Le sultanat d’Oman se trouve dans une position délicate entre son allié iranien et ses partenaires internationaux, alors que la question du contrôle du détroit d’Ormuz, artère stratégique pour le transport pétrolier, s’intensifie. Selon Courrier International, les autorités omanaises rejettent toute idée d’instaurer des droits de transit pour les navires empruntant ce passage maritime, conformément au droit international et au principe de liberté de navigation. Une position réaffirmée à plusieurs reprises par le sultan Haïtham ben Tariq, notamment lors de sa visite officielle à Paris le 29 juin 2026.
Ce qu'il faut retenir
- Oman refuse catégoriquement l’instauration de frais de transit dans le détroit d’Ormuz, en accord avec le droit international.
- Le sultan Haïtham ben Tariq a rappelé cette position lors d’une rencontre à l’Élysée le 29 juin 2026.
- Une rencontre à Mascate entre le sultan omanais et deux hauts responsables iraniens a réaffirmé leur engagement commun pour un passage sécurisé, « en totale conformité avec la loi internationale ».
- Malgré les déclarations publiques, des tensions persistent entre Téhéran et Mascate concernant l’avenir du détroit, considéré par l’Iran comme un levier de négociation face aux États-Unis.
Cette prise de position omanaise intervient dans un contexte où les relations entre Téhéran et ses voisins du Golfe restent tendues. Le 10 mars 2026, le pétrolier Callisto était ancré dans le détroit, symbole de l’importance stratégique de cette zone. D’après le quotidien britannique The Guardian, rapporté par Courrier International, l’Iran voit dans ce détroit bien plus qu’une simple route maritime : il représente « le principal levier de négociation avec les États-Unis ». Téhéran estime donc qu’il est crucial de limiter toute implication étrangère dans la gestion de ce passage, une position qui entre en contradiction avec les aspirations omanaises de neutralité et de coopération régionale.
Le sultan Haïtham ben Tariq a eu l’occasion d’évoquer cette question lors de son déplacement à Paris. Lors de rencontres avec des responsables français, il a souligné l’importance de préserver la liberté de navigation, un principe au cœur des relations internationales depuis des décennies. Cette position a été relayée par plusieurs médias omanais, comme le Oman Observer ou Al-Roya, qui insistent sur le respect du droit de la mer et des conventions internationales. Pourtant, derrière cette unité affichée, des divergences profondes subsistent entre Oman et l’Iran sur la gouvernance future du détroit.
Une rencontre récente à Mascate entre le sultan Haïtham ben Tariq et deux éminents responsables iraniens a tenté de donner une image d’unité. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ont discuté avec leur homologue omanais. Selon le communiqué officiel publié à l’issue de cet entretien, les deux parties ont « réaffirmé leur ferme engagement en faveur d’un passage sûr » à travers le détroit. Les termes employés, « en totale conformité avec la loi internationale », visaient clairement à rassurer la communauté internationale sur la stabilité de cette zone critique.
Cependant, cette communication officielle masque mal les rivalités sous-jacentes. Comme l’explique The Guardian, l’Iran considère le détroit d’Ormuz comme un outil de pression géopolitique. Pour Téhéran, toute tentative d’implication d’acteurs étrangers dans la gestion de ce passage représenterait une menace à sa souveraineté. Cette vision s’oppose frontalement à la stratégie omanaise, qui cherche à maintenir des relations équilibrées avec l’ensemble des puissances régionales et internationales. Autant dire que la position d’Oman, entre le marteau et l’enclume, devient de plus en plus complexe à tenir.
Les enjeux économiques ne sont pas négligeables. Le détroit d’Ormuz est emprunté quotidiennement par des dizaines de navires transportant des millions de barils de pétrole. Toute perturbation dans ce passage aurait des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques mondiaux. Pour Oman, dont l’économie dépend en partie des revenus liés au transit maritime, la stabilité de cette zone est une priorité absolue. C’est pourquoi le sultanat mise sur le dialogue et le respect du droit international pour éviter toute escalade conflictuelle.
Dans ce contexte, l’Union européenne et les États-Unis devraient jouer un rôle clé pour apaiser les tensions. Plusieurs experts estiment que seule une approche multilatérale, associant tous les acteurs régionaux, permettra d’éviter un incident majeur dans ce passage stratégique. Reste à voir si les parties prenantes parviendront à trouver un terrain d’entente avant que la situation ne devienne ingérable.
L’Iran considère le détroit d’Ormuz comme un levier de négociation majeur face aux États-Unis et à la communauté internationale. Ce passage maritime, emprunté par près d’un tiers du pétrole mondial, lui confère un poids géopolitique considérable. Toute tentative d’implication étrangère dans sa gestion est perçue comme une atteinte à sa souveraineté, ce qui explique sa fermeté sur ce dossier.