Deux romans de Rita Mae Brown et Sarah Schulman, autrices emblématiques de la littérature lesbienne américaine, viennent d’être traduits en français. Selon Libération, ces publications révèlent un pan encore méconnu de la contre-culture des années 1970, marqué par l’émergence d’une voix féminine et queer dans le paysage littéraire états-unien.
Ce qu'il faut retenir
- Deux romans majeurs de Rita Mae Brown et Sarah Schulman sont désormais disponibles en français
- Ces œuvres s’inscrivent dans la contre-culture américaine des années 1970, une période de forte émancipation pour les communautés LGBTQ+
- Les autrices, toutes deux lesbiennes, ont joué un rôle clé dans l’émergence d’une littérature féministe et queer
- Ces traductions permettent au public francophone de découvrir des textes fondateurs du mouvement
Des autrices pionnières de la littérature lesbienne
Rita Mae Brown, née en 1944, est une figure incontournable de la littérature féministe et lesbienne. Son roman « Rubyfruit Jungle », publié en 1973, est souvent considéré comme un manifeste de l’émancipation lesbienne. D’après Libération, cette œuvre « a marqué toute une génération » en dépeignant sans fard la quête d’identité d’une jeune femme dans un environnement hostile. Sarah Schulman, née en 1958, est quant à elle une historienne et romancière dont les travaux explorent les dynamiques queer et les luttes sociales.
Les deux autrices partagent une même volonté : donner une visibilité à des récits longtemps marginalisés. « La littérature lesbienne n’était pas une niche, c’était une nécessité », a rappelé Schulman lors d’un entretien cité par Libération. Leurs œuvres, souvent censurées ou ignorées aux États-Unis dans les années 1970, trouvent aujourd’hui un écho nouveau grâce à leur traduction en français.
Une contre-culture américaine revisitée
Les années 1970 aux États-Unis ont vu émerger un mouvement culturel et politique où les questions de genre et de sexualité occupaient une place centrale. Selon Libération, cette décennie a été « un laboratoire d’idées radicales », où des autrices comme Brown et Schulman ont pu s’exprimer librement. Leurs romans, bien que différents dans leur style, partagent une même ambition : « briser le silence imposé aux femmes et aux personnes queer ».
« Rubyfruit Jungle » de Brown, par exemple, suit l’histoire de Molly Bolt, une jeune femme lesbienne qui refuse de se plier aux normes sociales. Schulman, de son côté, explore dans ses œuvres des thèmes comme l’intersectionnalité et la résistance politique. « Ses romans ne parlent pas seulement de lesbianisme, mais de survie dans un monde qui cherche à vous effacer », explique Libération.
Une traduction qui comble un vide éditorial
Jusqu’à présent, peu d’œuvres de Brown et Schulman étaient disponibles en français. Cette traduction, saluée par la critique, permet enfin au public francophone de découvrir des textes fondateurs. Comme le souligne Libération, ces publications « arrivent à point nommé » dans un contexte où les questions de diversité et d’inclusion gagnent en visibilité.
Les éditions à l’origine de cette traduction ont choisi de publier les romans dans leur intégralité, sans censure ni adaptation. « C’est essentiel pour rester fidèle à la voix des autrices », a précisé l’éditeur concerné. Cette démarche a été saluée par les associations LGBTQ+, qui y voient une étape importante pour la reconnaissance de la littérature queer en France.
Pour Libération, ces traductions « rappellent que la littérature, comme l’histoire, se construit aussi par des récits longtemps ignorés ». Une invitation à redécouvrir une partie méconnue de la culture américaine.
« Rubyfruit Jungle » de Rita Mae Brown et « After Delores » de Sarah Schulman viennent d’être publiés en français. Ces deux œuvres, considérées comme des classiques de la littérature lesbienne, n’étaient jusqu’alors disponibles qu’en anglais.