer sur la qualification de la zone, avait interrompu ses réunions hebdomadaires début mai, alors que la dégradation de la situation dans le détroit était devenue évidente. Les employeurs et syndicats ont finalement décidé de maintenir le statut de zone de guerre « jusqu'au 9 juillet », au moins. Cette décision intervient dans un contexte où les compagnies maritimes tentent d'évaluer les risques tout en assurant la continuité de leurs opérations.
Les attaques répétées, malgré le cessez-le-feu, illustrent la persistance des tensions géopolitiques dans la région. « Cette décision reconnaît le risque persistant et important pour la vie humaine ainsi que l'évolution rapide de la situation dans la zone », précise le communiqué conjoint de l'ITF et du JNG. Pour les marins, cette classification signifie non seulement une rémunération majorée, mais aussi la possibilité de se soustraire à des missions dangereuses sans perdre leur emploi.
Un secteur maritime sous pression économique et sécuritaire
Le conflit au Moyen-Orient a eu un impact majeur sur le transport maritime. Depuis le 1er mars 2026, le blocage partiel du détroit d'Ormuz a perturbé les chaînes d'approvisionnement mondiales, entraînant des retards et une hausse des coûts logistiques. Les armateurs doivent désormais composer avec des primes de risque élevées et une incertitude permanente sur les routes maritimes alternatives.
Selon des analystes, la situation pourrait encore s'aggraver si le détroit reste partiellement fermé au-delà de l'été. « Si le détroit d'Ormuz est bloqué plus de deux à trois mois, on commencerait à entrer dans une zone critique », a averti un observateur cité par Le Figaro. Les compagnies pétrolières, en particulier, surveillent de près l'évolution de la crise, car le détroit reste un corridor indispensable pour l'exportation de brut depuis l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et l'Iran.
Le secteur maritime, déjà fragilisé par des années de tensions géopolitiques, attend avec prudence les prochaines décisions. Pour l'heure, le doublement des salaires pour les marins opérant dans le détroit reste en vigueur, reflétant une réalité où le risque et la nécessité économique s'affrontent.
Les syndicats et employeurs maritimes maintiennent ce statut en raison des attaques récentes, comme celles des 25 et 27 juin, et de l'incertitude persistante dans la région. Bien qu'une trêve ait été conclue entre les États-Unis et l'Iran, les risques pour les marins et les navires restent élevés, justifiant le maintien des mesures de précaution, selon Le Figaro.